Accueil » À la une » Travail-famille : quand les frontières deviennent grandes ouvertes

Travail-famille : quand les frontières deviennent grandes ouvertes

Julien Latraverse

Adepte du télétravail depuis plus de trois ans, Marie-Claude Nault fait également l’école à la maison. Si cette nouvelle réalité que vont désormais connaître de nombreuses personnes paraît inconciliable, pour elle, le système fonctionne. Elle partage ici quelques trucs et astuces pour bien s’adapter.

Marie-Claude Nault allie école à la maison et télétravail à temps plein depuis plusieurs années. Selon elle, avec un peu d’organisation, il est possible de concilier les deux pour le bonheur de toute la famille.
Photo : Marie-Claude Nault

 

En cette période de confinement recommandé, travailler à la maison peut ressembler à un véritable casse-tête. Mais selon Marie-Claude Nault, préserver l’équilibre entre le travail et la vie à la maison est chose possible.

La clé pour s’adapter adéquatement à ce changement réside selon elle dans la « flexibilité ». « Il faut être prêt à changer sa routine », présente Marie-Claude Nault. Dans les faits, cela signifie qu’une routine devra être mise en place, mais sans nécessairement la « surplanifier », explique-t-elle. Une méthode qu’elle recommande : planifier des « blocs » d’une heure environ afin de structurer le déroulement de la journée. Ces plages horaires permettent de dresser un plan des tâches à faire, en plus de s’assurer que les enfants soient eux aussi occupés.

Établir son mode « marche » et « arrêt »

Marie-Claude Nault estime que le plus grand atout de cette planification consiste à bien délimiter les moments de travail de ceux reliés à la gestion familiale. Par exemple, « de 12 h à 13 h, on mange tous ensemble et je ferme mon cellulaire », témoigne-t-elle. Néanmoins, dès la fin du repas, le téléphone est rallumé et un autre « bloc » s’enchaîne et le travail peut ainsi recommencer.

De ce fait, l’utilisation du cellulaire professionnel est un des moyens de prédilection de Marie-Claude Nault afin de mieux distinguer ces périodes. « Dès que j’ouvre mon cellulaire à 9 h, je sais que mon travail peut commencer », souligne-t-elle. « Je le ferme uniquement pendant la pause dîner, et à la fin de la journée, à 17 h », ajoute-t-elle. Elle insiste sur cette méthode de travail pour éviter de rester accrochée à son travail et ses courriels. « Quand on reste toujours connecté, on perd la notion du temps et il est plus difficile de compter les heures qu’on a véritablement travaillé », conseille Mme Nault.

Ce conseil va de pair avec l’importance de bien distinguer son mode « marche » et « arrêt » au télétravail, soutient Marie-Claude Nault. Une bonne façon de s’y prendre, selon elle, réside dans des habitudes qui agissent en quelque sorte sur l’inconscient, par exemple délaisser le pyjama pour une tenue de travail. Un bureau situé à l’étage ou dans une pièce séparée de la maison peut aussi favoriser ce changement d’esprit, « comme si on se rendait physiquement au travail », expose Mme Nault.

Marie-Claude Nault rappelle de surcroît l’impact de ces petits comportements afin de préserver les frontières entre les tâches ménagères et son travail. « Il y a tellement de distraction à la maison. C’est important de bien séparer ses moments dans son horaire. » Dans le cas de Mme Nault, une brassée de lavage se fait à l’heure du dîner, lorsqu’elle est en « mode arrêt » du travail, ou à la fin de la journée. Mais jamais pendant ses blocs de temps de travail. « Sinon, on se sent vite inefficace dans toutes nos tâches. »

Conseil pour les familles

Gérer enfants, travail et vie de famille peut faire dresser les cheveux sur la tête de plusieurs parents. Cependant, Marie-Claude Nault se voit rassurante : « Ça a l’air titanesque, mais c’est plus simple qu’on le pense. »

En premier lieu, Mme Nault fait un retour au concept de « bloc » de temps. Ses plages horaires lui permettent de planifier sa journée et de signaler au reste de la maisonnée ses moments de travail. Lors de ses pauses, elle peut relancer ses enfants sur des activités diverses ou des projets personnels afin de les tenir occupés lorsqu’elle est à l’ouvrage. Par contre, elle met l’accent sur le besoin d’établir des limites claires pour ses enfants. « Quand le téléphone sonne pour le travail, ils savent qu’ils doivent rester tranquilles », raconte-t-elle. Bien sûr, il est impossible de ne pas assumer le rôle du « mauvais flic » de temps en temps, mais avec un peu de créativité, Marie-Claude Nault affirme installer ces règles de manière ludique et agréable. « Maintenant, quand la sonnerie du téléphone se fait entendre, ça devient presque un jeu. Tout le monde doit arrêter de faire du bruit dans la maison, un peu à la 1-2-3 soleil version télétravail », ajoute-t-elle.

Elle souligne par ailleurs l’accès foisonnant à de multiples ressources en ligne pour garder les enfants stimulés à la maison. Visite virtuelle d’un musée en ligne, documentaires, jeux interactifs sur alloprof.qc.ca sont autant d’outils intéressants. Mais il faut savoir doser le temps d’utilisation de l’écran pour ne pas se retrouver avec des « zombies », déclare-t-elle. Bien sûr, c’est un outil fiable, mais Marie-Claude Nault encense les bienfaits du plein air et de la créativité. « Il faut maintenir la balance jeu, créativité, activité à l’extérieur et éducation, comme les enfants le feraient à l’école », conclut-elle.

Travailler en tandem avec son conjoint ou sa conjointe, si tel est le cas, est un excellent moyen de répartir la charge des enfants. « Quand je travaille sur de gros dossiers, mon conjoint s’occupe des enfants et vice-versa », fait valoir Mme Nault.

Selon elle, la situation actuelle est par ailleurs un excellent moment de « retrouver une cellule familiale » où la conciliation « travail-enfants » est réalisable, pense Marie-Claude Nault. « L’équilibre est possible à trouver. Il nécessite toutefois une période d’adaptation, mais toute la famille s’en tirera gagnante », pense-t-elle avec résolution.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *