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le Jeudi 2 juillet 2026 7:57 Francophonie

S’engager après la retraite : portraits de quatre piliers de la communauté franco-yukonnaise

Événements, programmes, activités... La communauté franco-yukonnaise repose beaucoup sur les épaules de bénévoles, et sa vitalité demeure étroitement liée au soutien actif de ses membres. Quatre personnes aînées franco-yukonnaises très engagées dans la communauté partagent leurs parcours de vie et les motivations qui nourrissent leur implication.

Jean-Louis Salesse

Photo : Rébecca Fico

1. Jean-Louis Salesse

« Je suis arrivé au Yukon en 1990 pour voyager et découvrir l’hiver », raconte Jean-Louis Salesse. « Trente-cinq ans plus tard, je suis toujours là! La fascination pour le froid, les températures de -40 à -45 °C, et les grands espaces qui permettent de pratiquer la randonnée et le vélo de montagne m’ont motivé à rester. Pour moi, c’était et c’est toujours le paradis! »

Originaire de la France, où il enseignait la voile, Jean-Louis Salesse réoriente sa carrière à son arrivée au territoire en devenant géomètre-arpenteur. Pendant trente ans, il exerce ce métier, notamment dans les domaines de restitution des terres aux Premières Nations et d’arpentage civil. En plus de ce parcours professionnel, Jean-Louis Salesse a également démontré un engagement constant envers la communauté francophone du Yukon au cours des années, entre autres comme trésorier du conseil d’administration de l’Association franco-yukonnaise (AFY).

Aujourd’hui à la retraite, Jean-Louis Salesse poursuit cet engagement par des activités de bénévolat régulières, notamment pour les événements de l’AFY, où il aide Renald Jauvin en cuisine. Sa motivation repose sur la conviction qu’« il est important pour les aînés de ne pas se renfermer sur eux-mêmes » et est alimentée par un désir de voir « une communauté grandir [comme la communauté francophone du Yukon], malgré l’isolement. »

Pour lui, la communauté francophone du Yukon se distingue par sa diversité culturelle, et son évolution représente « une belle aventure à voir ». Jean-Louis Salesse entend d’ailleurs poursuivre son engagement, et espère même s’impliquer davantage « avec les jeunes », par des activités sportives et de plein air.

Luc Laferté

Photo : Rébecca Fico

2. Luc Laferté

Originaire de Trois-Rivières, au Québec, Luc Laferté a d’abord vécu en Ontario, en Alberta et à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest, avant de s’établir au Yukon en 1989. Enseignant durant ses huit premières années, il diversifie ensuite son parcours professionnel durant ses années passées à Whitehorse. « J’ai travaillé à l’AFY, et ensuite à l’hôpital en support aux patients. »     

Retraité maintenant depuis quatre ans, Luc Laferté consacre une part importante de son temps à l’implication communautaire. « Je suis bénévole à gauche et à droite, pour toutes sortes d’organismes, comme le service de soutien à domicile de l’AFY pour les personnes aînées, le Centre des arts [du Yukon], et d’autres petits événements et organismes. Ça prend quand même la moitié de ma semaine », explique-t-il.

Ce sont d’abord les occasions d’interactions humaines qui le motivent à s’engager. « Ça me permet de voir du monde, et de faire toutes sortes de rencontres ». Mais pour lui, le bénévolat est également un levier d’action concret pour « faire avancer les dossiers ». « On peut toujours se fier au gouvernement pour changer les choses, mais, pour moi, c’est encore mieux de prendre action soi-même pour aider les gens. »

Parmi les causes qui lui tiennent particulièrement à cœur, le service de soutien à domicile des personnes aînées occupe une place grandissante pour lui. « Le Yukon a une population qui vieillit très vite, et il y a de plus en plus de personnes âgées qui ont besoin d’aide à la maison, d’assistance personnelle, ou simplement de contact humain. C’est donc un programme dans lequel je crois que les gens devraient de plus en plus s’impliquer, et qui est très important pour le Yukon ». Luc Laferté espère et souhaite d’ailleurs poursuivre cet engagement le plus longtemps possible.

Denise Beauchamp

Photo : Fournie

3. Denise Beauchamp

C’est également un désir d’aventure qui a mené Denise Beauchamp au Yukon, dans les années 1980. D’abord enseignante de français langue seconde à l’École élémentaire de Whitehorse, puis de langue première à l’École Émilie-Tremblay et finalement bibliothécaire à F.H.-Collins, elle consacre l’ensemble de sa carrière au milieu scolaire yukonnais, aux premières heures de l’éducation en français au territoire.

Son parcours est marqué par plusieurs réalisations, dont la revitalisation de la bibliothèque de l’École F.H.-Collins, ainsi que par des expériences mémorables, comme trois voyages bénévoles en Afrique pour offrir des formations au personnel éducatif local.

Aujourd’hui à la retraite, Denise mène désormais une vie plus tranquille avec son mari, tout en poursuivant un engagement bénévole régulier dans la communauté, notamment pour l’AFY, la Société d’histoire francophone du Yukon (SHFY), et le Centre pour femmes Victoria-Faulkner.

De nature réservée, Denise confie ne jamais avoir été particulièrement attirée par l’idée de s’impliquer activement auprès d’un groupe dans la communauté. « Je me souviens au début de l’AFY, quand il y avait quelques personnes qui essayaient de former une association, où il fallait être membre, et où on pouvait voter… Ça ne m’intéressait pas trop ». Elle finit néanmoins par rejoindre le conseil d’administration pendant quelques années, afin de lutter pour l’accès à la radio francophone au Yukon, et a toujours maintenu un lien avec la communauté franco-yukonnaise. « Je suis restée amie, j’ai toujours eu un lien avec la communauté. J’étais juste occupée, je ne pouvais pas toujours m’impliquer. »

Depuis sa retraite, elle remarque que son implication s’est faite plus régulière, portée par un désir de demeurer active. « Pour moi, c’est important, quand on vieillit, de rester ouvert et actif, pour être heureux et ne pas devenir amer et renfermé. C’est donc ça qui me motive de m’impliquer, de rester impliquée et attachée aux gens à mesure que je vieillis. »

Danielle Bonneau

Photo : Rébecca Fico

4. Danielle Bonneau

Arrivée au Yukon depuis le Québec pour une année sabbatique en 2002, Danielle Bonneau ne repartira finalement pas. Elle y a poursuivi une carrière en éducation, d’abord comme coordonnatrice culturelle à l’École Émilie-Tremblay, puis comme monitrice de langues, avant de devenir agente des partenariats culturels au ministère de l’Éducation du gouvernement du Yukon.

Son engagement communautaire débute peu après son arrivée, au sein de la chorale de la paroisse francophone catholique, et n’a jamais arrêté depuis. « J’ai toujours aimé m’impliquer, être active et impliquée dans ma communauté ». Aujourd’hui, Danielle Bonneau consacre son temps surtout au bénévolat lors d’événements de l’AFY, notamment dans les activités pour les personnes de 50 ans et plus, lors des matches de la Fabrique d’improvisation du Nord, où elle arbitre, et par son rôle au conseil d’administration de la SHFY.

Son engagement a d’ailleurs été souligné l’an dernier, alors qu’elle recevait le prix de Bénévole de l’année de l’AFY. Pour Danielle Bonneau, le bénévolat est d’abord une source de plaisir et de joie. « Pour moi, le bénévolat, ça nourrit, et ça donne toujours du bonheur. Ça me fait du bien, ça me permet de participer au bien-être de ma communauté, et ça me donne l’occasion de faire de belles rencontres et des connaissances incroyables avec des personnes que je n’aurais pas connues autrement. C’est un plus dans ma vie. »

Elle insiste également sur l’accessibilité du bénévolat « pour tout le monde. Il y a tellement d’opportunités de bénévolat que chacun, petit et grand, peut y trouver son compte. L’important, c’est toujours que l’implication continue à te nourrir et à t’apporter du bonheur. »

Toujours aussi active, la femme à plusieurs chapeaux compte poursuivre son engagement « aussi longtemps que [sa] santé et [son] énergie le permette, et tant que l’implication [la] nourrit! »

Rébecca Fico, 15 ans, est journaliste en herbe pour l’Aurore boréale.

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