le Jeudi 24 septembre 2026
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le Jeudi 24 septembre 2026 3:50 Éducation et jeunesse

30 ans d’engagements, de victoire et d’espoir

Luc Laferté, Lorraine Taillefer et Jeanne Beaudoin
Luc Laferté, Lorraine Taillefer et Jeanne Beaudoin

Trois personnes ayant participé au développement de la Commission scolaire francophone du Yukon fouillent dans leurs souvenirs pour raconter les grands moments de ce qui a mené tant d’enfants, aujourd’hui, à pouvoir bénéficier d’une éducation en français de première langue.

Jeanne Beaudoin

Photo : Archives A.B.

Jeanne Beaudoin, première présidente de la Commission scolaire francophone du Yukon, assermentée en 1995

Un souvenir des débuts de la CSFY?

Le travail qu’on a dû faire pour la création et l’aide qu’on a reçue. Il y avait des gens comme Gérard Lécuyer qui nous a aidés. On devrait lui être reconnaissant d’avoir accepté de travailler à un salaire communautaire. On avait des gens qui croyaient à ça.

Comme c’était un dossier chaud dans la francophonie canadienne, on a eu le soutien moral et les conseils de personnes qui avaient déjà établi la gestion scolaire dans leur province. On avait une belle équipe et de l’appui, mais ce n’était pas facile : il a fallu briser des barrières parce qu’à ce moment-là, le gouvernement n’était pas nécessairement favorable. Il fallait se battre, mais on était heureux que ça se soit produit.

Quelles sont les plus grandes victoires des 30 dernières années?

Avoir démontré que lorsqu’un service est disponible, on a des résultats : la croissance de la communauté, le fait que l’École Émilie-Tremblay soit remplie au maximum (au point de devoir l’agrandir), la création de l’école secondaire et la gestion des services à la petite enfance (la Garderie du petit cheval blanc) par la commission scolaire. Pour moi, c’est un gain plein de bon sens, parce que l’éducation s’inscrit dans une démarche continue. Le domaine de la petite enfance a longtemps été le parent pauvre du développement communautaire.

On a obtenu une gestion scolaire véritable et une plus grande indépendance vis-à-vis du ministère de l’Éducation. La création de l’école secondaire est une continuité logique : l’idée initiale était d’avoir notre école de la maternelle à la 12e année. Je suis fière d’avoir participé à cette aventure.

Souhaits et vision pour les 30 prochaines années?

J’aimerais voir un accès aux études postsecondaires en français plus facile qu’actuellement.

Lorraine Taillefer

Photo : Fournie

Lorraine Taillefer, ancienne directrice de la CSFY

Pour toi, les 30 ans de la commission scolaire, ça représente quoi?

Ça représente un travail et une détermination incroyables d’une communauté complète formidable et de plusieurs personnes qui ont cru. Ce personnes-là n’ont pas lâché et ont travaillé fort pour ce qu’elles savaient être important pour les élèves francophones au Yukon et les droits auxquels ces élèves-là avaient droit de se mériter.

Quelles sont les plus grandes victoires des 30 dernières années?

Toute l’idée du procès et du gain de la reconnaissance des droits pour l’obtention de l’école secondaire et d’autres programmes en français langue première ailleurs au Yukon, comme à Dawson en ce moment. Un des plus grands gains durant et suite au procès, c’était tout l’aspect du financement : la reconnaissance des fonds et des ententes bilatérales pour l’éducation en français langue première.

On est la troisième juridiction canadienne où il y a le plus de francophones par habitant au Canada, et la commission scolaire, avec les services qu’elle offre dans ses écoles, y est pour beaucoup.

Souhaits et vision pour les 30 prochaines années?

Il n’y a toujours pas de formule de financement pour tout le territoire, que ce soit du côté francophone ou anglophone. C’est un travail important qu’il y ait une formule de financement pour que les deux commissions scolaires qui existent présentement (francophone et Premières Nations) et les écoles qui relèvent directement du ministère de l’Éducation sachent à quoi s’attendre dans le financement qu’elles reçoivent et pourquoi elles le reçoivent.

Ce serait bon d’avoir des politiques spécifiques et claires qui permettent à toutes les personnes présentement en place ou à celles qui viendront dans le futur de ne pas refaire les mêmes erreurs. Il faut donc mettre des paroles sur papier pour s’assurer que ces gains ne se perdent pas.

Luc Laferté

Photo : Maryne Dumaine

Luc Laferté, employé de l’AFY pour le Bureau des parents francophones avant la création de la CSFY, puis a siégé pendant 16 ans comme commissaire

Pour toi, les 30 ans de la commission scolaire, ça représente quoi?

C’est une grande partie d’éducation. Beaucoup de Canadiens ne questionnent pas le fait de pouvoir avoir une éducation dans leur langue [officielle]. Pendant longtemps, le gouvernement nous disait « on sait ce qui est bon pour les francophones ». La commission scolaire, ça a permis de reprendre le contrôle, puis aussi de se tenir debout comme communauté, parce que les communautés, ça commence par l’éducation.

Un souvenir des débuts de la CSFY?

Au début, l’idée c’était de se demander ce que l’acquisition des dossiers voulait dire pour la gestion de l’école. Pour les finances, ça a pris des années avant de connaître les chiffres concrètement. On cherchait à savoir quels étaient réellement nos pouvoirs et ce qu’on devait laisser au ministère. Je me souviens aussi quand André Bourcier a mis sur la table le fait que, quand on abordait les coûts d’éducation, il fallait parler du coût global : les autobus scolaires, les programmes spécifiques, etc.Souhaits et vision pour les 30 prochaines années?

Ensuite, on demandait d’expliquer les choix. Et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé en cour. On demandait des explications, mais nous n’obtenions pas de réponses.

Quelles sont les plus grandes victoires des 30 dernières années?

Les programmes expérientiels et les programmes intégrés qui ont été instaurés dès les débuts de l’Académie Parhélie. Il y a maintenant beaucoup de beaux programmes. Un autre succès, c’est le succès de nos élèves en tant que tel.

Souhaits et vision pour les 30 prochaines années?

Le postsecondaire en français serait bien pour nos élèves. J’aimerais aussi que nos écoles se tournent un peu vers l’international, proposent des échanges scolaires, par exemple. Ce qui serait formidable aussi, ce serait de voir plus de nos élèves revenir au Yukon pour enseigner dans nos écoles.

IJL – L’Aurore boréale

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