le Jeudi 8 octobre 2026
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le Jeudi 8 octobre 2026 7:20 Éducation et jeunesse

École élémentaire de Whitehorse : Valleyview choisi pour le nouvel établissement

Sharon McCoubrey, directrice de l’ÉWES, Martin Turpin, directeur des écoles, Fred Jay, adjoint par intérim de la sous-ministre, Voirie et Travaux publics, et Scott Kent, ministre de l’Éducation. — Photo : Maryne Dumaine
Sharon McCoubrey, directrice de l’ÉWES, Martin Turpin, directeur des écoles, Fred Jay, adjoint par intérim de la sous-ministre, Voirie et Travaux publics, et Scott Kent, ministre de l’Éducation.
Photo : Maryne Dumaine

Le gouvernement du Yukon a annoncé le choix du site de Valleyview pour la construction de la nouvelle École élémentaire de Whitehorse (ÉWES). Destiné à accueillir l’établissement primaire d’immersion française, ce projet devrait permettre d'accroître le nombre de places disponibles tout en offrant aux élèves un cadre d'apprentissage axé sur la nature et le plein air. À la suite de cette annonce, les réactions n’ont pas tardé.

L’École élémentaire de Whitehorse est l’établissement scolaire en utilisation le plus vieux du Yukon. Elle a été désignée comme la priorité absolue parmi les écoles urbaines à remplacer. Les propositions de sites et consultations s’enchaînent depuis plusieurs années. Le 28 septembre dernier, le gouvernement a tenu une conférence de presse dans le gymnase de l’école actuelle, pour cette annonce.

À lire aussi : Relocalisation de l’École élémentaire de Whitehorse : résultats du rapport sur les préoccupations

 « L’emplacement de Valleyview a obtenu la meilleure note à l’évaluation technique des emplacements, soit 179 points sur 270, comparativement à 155 pour l’emplacement de Kopper King et à 133 pour l’emplacement du centre-ville », a indiqué Scott Kent, ministre de l’Éducation. La note est basée sur une évaluation des coûts du projet, des commentaires de la collectivité, du calendrier, des transports et des inquiétudes du quartier et des besoins.

« Les commentaires du public, recueillis à l’aide d’un sondage en ligne, ne constituaient qu’un aspect de l’évaluation globale », indique le communiqué. « Ont également été pris en compte les commentaires des élèves, du personnel et du conseil de l’École élémentaire de Whitehorse, ainsi que des données techniques, financières et d’urbanisme. »

Lors de la conférence de presse, Sharon McCoubrey, directrice de l’École élémentaire de Whitehorse, a souligné que le personnel et les élèves ont accueilli cette annonce avec enthousiasme. « Nos élèves étaient fiers de participer aux consultations et de voir qu’ils ont le pouvoir d’influencer les décisions qui touchent leur collectivité. »

L’immersion française : une demande croissante

L’école compte actuellement environ 475 élèves. Le nouvel établissement devrait être conçu pour en accueillir jusqu’à 600. « Nous apprenons des erreurs du passé », a affirmé le ministre de l’Éducation. « Nous voulons construire une école qui n’atteindra pas sa pleine capacité juste après sa construction. »

Le gouvernement souhaite également prévoir la croissance future dès la conception de l’école. « L’idée serait notamment de construire une école à étages, et non d’occuper toute la surface du terrain », a avancé Scott Kent, ce qui laisserait de la place à d’éventuels besoins futurs pour des portatives.

Le site choisi se trouve entre le quartier résidentiel de Valleyview et le Centre des Jeux du Canada.

Photo : Gouvernement du Yukon

Michael Edwards, analyste en communications et politiques pour le ministère de l’Éducation, dévoile le plan du nouveau site de l’École élémentaire de Whitehorse (ÉWES), dédiée à l’immersion française.

Photo : Maryne Dumaine

Les avantages du site choisi

« Pour les élèves, la principale préoccupation était d’avoir une école pendant la durée des travaux », a affirmé la directrice de l’école. Pendant toute la durée des travaux, les élèves et le personnel n’auront pas à déménager, et n’auront pas non plus à étudier à proximité d’une zone de construction.

Située juste en face du Centre des Jeux du Canada (CJC), la parcelle de Valleyview est ressortie au premier rang des évaluations techniques et communautaires. L’accès direct à la nature semble aussi avoir beaucoup pesé dans la balance : contrairement au site actuel du centre-ville, où les sorties en forêt nécessitent des déplacements en autobus, les élèves pourront se rendre à pied aux espaces verts, aux sentiers et aux pistes de ski du mont McIntyre, a fait remarquer la directrice.

Elle a également souligné que la nouvelle école devrait être dotée d’un gymnase de la taille de ceux des établissements secondaires. Il pourrait servir aux activités scolaires et aux clubs sportifs de la communauté. « Les collaborations avec le CJC seront bonnes pour nos élèves, mais aussi, dans l’autre sens, pour toute la communauté en dehors des heures de classe », mentionne Mme McCoubrey.

Selon le gouvernement, l’évaluation indépendante évaluait à environ 84 millions de dollars ce projet, estimation la plus basse parmi les options analysées.

Mécontentements dans le quartier

Quelques heures après la publication du communiqué, Sylvie Binette, ex-présidente et membre du conseil d’administration de la Valleyview Community Association, a publié sur ses médias sociaux que « cette annonce ignore totalement les divers exercices de planification municipale financés par les contribuables […] ainsi que la voix de notre association de quartier et de ses résidents. »

Résidente de Valleyview depuis 1996, elle ajoute que « le terrain est à peine plus grand que celui qu’ils occupent actuellement; une fois les arbres abattus pour permettre l’accès des bus, la dépose des élèves par les parents, le stationnement et la construction des bâtiments, il ne restera plus de forêt pour l’apprentissage en plein air, et nous perdrons notre seul espace vert accessible situé entre deux axes routiers majeurs. »

Selon elle, le site de Kopper King serait plus adapté pour répondre aux besoins éducatifs actuels et futurs. Elle a également souhaité soulever la question de la perspective autochtone. « Le terrain adjacent au futur site de l’école appartient à la Première Nation des Kwanlin Dün », insiste-t-elle, mentionnant que « ce n’est pas à eux de décider au nom des Premières Nations ce qu’ils veulent faire de ce terrain. »

Des idées constructives

Forest Pearson, ingénieur-conseil en environnement, plutôt favorable au projet, s’est lui aussi exprimé en ligne sur la question. « J’espère vivement qu’une passerelle piétonne sera prévue au-dessus du boulevard Hamilton pour relier l’école au centre ». Selon lui, ce projet serait relativement simple à réaliser, puisque la route est en pente descendante, ce qui permettrait à la passerelle d’être de plain-pied au-dessus de la chaussée.

« Une telle installation présenterait des avantages considérables pour la communauté », ajoute l’ingénieur, mentionnant notamment un accès direct et sécurisé au CJC et au parc de ski du mont McIntyre, « sans avoir à traverser une route dangereuse, très fréquentée et où la circulation est rapide. »

Selon lui, une passerelle encouragerait également le transport actif dans le quartier et pourrait permettre de mieux relier Copper Ridge au centre-ville. Elle contribuerait aussi à une meilleure fluidité de la circulation sur le boulevard Hamilton, grâce à une réduction des activations des feux par les piétons souhaitant traverser l’artère.

D’après ses estimations, la construction d’une telle passerelle coûterait moins d’un million de dollars, et apporterait des avantages importants à la communauté tout en atténuant certains des impacts liés à l’école. « Il devrait assurément être possible d’intégrer ce coût au budget global de l’établissement scolaire », conclut-il.

Les prochaines étapes

Le calendrier du projet sera révisé à mesure qu’avanceront les approbations, l’étude, la conception et les décisions de financement. Le gouvernement territorial affirme aussi qu’il prévoit collaborer avec la Ville, la Première Nation des Kwanlin Dün, le Conseil des Ta’an Kwäch’än et la Valleyview Community Association tout au long de la phase de planification.

IJL – L’Aurore boréale

Forest Pearson, résident de Whitehorse et ingénieur, a imaginé la construction d’une passerelle piétonne pour contrer les arguments concernant la sécurité et les défis liés à la circulation routière entre le site du CJC et de la future école.

Photo : Simulation de plan/Forest Pearson

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