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le Jeudi 28 septembre 2023 7:40 Francophonie

Des nouvelles de l’après-Yukon

Beaucoup de personnes se sont impliquées auprès de la communauté franco-yukonnaise lors de leur passage au pays du soleil de minuit. Voici le cinquième volet d’une série de portraits, pour en savoir plus sur ce que ces personnes sont devenues après avoir quitté le Yukon.

La communauté franco-yukonnaise continue de grandir en nombre. Elle est alimentée par les naissances locales, mais surtout par l’arrivée toujours constante de nouvelles personnes de tout âge en quête d’un emploi ou d’aventure.

Selon une étude menée en 2010 par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, la durée moyenne de séjour au Yukon varie entre quatre et cinq ans avant que les individus ne prennent la décision de retourner dans leur lieu d’origine de façon temporaire, sporadique ou permanente.

Photo : Fournie

Pierre-Luc Lafrance

Pierre-Luc Lafrance est originaire du Québec. Il a habité au Yukon d’octobre 2004 jusqu’à juin 2006. À l’époque, ça faisait un petit moment que Pierre-Luc et sa conjointe planifiaient de déménager à l’extérieur du Québec, soit dans un autre pays ou un autre coin du Canada.

Quand il a vu l’offre d’emploi du journal l’Aurore boréale qui se cherchait une nouvelle personne pour sa rédaction en chef, Pierre-Luc a tout de suite su que ce poste était fait pour lui, d’autant plus qu’il connaissait déjà bien ce métier. De plus, le Yukon semblait pouvoir offrir un dépaysement culturel à même le Canada, ce qui convenait parfaitement avec leur plan de vie.

Le moment lui semblait aussi parfait pour déplacer toute la famille, puisque les enfants n’avaient pas encore commencé l’école et que sa conjointe était en congé maternité. La décision a donc été facile à prendre.

Le scénario a été tout autre en 2006, au moment de quitter le Yukon pour retourner vivre au Québec, puisque la famille adorait sa vie au territoire. Mais le désir que les enfants connaissent bien leurs grands-parents a toutefois été la motivation à refaire ses bagages.

De retour au Québec, Pierre-Luc a d’abord éprouvé de la difficulté à trouver un métier qui allait lui permettre de garder la qualité de vie vécue au Yukon. Pendant cette période de réflexion, il prend alors la décision de se lancer en affaires en mettant sur pied son entreprise, Lafrance Communication, spécialisée en marketing Web.

Cette décision lui permet de gérer ses horaires afin de pouvoir passer le plus de temps possible avec ses garçons, comme il le faisait à Whitehorse.

Aujourd’hui, Pierre-Luc n’a plus autant de contacts avec les gens du Yukon qu’il côtoyait lorsqu’il y vivait, mais il suit de près l’actualité : « Je reste au courant de ce qui se passe par l’utilisation de Facebook et grâce à lAurore boréale, en attendant de revenir un jour y faire un tour en famille. »

Photo : Fournie

Isabelle Plouffe

Isabelle Plouffe est originaire du Québec. Elle est arrivée au Yukon au mois d’août de l’an 2000 alors qu’elle sentait le besoin de vivre un changement au niveau de sa carrière. Pendant son séjour au Yukon, elle se sera absentée pendant une année entière en 2004 afin de travailler pour le Réseau du développement économique et d’employabilité Canada (RDÉE) à Terre-Neuve.

C’est en revenant de cette année passée dans les Maritimes qu’elle fait la rencontre de celui qui deviendra son conjoint actuel, Frédéric. Ironiquement, ce dernier s’était rendu au Yukon pour justement occuper son poste pendant son absence.

La famille s’est agrandie avec l’arrivée d’un garçon, Olann, qui est né à Whitehorse. D’ailleurs, le bien le plus précieux qu’elle a ramené du Yukon, s’amuse-t-elle à répéter, est son fils.

Pendant ses dix années au territoire, Isabelle aura occupé différents emplois, dont un dans le secteur du tourisme de l’Association franco-yukonnaise (AFY), un autre en marketing pour les Jeux d’hiver du Canada qui se tenaient au Yukon en 2007, et elle aura été coordonnatrice à l’intégration culturelle pour l’École Émilie-Tremblay et pour l’Académie Parhélie.

Bien qu’elle soit arrivée seule au Yukon, Isabelle en repartira bien entourée de son conjoint et de son fils. D’ailleurs, c’est avec la naissance de ce dernier que le besoin de se rapprocher de sa famille au Québec a pris de l’importance. D’où sa décision de quitter le territoire.

Aujourd’hui, la petite famille habite dans l’Ouest du Québec tout près d’Ottawa où Isabelle est gestionnaire de projets numériques pour un organisme culturel. Le fait d’être si près de la capitale fédérale lui permet de revoir à l’occasion certaines personnes du Yukon qui voyagent dans l’Est bien souvent pour le travail.

« Les réseaux sociaux m’aident beaucoup à conserver des liens avec le Yukon, dont je garde de beaux souvenirs. Je me souviens des rencontres, des paysages, des aventures, des longues journées d’été, de l’esprit d’entraide, des soupers entre ami·e·s, des soirées de danse, de l’accueil chaleureux des gens, des feux de joie en hiver et de la très grande créativité des gens. »

Photo : Fournie

Didier Delahaye

Le dicton « jamais deux sans trois » s’applique à Didier Delahaye. Français d’origine, Didier aura séjourné au Yukon à trois reprises. D’abord en 1972, puis en 1976 et finalement en l’an 2000.

Tout commence donc en 1972, quand il quitte Paris pour arriver à Skagway en Alaska. De là, il prend finalement le train pour Whitehorse, où il se trouve brièvement un emploi dans une scierie aux abords de Beaver Creek.

Il reviendra au Yukon de 1976 à 1982, où il travaillera au parc national Kluane dans la région de Haines Junction. Les photos et les panoramas qu’il y prend se font remarquer au fil des ans, à un point tel qu’il se fait embaucher en 1982 comme réalisateur audiovisuel à Winnipeg par le bureau régional de Parcs Canada.

Puis, en l’an 2000, alors qu’il habitait en Colombie-Britannique, il décide avec sa compagne de retourner brièvement au Yukon le temps d’une visite, et voilà que le couple tombe de nouveau amoureux des lieux. En décembre de la même année, ils redéménagent ainsi au territoire, où Didier habitera jusqu’en 2012.

Durant ce troisième séjour, il travaillera entre autres pour l’AFY, au secteur des communications. Cet emploi lui permet de renouer avec son côté francophone qu’il avait longtemps ignoré. Il en profite aussi pour reprendre sa guitare, car la scène artistique yukonnaise avait grandement changé depuis son dernier passage.

Profitant de ce foisonnement artistique, Didier se fera alors connaître sur la scène musicale yukonnaise en partageant le répertoire de son chanteur fétiche, Georges Brassens.

Didier quittera le Yukon définitivement en 2012 pour retourner vivre en France afin de se rapprocher de sa famille vieillissante. Aujourd’hui, il veille sur sa mère qui avait depuis longtemps dépassé le cap de vivre seule et partage son quotidien, lui offrant les moyens qu’elle n’a plus.

Quant au Yukon, il reste résolument dans son quotidien grâce à l’évolution d’Internet, qui lui permet de travailler à temps partiel pour la publication yukonnaise What’s Up Yukon, en tant que graphiste. « Je reste bien informé sur le Yukon et je n’échappe pas à son évolution continuelle, qui continue de satisfaire mon intérêt et ma curiosité. »

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