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Trois conseils pour débuter les sports de pagaie

Kelly Tabuteau

Les lacs dégèlent rapidement, annonçant l’ouverture de la saison de pagaie. Que ce soit dans un canot ou un kayak, ou bien sur une planche à pagaie, il est important de savoir maîtriser son embarcation, mais aussi de connaître quelques conseils de base pour pratiquer ces disciplines en toute sécurité.

Lia Hale est monté pour la première fois sur un canot quand elle avait neuf mois. Elle pagaie depuis qu’elle a quatre ans. On la voit ici sur la rivière Takhini. Crédit : Corinne Tétreault.

 

Avec ses nombreuses étendues d’eau turquoise et translucide, le Yukon appelle à la navigation. Il ne faut cependant pas minimiser les risques liés à la pratique des sports de pagaie.

Dans les cas extrêmes, ils peuvent mener à l’hypothermie ou à la noyade. Il est donc nécessaire de savoir quoi faire en cas de retournement, mais surtout quoi faire pour éviter de se retrouver dans une telle situation.

Suivre un cours

Marie-Claude Desroches-Maheux est arrivée au Yukon en août 2019. Si elle était déjà montée dans un canot avec sa famille ou ses amis au Québec, elle n’avait jamais appris à contrôler une embarcation. Début mai 2021, elle a décidé de suivre un cours d’introduction en eaux vives.

« Selon moi, c’était une nécessité. Je sais maintenant quoi faire et comment réagir devant telle ou telle situation, même si cela va me demander encore beaucoup de pratique. Le cours que j’ai fait n’était que le premier niveau, et je compte faire les suivants pour peaufiner ma technique », confie-t-elle.

Lia Hale, 15 ans, pagaie depuis qu’elle a quatre ans. À la fin du mois, elle donnera son premier cours de canot, en français, en tant qu’assistante. Elle aussi partage l’avis que les novices devraient se former avant d’aller seuls sur des lacs : « On y apprend les coups de base de pagaie, ainsi que quelques règles de sécurité. C’est grâce à une bonne technique et une bonne communication avec son partenaire que l’on trouve une façon de passer à côté des obstacles [roches ou branchages] », explique-t-elle.

« L’eau peut être impardonnable. Il est important d’apprendre auprès de personnes expertes dans l’enseignement de la pagaie », ajoute Trevor Braun, propriétaire de l’entreprise Yukan Canoe qui propose un cours d’introduction au canot en eaux vives, en français et réservé aux femmes, les 27, 28 et 29 mai. « Apprendre de la bonne façon peut épargner bien des soucis par la suite. »

S’entraîner

Une fois les bases acquises, il faut les consolider. Pour Lia Hale, cela commence par des entraînements sur des petits lacs, comme Chadburn, Ear ou Long, avant d’aller affronter des rivières au courant faible.

Marie-Claude Desroches-Maheux l’a bien compris et essayait de pagayer une fois par semaine après son initiation. Lors d’une de ces séances, tout ne s’est cependant pas passé comme prévu.

« C’était une chaude soirée de juin. Avec un ami, nous étions sur le lac Schwatka et avions décidé de remonter Miles Canyon. Nous l’avions déjà fait deux ou trois fois [et même pendant le cours] sans problème, mais ce jour-là, le courant était plus fort, et il y avait beaucoup de bateaux à moteur qui faisaient de grosses vagues dans le canyon. Nous nous sommes mis sur le côté, et quand nous avons voulu traverser la Eddy line [la limite entre les eaux lentes du bord des rivières et les eaux plus rapides], nous avons versé », indique-t-elle.

Dans un cas comme celui-ci, Lia Hale suggère de ne pas paniquer : « Il faut rester calme et s’assurer de tenir son bateau et sa pagaie, tout en essayant de nager jusqu’au bord, tout en évitant d’éventuels obstacles. Il faut sortir le plus vite de l’eau et retirer immédiatement les vêtements mouillés. »

Marie-Claude Desroches-Maheux se souvient du choc thermique, entre l’air chaud et l’eau glaciale : « Je n’étais plus capable de respirer, c’était paniquant, mais je savais que je devais rester calme. J’ai pu sortir de l’eau en montant sur une roche au bord du canyon alors que mon ami tenait le canot. Finalement un équipage qui s’entraînait pour la Yukon River Quest m’a récupérée et tout s’est bien terminé. »

Avec le recul, elle avoue être contente que cet incident lui soit arrivé : « Ce chavirement m’a sensibilisée sur les risques de l’eau froide et m’a un peu remis à ma place, en tant que débutante. »

Porter l’équipement adéquat

Le port d’une veste de flottaison est obligatoire au Yukon pour toute activité nautique. Certaines disposent de poches qui selon Marie-Claude Desroches-Maheux doivent être utilisées à bon escient : « J’avais une couverture de survie dans la mienne quand j’ai chaviré et ça m’a beaucoup aidée à rester au chaud en attendant d’être secourue. Ça pourrait aussi être utile d’avoir un mini-kit de premiers secours, un couteau, un briquet… si jamais on perd son canot, on peut au moins faire un feu. »

Selon Lia Hale, le meilleur moyen d’éviter une hypothermie est de porter une combinaison étanche. Bien qu’onéreuse, elle permet de porter des vêtements chauds en dessous, mais surtout de rester au sec en cas de chute dans l’eau. À défaut, un ensemble en néoprène peut aussi être bénéfique : de l’eau entre dans la combinaison, mais la chaleur que dégage le corps permet de réchauffer cette fine couche, limitant la sensation de froid.

Enfin, porter des chaussures fermées, même sur un lac, est fortement recommandé, car en cas de chute, elles protégeront les pieds de tout obstacle invisible. Le port du casque est quant à lui préconisé dès que l’on s’aventure en rivières.

Karine Bélanger et Sophie Gendron seront les instructrices principales du cours offert au mois de mai, et Lia Hale les assistera.

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