Alexis Gadiollet
Alexis Gadiollet, gestionnaire, Comptabilité et recrutement, AFY
Comment t’es-tu senti durant l’exercice?
J’ai ressenti de la tristesse devant les injustices vécues, de la honte face à certaines pages de notre histoire collective, mais surtout un profond sentiment de culpabilité. En tant qu’homme blanc et Français d’origine, issu d’une nation possédant elle aussi un lourd passé colonial, j’ai éprouvé une certaine forme de responsabilité face aux atrocités qui ont été commises envers les peuples autochtones.
Qu’est-ce que tu en as retiré?
La réconciliation passe d’abord par l’éducation. Si l’on souhaite s’intégrer et vivre sur un territoire comme le Yukon, il me semble essentiel d’en connaître l’histoire et de reconnaître avec humilité qu’il s’agit avant tout de terres autochtones, habitées et préservées depuis des millénaires.
Cet exercice nous invite également à réfléchir à notre propre rôle dans ce processus de réconciliation. Cela implique également de mettre de côté les jugements hâtifs et les préjugés afin de placer l’inclusion, le respect et l’ouverture aux autres au cœur de nos valeurs collectives.
Cette expérience a été intense et parfois inconfortable, mais elle a surtout été enrichissante. Cette réflexion m’amène également à une préoccupation plus large. Je suis inquiet de voir le retour de certains extrémismes dans plusieurs régions du monde ainsi que la remise en question, dans certains pays, des droits acquis par différentes minorités. L’histoire nous a démontré à maintes reprises les conséquences dramatiques de l’ignorance, de l’intolérance et de la déshumanisation de certains groupes de personnes.
Julie Croquison
Julie Croquison, gestionnaire, Justice et veille stratégique, AFY
Comment t’es-tu sentie durant l’exercice?
C’était une première pour moi, et j’ai beaucoup appris. Après l’exercice, je ne savais pas nécessairement quoi ressentir ni comment interpréter toutes les émotions que cela avait suscitées. Ça m’a beaucoup fait réfléchir, et ça m’a travaillé pendant plusieurs jours.
J’ai aussi trouvé très marquante l’évolution de l’espace pendant l’exercice. Au début, tout était bien organisé : les chaises étaient en place, les couvertures étaient belles et disposées avec soin, et nous avions accès à différents objets et éléments représentant les cultures des Premières Nations, que nous pouvions nous approprier dans le cadre de l’expérience. À la fin, l’espace était beaucoup plus désorganisé, les choses avaient été déplacées, retirées ou modifiées, et rien n’avait réellement été remis en place avant la fin de la session.
Cette image m’a laissé l’impression que le travail est encore en chantier, qu’il y a eu énormément de bouleversements et qu’on est encore collectivement dans un processus pour essayer de reconstruire, de réparer et de retrouver un certain équilibre.
Qu’est-ce que tu en as retiré?
C’est une occasion de reconnaître et de remercier les personnes qui sont présentes aujourd’hui, mais également les générations précédentes et les ancêtres qui se sont battus et qui ont posé des actions pour faire avancer les choses. Sans leur courage et leur travail, nous ne serions probablement pas aujourd’hui dans une position où nous pouvons vivre ce type d’expérience, en parler ouvertement et réfléchir ensemble à la suite.
Diane Grillet
Diane Grillet, coordinatrice du programme PCNP (bébés en santé, avenir en santé), les Essentielles
Comment t’es-tu sentie durant l’exercice?
C’était la première fois que je faisais l’exercice. Au début, j’étais plutôt curieuse. Je m’attendais à avoir une perspective très yukonnaise. Finalement, ce qui était agréable, c’était que c’était assez centré sur le Yukon et assez aussi général. Je me suis bien sentie immergée dans l’activité, dans l’exercice. Du fait qu’il y ait cette participation, qu’on nous demande de bouger, d’être actif. Je pense que ça m’a fait imaginer.
Je me suis mis à la place des personnes qui ont vécu ces choses-là. Et puis j’ai ressenti beaucoup de tristesse aussi et d’empathie envers les personnes qui ont vécu toutes ces choses qui nous ont été expliquées. J’ai beaucoup aimé la fin du cercle où on pouvait parler. Tout le monde a pu donner un retour et une impression.
Et je trouvais ça intéressant qu’on n’ait pas tous retiré la même chose de ça. On n’a pas tous eu la même perception et on n’a pas tous posé les mêmes questions. Donc, ç’a m’a émue aussi d’écouter les autres parler.
Qu’est-ce que tu en as retiré?
Ça m’a donné du respect, une envie de travailler sur la réconciliation, une envie de visibiliser aussi ce qui s’est passé et ce qui se passe toujours d’ailleurs, visibiliser la situation, la colonisation. Et puis, aussi envie à ma hauteur de pouvoir éduquer les gens autour de moi.
Josée Jacques
Josée Jacques, directrice, Arts et culture, Jeunesse, Personnes aînées, AFY
Comment t’es-tu sentie durant l’exercice?
C’est sûr que j’ai ressenti de la tristesse. C’est un peu de honte à porter, mais ce que j’aimé, c’est comme l’ont expliqué les organisateurs, ils savent que ce n’est pas nécessairement nous, les gens d’aujourd’hui qui ont fait ça. Ils veulent qu’on se rappelle de l’histoire pour justement qu’elle ne se répète pas, et c’est ça qu’ils demandent, dans le fond, au pays de reconnaître.
C’est une bonne façon de le faire, puis ils ne veulent pas nécessairement qu’on porte cette honte, mais qu’on se sente visé par cette expérience.
Qu’est-ce que tu en as retiré?
Ça m’a permis de comprendre plus où commencer la réconciliation avec les Premières Nations. C’est une belle piste pour prendre conscience du passé, l’assumer et s’assurer de ne pas l’oublier. Ça fait partie de l’histoire du Canada.
C’est la deuxième fois que je le fais. La première fois, c’était il y a neuf ans et je n’avais pas encore d’enfants. Ça m’avait touchée à l’époque et vraiment troublée. C’était la première fois que je voyais autant l’histoire comme qu’est-ce qui s’est passé et les détails dans les différents rôles et à quel point ça devait être l’enfer pour eux autres. C’est sûr que ça m’a touchée encore plus maintenant. Je l’ai plus sentie comme mère. J’ai essayé de me mettre dans l’état d’esprit des Européens qui sont arrivés ici et qui ont fait ça.
IJL – L’Aurore boréale
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