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« Zoom » sur l’apprentissage du français en ligne

 

Maurine Forlin

 

La pandémie n’a pas épargné les cours de français langue seconde offerts par l’Association franco-yukonnaise (AFY), en collaboration avec la Direction des services en français (DSF). Ces deux dernières années, les classes se sont adaptées au gré des recommandations du gouvernement du Yukon. Tantôt sur la plateforme virtuelle Zoom, tantôt dans la salle de classe, la COVID-19 nous a appris à enseigner, à échanger et à apprendre autrement.

S’introduire à distance dans l’intimité de chacun et chacune, et accepter les interruptions inattendues sont des adaptations auxquelles les cours de français langue seconde sur la plateforme Zoom ont dû faire face ces deux dernières années.

 

Les trois dernières sessions de cours de français langue seconde pour adultes offerts en cours de jour et en cours du soir ont dû s’adapter aux aléas de la pandémie. La session d’automne qui vient de s’achever n’a pas échappé aux dernières recommandations du gouvernement et est passée du présentiel au virtuel en milieu de session.

Après près de deux ans de yoyo présentiel-virtuel, Stéphanie Bourret, gestionnaire Formation à l’Association franco-yukonnaise, se dit satisfaite de l’adaptation des cours de français langue seconde. Malgré les défis que cela représente, elle confirme qu’il est en effet « possible d’avoir un enseignement de qualité sur une plateforme de type Zoom. »

Des défis de chaque côté de l’écran

Valérie Valentin, l’une des instructrices des cours du soir lors de la dernière session, ne cache pas que « la transition a été un peu déstabilisante » : « Il a fallu sortir de notre zone de confort et de nos habitudes, explique-t-elle, mais une fois qu’on a trouvé nos marques, on découvre un autre type d’apprentissage et une autre relation avec les étudiantes et les étudiants ». Elle se dit satisfaite de la tournure qu’ont prise ses cours virtuels.

Les défis de la transition sont multiples. Le plus grand est certainement l’adaptation du contenu du cours, qui exige une certaine créativité et une certaine aisance avec les outils informatiques de la part du personnel enseignant. « Utiliser la plateforme Zoom comme un outil d’apprentissage, c’est différent de l’usage habituel, on a dû fournir du support aux instructeurs autant qu’aux apprenants », explique Stéphanie Bourret.

Du côté des apprenantes et des apprenants, le retour forcé à la maison ne simplifie pas toujours les choses. « Le point positif, explique Attinder Sadhu, étudiante au cours débutant 1, est de pouvoir assister au cours tout en étant confortablement installée dans mon canapé. Le point négatif est qu’il y a beaucoup plus de distractions à la maison que dans la classe. »

Un constat que dresse également l’apprenante Heidi Croucher. « Avec de jeunes enfants, c’est un défi de se lancer dans un cours en ligne sans interruption. Les classes en personne me donnaient aussi une occasion de sortir de la maison, ce que j’aimais bien », confie la jeune mère.

Consciente des enjeux, Valérie Valentin prend à cœur la responsabilité d’atteindre ses objectifs malgré tout : « Zoom crée une sorte de plexiglas entre nous et les apprenants, les échanges sont moins fluides, mais c’est à nous, en tant qu’instructeur, d’avoir une approche différente pour stimuler les apprenants. »

Une adaptation forcée, mais nécessaire

« La pandémie nous a forcés à nous moderniser et à découvrir l’enseignement en ligne. Avant, on ne faisait presque rien », explique Frédéric Trussart, gestionnaire par intérim Formation et évaluations linguistiques à la Direction des services en français.

Sur un territoire aussi vaste que le Yukon, pouvoir rejoindre toutes les communautés est un réel besoin auquel toutes les parties prenantes sont ravies de répondre. « Ça nous a forcés à faire un bond en avant et ça a développé des réflexes qu’on va garder au-delà de la pandémie, soutient Frédéric Trussart. Ça nous permet d’aller rejoindre et de rendre les choses accessibles aux gens en dehors de Whitehorse, et ça, c’est super! »

Stéphanie Bourret abonde dans le même sens : « Même avant la pandémie, on commençait déjà à se questionner à l’idée de faire une transition vers certains cours à distance. On voyait quand même beaucoup d’avantages à faire cette transition, notamment plus de flexibilité au niveau des horaires, et le fait d’atteindre des personnes dans les communautés. »

Le bilan de cette transition forcée est donc positif, même si les adaptations imprévues des derniers mois n’ont pas plu à tout le monde. L’offre de cours s’est étoffée et, à partir de la prochaine session, des options en présentiel et en virtuel seront offertes afin d’encourager l’apprentissage du français partout au territoire.

De manière plus générale, la pandémie a poussé les institutions postsecondaires canadiennes et internationales à étoffer leur offre de formations à distance. Cela ouvre de nombreuses portes aux personnes qui souhaitent étudier en français au Yukon. Un tournant dans l’histoire de l’éducation qui, selon Stéphanie Bourret, va donner lieu à une forme de révolution de la transmission des connaissances et de l’apprentissage dans les prochaines années.

 

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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