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Simplicité

Maryne Dumaine

Décroître. Le mot est beau, inusité, avec un certain cachet « tendance ».

Au Yukon, la simplicité se retrouve dans le quotidien. Photo : Maryne Dumaine

 

Pour ceux et celles d’entre vous qui ont la chance de tenir ce journal entre vos mains, vous l’aurez remarqué : nous avons abandonné le fini brillant du journal.

Dans un contexte où ce qui brille permet souvent de mieux vendre, ce choix paraît incongru.

Bien que le virage numérique soit inévitable, je maintiens que le journal imprimé reste au cœur du journalisme communautaire. Même si vous lisez cet éditorial en ligne, les chances sont très élevées que vous ayez quelque part une version imprimée qui traîne non loin de là. Ne serait-ce que pour y découper un coup d’œil ou un rapide à afficher sur un tableau de liège ou bien sûr, pour démarrer un feu dans le poêle à bois! Et en tant que fille d’imprimeur, il fallait bien que je me penche sur la question du papier, l’essence même d’un journal.

Alors si l’impression est incontournable, pourquoi donc abandonner le papier glacé? Quelle requête surprenante pour notre imprimeur! Habituellement, c’est plutôt l’inverse que ses clients lui demandent : plus de glacé, plus de brillant, du papier plus épais et plus blanc que blanc. « Blanc madame avec des mèches mauves qui écoute du Marc Dupré », dirait le youtubeur Arnaud Soly.

Pourquoi donc aller à contresens? Tout simplement parce que c’est meilleur pour l’environnement, pardi! « Parmi les alternatives, je crois beaucoup à l’idée de décroissance. […] Une résistance fondée sur l’autolimitation et la sobriété », lit-on dans le livre Graines de possibles, regards croisés sur l’écologie, de Pierre Rabhi et Nicolas Hulot. Abandonner le glacé, c’est faire un pas vers ce concept de sobriété volontaire. Et puis, avions-nous réellement besoin de faire briller davantage vos beaux sourires qui illuminent nos pages?

En plus, ce papier mat permet désormais de pouvoir utiliser l’intégralité du journal dans tous les poêles à bois. J’aurais donné beaucoup pour voir la tête de notre imprimeur quand je lui ai donné cette raison en premier lieu! Là aussi, le « blanc » qui a suivi ma requête était impressionnant! C’est vrai, c’est tannant de devoir séparer les feuilles de journal, n’est-ce pas? Les pages glacées encrassent les catalyseurs de poêles à bois, ne sont pas idéales dans le compost et polluent plus quand elles sont quand même brûlées. Mais attention, ce n’est pas une raison pour dévaliser les présentoirs des éditions en cours! Si vous avez besoin d’allume-feu, faites-nous signe, nous vous en offrirons.

Et si nous avions besoin d’une justification de plus, notons aussi que ce papier est moins lourd. Son transport a donc un impact environnemental amoindri (sachant que le journal vient d’abord jusqu’au Yukon, puis repart sur les routes jusqu’à vous). Bon, le journal n’est pas encore imprimé sur du papier recyclé. Ce sera sans aucun doute une prochaine étape à atteindre, le jour où ça existera au pays!

Tel que le festival Yukon Rendezvous l’a manifesté en « allégeant » son nom officiel, réduire, c’est peut-être un des mots qui riment le mieux avec avenir.

Commentaires (1)

  1. Hélène dit :

    Mais oui!! Superbe idée 🙂

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