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le Jeudi 17 avril 2025 7:49 Santé

La méthode Montessori au service des personnes atteintes de troubles cognitifs

Une formation en trois modules a été proposée par le Partenariat communauté en santé (PCS), les 28 et 29 mars dernier au CSSC Mercier. — Photo : Partenariat communauté en santé
Une formation en trois modules a été proposée par le Partenariat communauté en santé (PCS), les 28 et 29 mars dernier au CSSC Mercier.
Photo : Partenariat communauté en santé

La méthode Montessori est souvent associée à l’éducation des enfants, mais son application aux personnes atteintes de troubles cognitifs ouvre des perspectives en matière de soins et d’accompagnement. Marc Norris, fondateur et directeur du Centre Montessori Alzheimer, était en visite au Yukon pour offrir une formation et mettre en lumière les bienfaits de cette approche adaptée aux personnes qui vivent avec des maladies neurodégénératives.

« L’idée, c’est de mettre la personne au centre de l’attention, au lieu d’essayer d’adapter les activités à ses capacités. Au lieu de voir tout ce qu’elle ne peut pas faire, on met l’accent sur les choses qu’elle peut faire, et sur ses émotions », explique Marc Norris. « L’essentiel, c’est de mettre la personne en avant-plan de la maladie, et non le contraire. Cette approche favorise le maintien des capacités préservées et leur permet d’exercer un plus grand contrôle sur leur quotidien », ajoute l’expert.

Inspirée des travaux du Dr Cameron Camp, la méthode Montessori-Alzheimer (MMA) est appliquée depuis 40 ans dans divers établissements de santé à travers le monde. Elle repose sur des principes qui favorisent l’offre de choix aux patient·e·s, l’adaptation de leur environnement physique et social, et la stimulation de leurs facultés cognitives grâce à des activités porteuses de sens.

« Comme dans la philosophie Montessori pour la petite enfance, on propose des choix : est-ce que la personne veut mettre ce pantalon ou celui-ci? Est-ce qu’elle veut prendre un bain ou prendre une douche? ». Selon M. Norris, cette approche mène à un sentiment d’autonomie chez les personnes atteintes, et, surtout, à une meilleure communication avec les personnes aidantes.

Une formation pour plus de compassion

Afin d’accompagner les personnes aidantes et les professionnel·le·s de la santé dans l’application de cette méthode, une formation spécifique en trois modules a été proposée par le Partenariat communauté en santé (PCS), les 28 et 29 mars dernier.

Ce programme de formation avait déjà été proposé par le PCS pendant la pandémie, et avait eu lieu en ligne. C’était la première fois que M. Norris venait offrir cette formation en personne. Quatre personnes ont participé. « La plupart étaient du personnel enseignant. Mais certaines personnes avaient aussi un intérêt personnel, par prévention, pour anticiper le déclin cognitif de leurs parents », explique le formateur.

Au cours de ces deux journées, M. Norris visait d’abord à changer les perspectives. « Au début de la formation, on fait un remue-méninge des mots qu’évoque le terme Alzheimer, auprès des personnes participantes ». Il explique alors que les termes « dépression, difficulté, pertes, déclin » sont apparus. Des termes « plutôt négatifs », selon lui. À la fin des deux jours, le même exercice a plutôt fait ressortir des termes comme « communication, soutien, écoute, autonomie. C’est là la clé », estime M. Norris. Changer de regard et de mentalité, et viser plus de compassion, c’est une grande partie du succès.

La méthode qu’il présentait visait à accompagner et à alléger la charge des personnes proches aidantes. Restaurer une dynamique positive dans la relation aidant-aidé·e est essentiel, selon lui, et pour cela, améliorer la communication est important.

« C’était très intéressant », estime Géraldine Villemont, participante à la formation et venue pour se renseigner, en prévention face au vieillissement d’une personne proche. « Comme je connaissais le terme Montessori, ça m’a interpellée. Et c’est vrai qu’il y a beaucoup de choses qui se retrouvent dans l’approche de communication, que ce soit avec des enfants ou avec des personnes qui ont des pertes cognitives, comme l’Alzheimer. » Elle se dit satisfaite de repartir avec une certification, mais surtout avec une panoplie d’outils très concrets. « Josée Fortin est venue aussi en après-midi pour nous montrer des jeux qu’elle utilise en classe Montessori, et ça m’a donné des idées de ce qui serait applicable dans ma situation. »

Selon M. Norris, une des façons de surmonter les obstacles liés aux troubles cognitifs est d’en apprendre plus sur l’histoire de vie de la personne. « En centre de soins, il y avait cette femme. Il fallait trois personnes pour pouvoir lui faire prendre un bain. Elle se débattait, criait… », explique-t-il. « J’ai demandé aux gens quelle était l’histoire personnelle de la personne. Est-ce qu’elle a l’habitude de prendre des bains? Souvent? Quel était l’environnement? On a appris qu’elle utilisait toujours l’aromathérapie avec du savon à la lavande pour prendre son bain, et qu’elle écoutait de la musique. En recréant cet environnement, la communication passait mieux et il ne fallait plus qu’une seule personne pour lui faire prendre un bain. »

Des résultats concrets

« Les recherches ont démontré que les troubles du comportement des personnes atteintes d’Alzheimer sont souvent liés à un environnement inadapté plutôt qu’à la maladie elle-même », relate M. Norris. En proposant un cadre de vie plus stimulant et en rendant les activités du quotidien plus accessibles, la méthode Montessori permettrait de réduire l’anxiété, d’améliorer le sommeil et de renforcer le sentiment de dignité et d’inclusion.

Par ailleurs, il affirme que les recherches ont montré que l’instauration de cette méthode en milieu de santé diminue les taux d’absentéisme et le roulement de personnel, puisque les personnes se sentent plus connectées aux personnes atteintes.

Un microsite à ce sujet a été développé par le PCS : cerveausanteyukon.org. Sandra Laurent, directrice du PCS, ajoute qu’un autre atelier à ce sujet sera offert au printemps.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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