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Un trio territorial au Arctic Circle 2022 du Groenland

Laurie Trottier

Un sommet du Arctic Circle a réuni pour la première fois les trois têtes dirigeantes des territoires canadiens à Nuuk, au Groenland, en août dernier. Le forum a été l’occasion d’aborder les enjeux de bien-être et de sécurité dans les communautés nordiques, mais surtout de rappeler l’importance de l’exploitation des minéraux critiques.

« Grâce à cet événement, nous avons pu mettre en lumière la vision d’un Arctique sûr partagée par nos territoires, de même que notre ambition d’investir dans les collectivités en vue de favoriser de meilleurs soins de santé, de meilleurs services d’éducation
et de créer des occasions économiques », ont déclaré communément les trois leaders
des territoires canadiens à propos du forum Arctic Circle de Nuuk, au Groenland. Photo : Gouvernement du Nunavut.

 

Environ 400 personnes déléguées de près de 30 pays on participé aux trois journées de discussions sur les questions relatives à l’Arctique dans le cadre du plus récent forum du Arctic Circle, réunissant le premier ministre yukonnais Sandy Silver, le premier ministre du Nunavut, P. J. Akeeagok, et la première ministre des Territoires du Nord-Ouest Caroline Cochrane. Cette année, les thèmes du climat, de la prospérité, de la géopolitique et du progrès étaient à l’honneur.

Miser sur les minéraux critiques

Les leaders canadiens en ont profité pour réitérer l’importance de l’exploitation des minéraux critiques sur leurs territoires. Ces minéraux essentiels à la fabrication de produits numériques, technologiques et énergétiques sont en forte demande mondialement par les pays désireux d’accélérer leur transition écologique.

« Nous avons abordé le rôle important que les minéraux essentiels que l’on trouve au nord du Canada et dans l’Arctique joueront dans la construction d’un avenir plus propre. Le monde se tourne vers le Nord pour trouver les ressources qui permettront de réduire la dépendance mondiale à l’égard de chaînes d’approvisionnement qui ne respectent pas les normes environnementales et sociales élevées que les pays et les consommateurs exigent », ont déclaré communément les trois leaders par voie de communiqué.

« Nous les avons, ces minéraux critiques, soutient le premier ministre Akeeagok, mais nous devons avoir plus d’infrastructures pour pouvoir nous développer dans ce secteur. C’est crucial. » Selon lui, les infrastructures manquantes au Nunavut, comme l’absence de routes jusqu’aux sites d’exploitation, nuisent à la compétitivité du territoire. « On se tourne trop souvent vers les provinces », lance-t-il.

L’Arctique se veut compétitif

Quelques jours avant le forum, la compagnie torontoise Neo Performance Materials annonçait d’ailleurs la signature d’une entente pour une exploitation des terres rares du Groenland. « Le projet abrite un gisement minéral enrichi en néodyme et en praséodyme, deux éléments essentiels aux aimants permanents de terres rares utilisés dans les véhicules électriques, les éoliennes et les moteurs et pompes électriques à haut rendement qui aident à réduire les émissions de gaz à effet de serre », soutient la compagnie par communiqué.

Le Canada a publié en 2021 une liste de 31 minéraux critiques essentiels à sa transition énergique. Selon les informations provenant des gouvernements territoriaux du Canada, le Yukon posséderait 25 de ces 31 minéraux, le Nunavut plus d’une vingtaine et les Territoires du Nord-Ouest, la moitié.

Ottawa souhaite depuis longtemps exploiter ce filon et a traduit cet intérêt en annonçant cette année 3,8 milliards de dollars sur huit ans pour la mise en œuvre de sa stratégie sur les minéraux critiques. « En gros, il n’y a pas de transition énergétique possible sans minéraux critiques », avance-t-on dans un document de travail de la stratégie.

On y mentionne que le succès de cette exploitation doit passer par « le respect des droits autochtones et des droits issus de traités, et sur la participation véritable, le partenariat et l’inclusion des Premières Nations, des Métis et des Inuits ».

Pour P. J. Akeeagok, l’importance de ces forums arctiques réside d’ailleurs dans le partage de bonnes pratiques. Selon lui, dans le domaine de l’exploitation minière, le travail et les intérêts des autochtones doivent être mis de l’avant.

 

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