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Simon d’Amours tourne sa caméra vers les changements climatiques

Kelly Tabuteau

Dans sa nouvelle série documentaire Comment ça va le Nord?, Simon D’Amours se penche sur les effets du réchauffement climatique dans le nord du Canada. Son équipe et lui vont à la rencontre de scientifiques et de personnes qui vivent de plein fouet ces changements climatiques.

Dans le premier épisode de Comment ça va le Nord?, diffusé le 29 avril, Simon D’Amours s’intéresse à l’assèchement de la rivière Ä’äy Chù du parc national et réserve de parc national de Kluane, situé au sud-ouest du Yukon, et à son impact sur la vallée. Photo : fournie.

 

Dès le début du premier épisode, Simon D’Amours donne le ton : « Savez-vous que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde? Que l’Arctique, trois fois plus vite? » Dans cette introduction, le producteur jette les bases de sa nouvelle série documentaire consacrée aux conséquences du réchauffement climatique, diffusée sur ICI Explora.

Si le premier épisode se veut technique – on y aborde notamment les tempêtes de poussière et leurs effets sur la faune, la flore et les humains –, la narration, vulgarisée, permet à tout le monde de cerner les enjeux mentionnés. La série aborde des thèmes variés, comme la fonte du pergélisol, les feux de forêt et l’évolution de la végétation en Arctique (verdissement, arbustification).

L’envie de comprendre

Depuis sa première série, Au cœur du Yukon, Simon D’Amours s’est spécialisé dans la production de documentaires dans le Grand Nord du Canada. Installé au territoire depuis 2010, il avait envie de comprendre le réchauffement climatique : « Je vois des différences depuis que je suis arrivé au Yukon : ça m’intriguait de savoir ce qui se passait, où est-ce qu’on s’en allait avec ça et s’il y a des affaires qui sont faites en conséquence. »

Accompagné de Joanie D. Gareau, réalisatrice, et d’Olivier Cheneval, directeur photo, Simon D’Amours est donc parti une nouvelle fois sur les routes du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest, afin de comprendre les phénomènes et les solutions qui se développent pour les contrer.

Il interroge autant des scientifiques que des habitants et habitantes qui subissent les conséquences de l’accélération du réchauffement climatique. « J’ai discuté avec le trappeur Roch Boivin. Il a remarqué bien des affaires, et cela a autant de valeurs qu’un scientifique qui débarque avec ses instruments. Ça fait 40 ans qu’il vit dans le bois : quand il te dit qu’il n’y a plus d’insectes et qu’il n’entend plus les oiseaux chanter, ça a de la valeur », confie le producteur.

L’exemple du glacier Kaskawulsh

Le premier épisode de Comment ça va le Nord? aborde l’un des phénomènes les plus connus du réchauffement climatique, car facilement observable : la fonte des glaciers.

L’épisode présente à ce sujet Katarina Welsch, coordonnatrice de l’interprétation pour Parcs Canada, qui commente le cas du glacier Kaskawulsh. « Au cours des cinquante dernières années, le glacier a perdu un kilomètre, explique-t-elle. En 2016, cela a conduit au détournement d’une rivière […] c’était la première fois que cela se produisait sur la planète. »

Les personnes interrogées précisent aussi les conséquences : la rivière Ä’äy Chù s’est asséchée, abaissant le niveau du lac Kluane de deux mètres, ce qui a des répercussions majeures pour les communautés autochtones. Par exemple, les pontons d’accès aux voies navigables ne sont plus utilisés, car ils sont dorénavant trop hauts. De plus, depuis 2016, la vallée Ä’äy Chù connaît des tempêtes de poussière plus intenses et plus fréquentes, ce qui pourrait nuire à la santé humaine, animale et végétale.

L’envie d’agir

La série documentaire se conclut sur une note d’espoir en présentant de nouveaux modes de vie mis en place par des personnes résidant au Yukon. Au-delà de la simple révélation des impacts du réchauffement climatique, la série tente au contraire de présenter les avancées en matière de solutions : « On présente ce sur quoi les scientifiques travaillent. Par exemple, comment garder le sol froid pour contrer la fonte du pergélisol », explique Simon D’Amours.

Diffusée sur ICI Explora depuis le 29 avril, la série compte cinq épisodes de 24 minutes. Cinq courtes capsules vidéo ont également été produites pour présenter les coulisses du tournage. Elles seront diffusées sur ICI Grand Nord.

La première saison étant à la hauteur de ses promesses, Radio-Canada, l’un des partenaires principaux de la production, a été conquis par le résultat et a d’ores et déjà commandé une deuxième saison.

 

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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