Accueil » Actualités » Pédaler pour la francophonie canadienne

Pédaler pour la francophonie canadienne

Kelly Tabuteau

Pédaler pour faire connaître la francophonie canadienne hors Québec, c’est le pari du Québécois Jacques Trondeau qui a donné son premier coup de pédale, le 18 mai dernier. De Whitehorse à St. John’s (Terre-Neuve), il ira à la rencontre des communautés francophones hors Québec.

Avant ce voyage, la plus grande distance parcourue par Jacques Trondeau était 1 525 kilomètres (Québec-Gaspé, aller-retour). Il est prêt pour un nouveau défi. Photo : fournie.

 

Sociologue de formation, Jacques Trondeau a commencé le cyclotourisme en 1990 et ne s’est jamais vraiment arrêté depuis. Pour son nouveau projet, la traversée du Canada d’ouest en est à vélo, il a décidé de joindre l’utile à l’agréable en se fixant des objectifs plus grands que lui-même.

Parcourir 8 500 kilomètres en quatre mois et en solo : c’est un défi physique et mental pour le retraité de 62 ans qui n’a jamais parcouru une aussi longue distance. Afin de conserver la motivation tout au long du trajet, il gardera à l’esprit les raisons plus profondes qui le poussent à entreprendre ce voyage.

Pédaler pour documenter

Informer sur la francophonie canadienne hors Québec, c’est bien là le but ultime du voyage. Si Jacques Trondeau a entrepris ce périple à vélo, c’est pour découvrir le Canada, mais pas seulement : « Mon impression est qu’au Québec nous avons une vision stéréotypée de la francophonie canadienne qui serait en déclin. Mais quand je regarde ce qui se fait ailleurs, cela me semble faux. »

L’homme monte donc en selle pour rencontrer les associations de défense et de promotion de la langue française du pays et brosser un portrait de la francophonie canadienne. C’est un sujet qui l’interpelle depuis longtemps : « Je me pose des questions du genre, comment les gens vivent-ils? Comment s’organisent-ils pour avoir des services en français? Quels défis rencontrent-ils? Je souhaite rencontrer les gens pour relater leurs réalités. Je trouve cela plus respectueux, car sans rencontre, on parle à leur place, et ce n’est pas l’idéal. »

En documentant les initiatives mises en place hors Québec, le Québécois espère conscientiser ses pairs et leur permettre de mieux connaître la francophonie du pays. « Je vais ramasser de l’information puis tenter de la partager dans la presse québécoise », explique-t-il. En contact avec les quotidiens Le Devoir, La Presse et Le Soleil, il prévoit publier les témoignages recueillis pour inspirer la Belle Province avec ce qui se passe ailleurs. Selon M. Trondeau, cela pourrait aiguiller les actions de défense et de promotion de la langue française mises en place par le Québec.

Place aux Premières Nations

En traversant un territoire et neuf provinces, Jacques Trondeau pédalera sur les terres ancestrales de plusieurs peuples autochtones et métis du Canada, une occasion rêvée d’en apprendre plus sur leur situation. Il confie vouloir comprendre leurs combats et leurs réalisations.

S’il ne sait pas encore la forme que prendra cette documentation, il assure cependant aborder cette thématique sur sa page Facebook où il relatera l’intégralité de son voyage.

Lever des fonds contre le décrochage scolaire

Son dernier objectif, mais pas le moindre, est de récolter des dons pour une cause qui lui tient à cœur : le soutien financier du retour aux études des mères monoparentales. Jacques Trondeau pédale pour la cause Maman va à l’école, un organisme québécois sans but lucratif ayant pour objectif d’aider les mères de famille monoparentale à obtenir un premier diplôme et à intégrer le marché du travail, tout en développant leurs habiletés parentales.

Au moment d’écrire ces lignes, la rédaction apprenait qu’il avait déjà récolté 1 000 $. « Mon objectif est d’amasser 1 $ pour chaque kilomètre parcouru. Si je récolte davantage, j’en serai plus qu’heureux », s’enthousiasme-t-il.

Pour lui, aider des mères monoparentales à terminer leurs études secondaires les prépare à soutenir leurs enfants dans leurs devoirs et leurs leçons, et ainsi à devenir des modèles de persévérance scolaire.

Jacques Trondeau est arrivé à Whitehorse le 16 mai. Dès le 17 mai, il était dans le bureau d’Isabelle Salesse, directrice générale de l’Association franco-yukonnaise, pour en apprendre davantage sur les francophones du territoire. Il a donné son premier coup de pédale le lendemain. Direction : St. John’s.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *