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Six stagiaires de Shawinigan!

Gabrielle Lizée-Prynne

Pour la deuxième année consécutive, la communauté de Whitehorse a accueilli six étudiantes en secrétariat et en comptabilité venues de l’Institut du Commerce de Shawinigan, au Québec. Dès le 9 mai, les Québécoises ont entrepris des stages de trois semaines au sein de divers organismes francophones du Yukon. L’Aurore boréale a rencontré Christian Tessier, coordonnateur du programme de stage, et Stéphanie Brodeur, responsable du département de secrétariat et de comptabilité de l’Institut.

Photo: Gabrielle Lizée-Prynne

Photo: Gabrielle Lizée-Prynne


Aurore boréale : En 2015, Whitehorse a accueilli trois stagiaires; cette année, elles sont au nombre de six. Comment expliquer cette hausse?

Christian Tessier : Le chiffre magique pour avoir une subvention du ministère de l’Éducation du Québec, qui promeut les stages, est de six élèves. En envoyant nos six étudiantes, on a ainsi reçu plus de subventions (que l’année précédente), ce qui fait que l’on peut aussi envoyer un ou deux professeurs pour superviser et accompagner les stagiaires. C’est donc une question de sous, mais aussi de permettre à plus d’élèves possible de participer à ces stages.

A. B. : Pourquoi envoyer des étudiantes de Shawinigan à Whitehorse?

C. T. : Et bien, c’est une longue histoire d’amour pour moi, puisque j’ai été enseignant ici pendant huit ans. Par ailleurs, un autre département à notre école offre aussi des stages, par exemple à Vancouver et en France. Donc, je me disais, où est-ce que nos élèves à nous pourraient aller qui serait un site extraordinaire et où j’ai des contacts qui pourraient nous donner un petit coup de pouce pour les accueillir? Et puisque je connais encore beaucoup de gens à Whitehorse qui travaillent dans le milieu de la francophonie, ça a facilité la tâche de lancer ce projet au Yukon.

A. B. : Qu’espérez-vous que les étudiantes retiennent de leur expérience de stage?

Stéphanie Brodeur : D’abord, on essaie vraiment que nos élèves soient immergées dans des familles anglophones puisque le milieu de stage est majoritairement francophone. Donc, le but c’est aussi d’en apprendre sur la culture de l’endroit et sur le côté historique. Shawinigan n’est pas un milieu très florissant, dans le sens que les entreprises sont en déclin et le taux de chômage est élevé. Ainsi, nos élèves n’ont pas vraiment la chance de voyager et pour certaines, surtout pour cinq de nos étudiantes, c’est un des premiers voyages de leur vie! Le fait qu’elles aient de l’enthousiasme à mener des campagnes de financement et d’arriver dans un milieu inconnu démontre aux employeurs qu’elles ont un sens de l’initiative vraiment développé, qualité très recherchée dans le métier. C’est une expérience de vie très intéressante pour nos étudiantes!

A. B. : Est-ce que les six stagiaires ont eu la chance de visiter le Yukon et de s’impliquer dans la communauté franco-yukonnaise?

C. T. : Absolument, ça fait partie des objectifs du stage, mis à part le stage professionnel en tant que tel. On explore tout le côté culturel et historique de la région, dont la Ruée vers l’or. Donc, on a visité Dawson, Skagway… Puis, dans les six milieux de stage, les étudiantes s’aperçoivent que le Yukon a beaucoup à offrir en français. Oui, elles doivent développer leur anglais de manière fonctionnelle pour leur stage, mais on veut qu’elles découvrent une communauté francophone excessivement dynamique et active. Et ça, elles s’en aperçoivent tous les jours, surtout qu’on est arrivés pendant le mois de la Journée de la francophonie yukonnaise!

A. B. : Quels sont vos plans futurs et vos souhaits pour ce programme de stage?

C. T. : On est en train de travailler à l’amélioration des stages parce que pour plusieurs des organismes, c’est une de leur première expérience d’accueil de stagiaires. Pour l’instant, on a six stages, il n’y en a pas des millions d’autres où on peut aller. Donc, c’est important de continuer le partenariat avec les placements pour consolider nos stages. Et on veut continuer à envoyer des élèves de notre école à Whitehorse pour qu’à l’Institut du Commerce de Shawinigan, le stage au Yukon devienne une marque de commerce et de distinction.

Vox pop : Un stage au Yukon?

Joanie Méthot (à la Direction des services en français)

Ce que je retiens le plus de mon expérience de travail, c’est que j’ai vraiment pu mettre en pratique ce que j’ai appris à l’école. J’ai surtout appris la discrétion sur certaines choses, puisqu’au gouvernement, il y a beaucoup de documents confidentiels, et de cibler ce que ton boss attend d’une adjointe administrative. Je trouve qu’être au Yukon, c’est vraiment différent de la vie au Québec, parce qu’ici les gens sont beaucoup plus relax, je trouve qu’ils sont plus terre à terre. J’ai vraiment aimé visiter Dawson, puisque j’aime beaucoup l’histoire et ça m’a captivée.

Stéphanie Normandin

(à l’Association franco-yukonnaise)

J’ai appris à travailler avec le public et la clientèle. À la réception du Centre de la francophonie, c’était génial, parce que les gens viennent justement pour avoir de l’information. L’ensemble de l’œuvre yukonnaise est géniale, on n’aura pas le temps de tout voir et ça me déçoit! Je pense que je suis un peu tombée en amour avec le Yukon, les gens sont vraiment chaleureux, on dirait que tu tombes dans un endroit magique. Ça me brasse dans la tête, je n’ai pas d’enfants ni de chum, donc, pourquoi je ne viendrais pas m’installer ici?

Lina Trudel

(à l’École Émilie-Tremblay)

Ce que j’ai le plus aimé, c’est travailler dans une commission scolaire et partager mes journées avec des enfants. Je ne m’attendais pas à créer autant de liens, et à prendre autant soin des enfants. On n’apprend pas ça en formation de secrétaire! Je ne pensais pas que la communauté francophone était aussi grande à Whitehorse, je ne m’attendais pas à aller à l’épicerie et entendre parler français. Ce que j’ai le plus apprécié au Yukon, c’est l’air pur et les animaux. J’ai vu des ours, un orignal, un aigle, des renards, des phoques, des mouflons, ça n’arrête pas!

Stéphanie Boisvert

(à la Commission scolaire francophone du Yukon)

J’ai appris que la langue anglaise est très importante. Avant mes cours en anglais, je savais dire yes, no, toaster! Maintenant, j’ai un anglais fonctionnel et je vois que si je veux monter les échelons, parler anglais devient un atout primordial. Arriver au Yukon a été une adaptation qui a été difficile pour moi, parce que je n’étais jamais sortie du Québec. Être loin de mes proches, parler en anglais, prendre l’avion, le train, le bateau! C’est des premières fois pour moi, donc je vis une gamme d’émotions en même temps.

Chantal Cossette

(à l’École élémentaire Whitehorse)

J’adore! J’ai découvert que si j’étais arrivée ici 20 ans plus tôt, je ne serais jamais repartie, mais j’ai une famille qui m’attend à Shawinigan. Je suis vraiment tombée en amour avec le Yukon, et le stage est venu confirmer que je veux travailler dans une école primaire avec des tout-petits. Moi, ce qui me frappe à Whitehorse, c’est que les gens sont tellement accueillants et gentils. C’est l’inverse de l’individualisme qu’on vit au Québec, ici tout le monde travaille ensemble et c’est plus communautaire. Les gens ont de vraies valeurs et vivent pour les vraies raisons!

Kim Richard

(à La garderie du petit cheval blanc)

Les gens sont très accueillants et chaleureux, ils sont prêts à t’aider, peu importe ce que tu leur demandes. J’ai beaucoup de mal à parler en anglais, mais la communauté est portée à m’aider et à offrir des outils et du soutien pour que ça aille mieux. J’ai vraiment été épatée, je m’attendais à plus d’anglais! Je le pratique quand même, mais puisque je travaille à La garderie du petit cheval blanc, presque tout se déroule en français. J’ai beaucoup aimé visiter Emerald Lake, c’est l’endroit que j’ai le plus aimé voir!


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