Accueil » Actualités » Une jeune activiste gwich’in reçoit le prestigieux prix du Patrimoine des rivières du Canada

Une jeune activiste gwich’in reçoit le prestigieux prix du Patrimoine des rivières du Canada

 

Nelly Guidici

 

Le 6 décembre 2021, Bobbi Rose Koe a reçu le prix du Patrimoine des rivières du Canada, lors d’une cérémonie au Centre culturel des Kwanlin Dün à Whitehorse. Ce prix est décerné tous les deux ans et salue l’influence profonde et durable de celle qui s’est engagée, dès l’âge de 15 ans, pour la sauvegarde du bassin fluvial de la rivière Peel au Yukon.

Bobbi Rose Koe a reçu le prestigieux prix du Patrimoine des rivières du Canada. Décerné tous les deux ans, le certificat remis lors de la cérémonie du 6 décembre 2021 a été traduit en langue gwich’in pour la première fois.

Originaire de Fort McPherson aux Territoires du Nord-Ouest, Bobbi Rose Koe, qui vit maintenant à Whitehorse, au Yukon, a déclaré être très surprise de recevoir ce prix.

« Je ne m’y attendais pas du tout, mais je me suis sentie reconnaissante et humble », indique-t-elle lors d’une entrevue.

C’est sa détermination à préserver et promouvoir les liens traditionnels de la nation Teetl’it Gwich’in au bassin de la rivière Peel qui lui ont permis de se démarquer parmi les six candidatures reçues. Co-créatrice du groupe Youth of the Peel (les jeunes de la Peel) en 2015, elle milite pour la protection durable du bassin depuis 2007.

Après 15 ans de consultations publiques et de recours judiciaires, la signature du plan final d’aménagement du bassin fluvial entre le gouvernement du Yukon et les chefs des Premières Nations Na-Cho Nyäk Dun, Tr’ondëk Hwëch’in et Vuntut Gwitchin en août 2019 a marqué un tournant dans l’affaire de la rivière Peel.

Ce plan autorise l’activité industrielle sur 17 % du territoire, tandis que 83 % est protégé contre toute activité minière ou pétrolière.
Pour l’un des membres du comité de sélection, Mike Etches, Bobbi Rose Koe est un véritable modèle pour la jeunesse autochtone : « Elle fait une différence significative sur la scène nationale et réussit à conserver et à célébrer le patrimoine fluvial au Canada. Elle est un modèle incroyable pour les jeunes. J’espère que la jeunesse sera inspirée par ce qu’elle a fait dans sa vie. »

Le directeur des relations externes au Musée canadien du canot à Peterborough, en Ontario, James Raffan, s’est dit impressionné par la carrière de Mme Koe et les liens culturels forts qu’elle a tissés avec la rivière Peel.

« J’ai été émerveillé par son lien avec le territoire, et elle travaille avec les jeunes. C’est une personne vraiment dévouée », pense-t-il.

Une reconnaissance de la jeunesse autochtone

En juin 2020, Bobbi Rose Koe s’est jointe à l’équipe du conseil d’administration de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) au Yukon. Selon le directeur général de l’organisme, Chris Rider, l’attribution de cette récompense à la jeune activiste « envoie un message puissant et marque la reconnaissance des actions incroyables de la jeunesse autochtone qui montre un dévouement extraordinaire à protéger des lieux qui ont une importance culturelle forte ».

Pour la première fois cette année, le certificat, remis lors de la cérémonie, a été traduit en langue gwich’in, en partenariat avec l’Institut culturel et social Gwich’in dont les bureaux se trouvent à Yellowknife, Fort McPherson et Tsiigehtchic aux Territoires du Nord-Ouest. C’est un geste symbolique pour M. Raffan, mais aussi « une avancée prometteuse et une reconnaissance » du savoir autochtone dans la conservation des rivières canadiennes.

 

Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des territoires : les journaux L’Aquilon, l’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *