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Un forum pour penser l’enseignement postsecondaire en français dans le Nord

Laurie Trottier

L’éducation postsecondaire en contexte francophone minoritaire sera sous la loupe des territoires dans le cadre du Forum citoyen du Nord, tenu virtuellement le 23 février prochain. Organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et d’autres organismes francophones, l’événement se concentra sur les enjeux de mobilité étudiante et d’accessibilité des programmes en français.

Selon Marguerite Tölgyesi, la popularité croissante des cours en ligne propose une avenue intéressante pour les finissantes et les finissants au Yukon, mais ne remplace pas l’expérience humaine de l’université. Photo : fournie.

Afin de faire la lumière sur l’état et l’avenir de l’éducation postsecondaire en français, la FCFA a lancé cette année des consultations aux quatre coins du Canada sous la forme de forums citoyens. Celui du Nord est organisé en partenariat avec l’Association franco-yukonnaise (AFY), l’Association des collèges et des universités de la francophonie canadienne et les organisations francophones au Nunavut et aux Territoires du Nord-Ouest.

Le Yukon sera représenté par deux panélistes lors du forum virtuel, soit Marguerite Tölgyesi, présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, et Marc Champagne, directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon.

« C’est une belle opportunité de sonder [l’opinion des gens] au niveau local pour connaître leurs besoins et ce qu’ils souhaitent avoir comme programmes et cours au Yukon. C’est un bon moment pour réfléchir aux défis et aux aspirations du postsecondaire en français », explique Stéphanie Bourret, gestionnaire de formation à l’AFY et une des organisatrices de l’événement.

Le résultat des discussions de ces forums citoyens sera présenté les 24 et 25 mars prochains dans le cadre du Sommet des états généraux sur le postsecondaire en contexte francophone minoritaire.

Autant de défis que de besoins

Pour Marc Champagne, il ne fait aucun doute que la poursuite des études postsecondaires en français représente des défis importants pour les élèves yukonnais. « La réalité pour nos élèves est que plusieurs vont quitter le territoire pour aller poursuivre leurs études ailleurs », souligne-t-il, l’Université du Yukon n’offrant pas pour l’instant des cours ou des programmes dans la langue de Molière.

Pour Marguerite Tölgyesi, ce défi est devenu une réalité. Celle-ci voulait absolument compléter l’entièreté de son baccalauréat en français et s’est donc tournée dans un premier temps vers l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick. D’autres programmes francophones sont bien implantés en Alberta et au Manitoba, mais moins connus, selon la présidente de la FJCF.

Selon Stéphanie Bourret, il s’agit d’un bon moment pour poursuivre les discussions à ce sujet. « La francophonie [au Yukon], elle est forte. On a des classes pleines et plusieurs classes d’immersion. J’ai l’impression qu’on offre aux enfants et aux jeunes la possibilité d’étudier en français, mais c’est moins présent et moins populaire au niveau postsecondaire », ajoute-t-elle.

Un article de Francopresse reprend d’ailleurs les chiffres chocs avancés par Mariève Forest, présidente et chercheuse principale de la firme de recherche sociale appliquée Sociopol, lors d’un atelier réalisé en début d’année par la FCFA. « En 2018 – 2019, il est raisonnable d’estimer que près de 30 000 francophones ont réalisé des études postsecondaires en anglais, notamment par manque d’accès aux études en français et par manque d’intérêt à l’égard des études en français », a-t-elle souligné lors de la discussion sur une égalité réelle du secteur postsecondaire en contexte francophone minoritaire au pays.

Le plein d’idées et de rêves

Les deux panélistes yukonnais affirment avoir très hâte d’entendre le point de vue des participants et participantes des autres territoires et de réfléchir à des idées de partenariats. Un objectif que poursuit aussi l’AFY, soutient Stéphanie Bourret : « On a déjà vu des initiatives panterritoriales au niveau de la santé ou de l’immigration. Ça va être intéressant de voir ce qui va ressortir du panel et les possibilités de projets en éducation. »

En ce qui concerne l’éducation postsecondaire au Yukon, la gestionnaire de formation s’attend entre autres à des discussions sur des cours de tronc commun (apprentissages obligatoires au sein de plusieurs programmes différents) qui pourraient être offerts en français à l’Université du Yukon. « C’est sûr que le but ultime, ce serait de pouvoir rester au Yukon et de faire les cours en français, et pas simplement à distance », ajoute-t-elle.

Selon Marc Champagne, un autre besoin est l’accès à des formations en éducation de la petite enfance au territoire pour les éducatrices et éducateurs, qui doivent présentement se rendre en Colombie-Britannique ou tout effectuer en ligne.

Ce qui presse, d’après Marguerite Tölgyesi, c’est de « faciliter la transition générale, entre le secondaire et le postsecondaire ». Celle-ci déplore la complexité du processus d’application dans d’autres régions – notamment au Québec – avec un diplôme bilingue.

La jeune Franco-Yukonnaise voit grand : « Moi, je rêve du jour où on va avoir un petit campus francophone ici, au Yukon, avec des cours en français et un espace de rencontre en personne », ajoute celle qui complète finalement son baccalauréat à distance avec l’Université Laval, à Québec.

Chose certaine, Marc Champagne a hâte d’entendre la voix des panélistes, mais aussi des élèves, du personnel enseignant et des parents qui se joindront à la rencontre virtuelle du 23 février afin d’ « identifier des actions concrètes à prendre ».

À ce sujet, la présidente de la FJCF invite les jeunes à venir donner leur opinion : « Si on veut plus d’options, il faut le dire. Personne ne peut deviner et personne ne peut le faire à notre place. »

Les inscriptions se font en ligne ou en passant par l’AFY.

 

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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