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le Jeudi 27 août 2026 7:59 Politique

Outiller l’Assemblée législative yukonnaise pour la francophonie : le nouveau projet de Justin Ziegler

Lors de son passage à Winnipeg, Justin Ziegler a appris beaucoup sur la culture métisse. « Je suis convaincu que la francophonie a un grand rôle à jouer en matière de réconciliation », affirme-t-il. — Photo : Maryne Dumaine
Lors de son passage à Winnipeg, Justin Ziegler a appris beaucoup sur la culture métisse. « Je suis convaincu que la francophonie a un grand rôle à jouer en matière de réconciliation », affirme-t-il.
Photo : Maryne Dumaine

Justin Ziegler a participé au début du mois d’août à la 41e Session de l’Assemblée régionale Amérique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), à Winnipeg. C’est la première fois que le Yukon y était présent. Le représentant parlementaire pour Riverdale Sud revient sur cette expérience, nous explique ce qu’est cette organisation, et pourquoi il souhaite désormais que le Yukon y devienne officiellement membre observateur.

Aurore boréale : Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF)

Justin Ziegler : L’APF, c’est une association internationale de parlementaires francophones qui possède plusieurs antennes. Donc, ici, nous, on fait partie de l’antenne Amérique qui a plusieurs membres, majoritairement du Canada, il y a le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec, l’Ontario, l’Alberta… Et il y a aussi eu Haïti pendant un moment, le Vermont, le New Hampshire, la Louisiane, le Mexique et, j’espère très bientôt, le Yukon. Ça rassemble des personnes qui parlent français et qui sont sur leurs assemblées parlementaires. Mais ce sont les assemblées législatives elles-mêmes qui deviennent membres de cette association-là qui est rattachée, d’une certaine manière, à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

AB : Comment avez-vous entendu parler de cette organisation?

JZ : Francine Landry, qui est présidente d’assemblée au Nouveau-Brunswick et déléguée régionale Amérique à l’APF, m’a envoyé une lettre pour me féliciter juste après mon élection et a mentionné dans cette lettre l’APF. Donc, je me suis renseigné.

Ensuite, j’ai demandé au Bureau des services aux membres (Members’ Services Board – MSB) (qui est un peu comme le conseil d’administration de l’Assemblée législative ici), si je pouvais aller y participer en tant qu’observateur pour voir ce que c’était. J’ai dû travailler fort pour les convaincre de m’y envoyer, et ils ont accepté. Donc, j’y suis allé. Donc là, je vais envoyer un rapport à ce conseil pour leur dire ce qui s’est passé. Moi, j’aimerais bien qu’on devienne membre observateur de manière officielle, que le territoire soit représenté à l’APF.

AB : Qu’avez-vous fait pour les convaincre?

JZ : C’est que c’est important pour la francophonie. Ça, c’était indéniable. Notre assemblée législative est déjà membre de l’APC, l’Assemblée des parlementaires du Commonwealth, comme la majorité des assemblées du Commonwealth d’ailleurs. Il n’y a pas de raison que notre assemblée ne soit pas représentée à l’APF. Après, il y a aussi un argument budgétaire. On a un gouvernement qui est très proche de son budget, donc j’ai utilisé des mots pour les convaincre,

AB : Et finalement, vous revenez avec, dans votre rapport, la suggestion de devenir officiellement membre observateur. Pourquoi?

JZ : Alors déjà, j’y ai rencontré plein de gens extraordinaires. Francine Landry, qui est donc présidente d’assemblée au Nouveau-Brunswick. Le sénateur René Cormier. Marie-France Lalonde, qui est députée à Ottawa pour Orléans. Ryan Robicheau, qui est aussi député en Nouvelle-Écosse. Il y a vraiment une certaine fraternité. Et ce qui est bien, c’est que ce n’est pas partisan. Donc, il y avait des conservateurs, il y avait des gens du NPD, il y avait des gens du Bloc, il y avait plein de gens et donc j’ai pu discuter de comment les choses fonctionnent chez eux, avec tout le monde. C’est très enrichissant de discuter de ces problématiques-là. Par exemple, « comment se passent les liens avec les institutions postsecondaires dans votre province, par rapport à l’enseignement postsecondaire en français »? Voilà, toutes ces choses-là, ça m’aide moi en tant que parlementaire.

De manière générale, il y a aussi beaucoup de ressources à l’APF pour les greffiers, pour toute cette institution-là, il y a des systèmes de formation, de traduction, pour aider les institutions à valoriser la francophonie et ça, pour moi, c’est important.

AB : Donc, maintenant, quelles sont les prochaines étapes?

JZ : Je vais demander que l’Assemblée législative du Yukon devienne officiellement membre observateur de l’APF.

AB : Quels seraient les avantages d’être membre?

JZ : Une fois qu’on est membre observateur, n’importe quel·le député·e de cette chambre pourrait assister aux conférences de l’APF (en français).

Ça pourrait aussi nous apporter des outils [pour une plus grande équité linguistique en chambre].

Par exemple, à la session de printemps, on a débattu une motion en français. Il y a déjà eu des motions qui ont été déposées en français, mais, pour la première fois, on a débattu une de ces motions-là en français. Donc, on a commencé le débat. J’ai parlé en français, la ministre Lang s’est levée, elle a amendé ma motion et moi, donc je devais traduire l’amendement à mes collègues tout en réfléchissant. [Le processus était encore nouveau pour moi, et je n’ai pas pu faire amender cet amendement]. C’est difficile parce que tout arrivait en français. J’avais des collègues qui ne comprenaient pas autour de moi. C’était vraiment difficile, mais je suis fier de l’avoir fait.

Et c’est là que participer à l’APF aiderait. Il y a des formations offertes qui peuvent aider à mieux utiliser les termes et les procédures, en français. Utiliser les bons mots et bien comprendre le fonctionnement.

AB : Qui prendra la décision de devenir membre, ou pas?

JZ : Le Bureau des services aux membres, qui est présidé par la présidente de l’assemblée, Yvonne Clark. C’est un comité non partisan qui est composé de député·es en place, de façon proportionnelle.

Je sais qu’assez vite, je vais être amené sur le coût. Combien ça coûte? Ce sera la seule question qui me sera posée au final.

AB : Et combien ça coûte?

JZ : Je ne sais pas [car ce n’est pas un montant fixe standard]. Pour être membre de l’APF internationale, je crois que c’est autour de 4 000 € pour être une assemblée membre. Et après l’adhésion à la région Amérique, ça doit être 1 000 – 1 200 dollars. Plus les déplacements. Ça a quand même un coût, effectivement. Mais là je mets mon chapeau partisan : les traitements des mines aussi, ça un coût.

[À titre de comparaison, il nous informe que la participation à l’Association des parlementaires du Commonwealth a coûté 90 000 $ cette année].

Il y a juste des choses à prendre en considération, avant de décider.

IJL – L’Aurore boréale

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