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le Jeudi 12 février 2026 7:48 Culture

Quand les histoires rassemblent en plein cœur de l’hiver

Gary Sidney Johnson a parlé de son arrière-grand-père, Pete Sidney. — Photo : Shaunoh Wilson
Gary Sidney Johnson a parlé de son arrière-grand-père, Pete Sidney.
Photo : Shaunoh Wilson

Alors que les intempéries ont rythmé la vie du Yukon au cours des derniers mois, un festival de contes a proposé à la communauté de se rassembler. Pour cette première édition, les mots ont réchauffé les cœurs, dans un climat d’inclusion et de découvertes.

L’hiver, c’est clairement ce qui a inspiré le comité qui a organisé le Festival des contes d’hiver (Winter Storytelling Festival) qui s’est tenu le 31 janvier et 1er février à Whitehorse. « C’est venu d’un désir de répondre aux longs mois obscurs de l’hiver où beaucoup de gens se sentent isolés dans le Nord. L’hiver peut être difficile pour plusieurs personnes sur le plan physique et émotif, et le fait de célébrer ensemble le retour de la lumière renforce l’idée que nous n’avons pas à faire face à ces moments difficiles par nous-mêmes », explique Hannah Turcotte, la directrice culturelle du Centre culturel des Kwanlin Dün.

Une construction d’un feu de camp se trouvait au milieu du cercle de contes.

Photo : Angélique Bernard

Activités pour tous les goûts

Cet événement gratuit était ouvert à toute la communauté. Contes, musique, films, festin communautaire et spectacles de marionnettes étaient au programme.

« L’objectif d’offrir différentes formes d’histoires était de refléter la diversité des formes d’expressions autochtones, des expériences vécues au Yukon et de présenter des perspectives uniques à travers les générations. Il était aussi important pour moi d’inclure l’humour, qui joue un rôle important dans plusieurs contes traditionnels autochtones en présentant une signification plus profonde ou en enseignant une leçon. Même pendant les moments difficiles, les personnes autochtones ont toujours trouvé le moyen de rire », explique la directrice culturelle.

Gary Sidney Johnson, de la Première Nation de Carcross/Tagish, a été l’un des conteurs. Il est descendant d’une longue lignée de conteurs et conteuses, dont Skookum Jim, Angela Sidney, Pete Sidney et Ida Calmegane. C’est à l’âge adulte qu’il s’est rendu compte de l’impact des histoires racontées autour du feu de camp. « J’aime naturellement parler et passer du temps avec les membres de ma famille et les aînés de ma communauté. Ç’a m’a amené à retenir certaines des histoires et certains des enseignements », explique-t-il.

Hannah Turcotte est la directrice culturelle du Centre culturel des Kwanlin Dün.

Photo : Fournie

Apprendre les uns des autres

Cet événement a été créé pour offrir un espace accueillant à la communauté, permettre aux personnes d’apprendre les uns des autres et célébrer avoir survécu à l’intense période de froid de -40 oC.

« J’espère que les gens se sont sentis inspirés, détendus et plus connectés aux cultures, à la communauté et aux autres. Je souhaite aussi que le festival ait aidé les personnes à mieux comprendre les contes autochtones et les encourage à participer à plus d’événements, de rassemblements et de moments de connexion dans leur vie », raconte Mme Turcotte.

Pour Gary Sidney Johnson, un tel événement est important parce que c’est une façon de rassembler les cultures et de partager sur les expériences de vie et les traditions. Les histoires deviennent vivantes et s’adaptent aux personnes. Aucune histoire n’est racontée de la même façon. « J’espère que les gens sont repartis de l’événement avec l’appréciation que les histoires sont pour tout le monde, même pour les animaux, et qu’il n’y a pas de mauvaises façons de raconter une histoire. Les histoires rassemblent et donnent de nouvelles perspectives. »

Hannah Turcotte est satisfaite de la première édition du festival. Le temps est déjà au bilan de ce qui a bien fonctionné et de ce qui pourrait être amélioré, car la directrice culturelle prévoit de faire de ce festival une activité annuelle. « Le Centre culturel des Kwanlin Dün a son activité phare en été, soit les célébrations entourant la Journée nationale des peuples autochtones, et j’aimerais, qu’un jour, le Festival de contes d’hiver devienne aussi important. Cela nous ferait deux gros événements par année, un en été et l’autre en hiver », envisage la jeune femme.

Des marionnettes de l’émission vidéo Northern Tails ont fait leur apparition.

Photo : Shaunoh Wilson

Impressions d’une participante

Laure Dutruel est arrivée au Yukon le 5 janvier 2026. Elle a tout de suite suivi la page Facebook du Centre culturel des Kwanlin Dün et participe aux activités organisées par le Centre. Elle cherche à apprendre sur l’histoire des Premières Nations, des Métis et des Inuits du Canada et à comprendre l’attachement à la terre.

Elle a trouvé l’événement intéressant, car c’est par la tradition orale qu’une culture se perpétue depuis des millénaires. « Je me souviens des trois histoires que ma grand-mère me racontait tout le temps pour m’endormir et il y avait toujours une valeur derrière. C’étaient des histoires pour donner de l’importance aux valeurs, donc je voulais savoir les valeurs qui étaient racontées aux Premières Nations », explique la nouvelle arrivante.

Elle a trouvé cela sympathique de voir des francophones à l’activité. « Cela montre que les francophones ont envie d’être là et de participer à ce genre d’activité ». Elle a aussi apprécié l’ouverture des Premières Nations à accueillir des gens de différentes cultures, tout en respectant les aînées et aînés autochtones. « J’ai vraiment aimé l’idée que les histoires autochtones bougent et n’ont pas de frontières. J’ai aimé le fait de laisser la place aux gens s’ils avaient envie de partager quelque chose, même si ce n’était pas prévu à l’horaire. C’était vraiment inclusif », termine-t-elle.

IJL – L’Aurore boréale

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