le Jeudi 4 juin 2026
Loading membership data...
le Jeudi 29 janvier 2026 7:57 Politique

Faible participation électorale, selon Élections Yukon

Le bureau électoral, Élections Yukon. — Photo : Kahina Chouiter
Le bureau électoral, Élections Yukon.
Photo : Kahina Chouiter

À la suite des élections territoriales de novembre 2025, Élections Yukon lance une révision afin de mieux comprendre les causes du faible taux de participation. L’organisme vise ainsi des solutions concrètes pour renforcer l’engagement démocratique au Yukon.

Le faible taux de participation enregistré lors des élections territoriales de novembre 2025 soulève de sérieuses questions quant à l’engagement démocratique au Yukon. Avec seulement 53,1 % des électeurs et des électrices qui se sont rendus aux urnes, ce scrutin affiche le niveau de participation le plus bas depuis l’adoption du système électoral en 1978. Face à ce constat, Élections Yukon a annoncé le lancement d’une révision du processus afin de mieux comprendre pourquoi de nombreuses personnes ont choisi de ne pas voter. « Notre objectif n’est pas de blâmer les personnes, mais de comprendre ce qui les a amenés à participer ou non au scrutin. Chaque voix compte, et nous voulons nous assurer que le système est accessible à tous et toutes », explique le chef du bureau électoral, Maxwell Harvey.

Une participation historiquement basse, mais pas totalement inattendue

Les chiffres montrent une baisse constante du taux de participation au fil des élections. En 2016, environ 76,4 % de l’électorat avait voté. En 2021, ce taux est descendu à environ 65,6 %, pour atteindre seulement 53,1 % en 2025.

Pour Maxwell Harvey, cette tendance n’est pas entièrement surprenante. « Dès 2021, nous savions que le taux de participation risquait de continuer à diminuer », explique-t-il. Il évoque notamment le faible intérêt suscité par le plébiscite ainsi que le nombre limité de nouvelles personnes inscrites sur les listes électorales. Cette baisse est d’autant plus frappante qu’elle survient dans un contexte de croissance démographique. « Le bassin est plus grand qu’avant, mais cela ne se reflète pas dans le nombre réel de bulletins déposés », observe-t-il. « Cela nous pousse à nous demander si certaines personnes se sentent moins interpellées par la politique ou si des obstacles concrets les empêchent de voter. » Il tient toutefois à rassurer la population sur la fiabilité du système électoral. « Notre système est solide pour vérifier les chiffres et éviter les doublons dans la liste électorale », affirme-t-il. Élections Yukon travaille avec plusieurs organisations afin d’obtenir des données aussi exactes que possible sur les personnes aptes à voter, et sa capacité de collecte d’information s’est améliorée au fil des ans.

Trois axes pour comprendre l’abstention et améliorer le processus

La révision repose sur trois grandes dimensions. D’abord, la tendance à voter chez les groupes qui participent habituellement aux élections. Ensuite, les obstacles concrets qui peuvent freiner la participation, comme les horaires d’ouverture des bureaux de vote, l’accessibilité, la distance ou encore la météo. Enfin, le contexte général de l’élection, soit ce qui peut encourager ou décourager la mobilisation, comme l’intérêt pour les enjeux, le climat politique ou la visibilité de la campagne. « Ce sont souvent plusieurs facteurs combinés qui expliquent la décision de voter ou non », souligne M. Harvey.

En 2016, environ 76,4 % de l’électorat avait voté. En 2021, ce taux est descendu à environ 65,6 %, pour atteindre seulement 53,1 % en 2025 .

Maxwell Harvey, chef du bureau électoral.

Photo : Kahina Chouiter

La révision vise aussi à analyser l’accessibilité des bureaux de vote, la qualité de l’information transmise au public, la mise à jour de la liste électorale et l’expérience globale. Élections Yukon collabore également avec les partis politiques afin de recueillir leurs observations. « Ils ont une perspective différente et peuvent nous aider à mieux comprendre ce que les personnes ont vécu sur le terrain », précise-t-il. L’organisme invite par ailleurs la population, qu’elle ait voté ou non, à participer à la réflexion. « Les citoyennes et citoyens sont les mieux placés pour nous dire ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Peut-être devons-nous moderniser nos outils et nos approches », admet-il.

Parmi les pistes envisagées figure l’utilisation du bulletin spécial, qui pourrait faciliter le vote pour les personnes vivant en région éloignée, ayant des contraintes de mobilité ou absentes le jour du scrutin.

Maxwell Harvey s’interroge également sur l’avenir. « À quoi ressemblera la participation électorale en 2029? C’est une question que nous devons nous poser dès maintenant. »

Les personnes sont invitées à envoyer leurs commentaires en français ou en anglais à [email protected]. Les résultats de la révision devraient être rendus publics au plus tard en mai prochain, lors du dépôt officiel du rapport.

En lançant cette démarche, Élections Yukon cherche moins à expliquer le passé qu’à préparer l’avenir. Comme le résume Maxwell Harvey en citant David Frum : « La démocratie est un travail en cours. Sa remise en question l’est aussi. » L’objectif est clair : faire en sorte que chaque Yukonnaise et chaque Yukonnais se sente concerné par la vie démocratique du territoire et ait les moyens d’y participer.

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.