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Parapente : des zones d’atterrissage en péril au Yukon

Marie Mounier

Différentes zones d’atterrissage utilisées par les parapentistes sont menacées de disparaitre près de Whitehorse. L’Association yukonnaise de parapente et deltaplane se mobilise pour un sport en plein essor.

Avec 25 parapentistes enregistrés, le Yukon est le territoire avec le plus grand nombre de pilotes par habitant dans tout le Canada, un chiffre qui ne fait qu’augmenter. Photo : Association of Yukon Paragliding and Hang Gliding board

 

Afin de voler en parapente sans prendre de risque, il ne suffit pas d’avoir les conditions météorologiques idéales : cela nécessite aussi un espace pour atterrir en toute sécurité. Ce sont ces sites d’atterrissage que les amateurs et amatrices de parapentes craignent en ce moment de voir s’envoler, avec le temps.

Depuis trois ans, au Yukon, trois sites ont été menacés, et certains le sont encore : mont Sima, Haeckel Hill et White Mountain. Une mise en péril qui pourrait affecter l’envol d’un sport, dont les amateurs et amatrices se multiplient.

Tout comme le souligne Trevor Mead-Robins, président de l’Association yukonnaise de parapente et deltaplane et propriétaire de l’école Fly Yukon Paragliding : « Pour inciter les gens à voler et découvrir ce sport incroyable, nous avons besoin d’un espace d’apprentissage sécuritaire, mais aussi d’un espace sécuritaire de vol et d’atterrissage. »

La zone d’atterrissage de White Mountain amenée à disparaître

Alors qu’une trentaine de sites d’atterrissage sont répertoriés au Yukon, dont six proches de la ville de Whitehorse, ce sont pourtant certains des plus reconnus qui ont été mis en danger. Si celui de mont Sima a pu être protégé grâce à l’intervention de l’Association yukonnaise de parapente et deltaplane et même promu à un futur agrandissement, ce n’est pas le cas de celui de White Mountain.

En effet, la compagnie Tlingit Homeland Energy Limited Partnership (THELP) souhaite construire une ligne de transmission de 42 kilomètres allant de Jake Corner à la frontière de la Colombie-Britannique. Une installation qui empêcherait alors les parapentistes d’utiliser la zone d’atterrissage de White Mountain, pourtant répertoriée sur les sites officiels de parapente depuis plus d’une décennie.

Depuis le 30 décembre 2020, le projet est ouvert aux commentaires sur le registre en ligne de l’Office d’évaluation environnementale et socioéconomique du Yukon : yesabregistry.ca/. On peut y lire l’inquiétude de Fly Yukon Paragliding : « La zone d’atterrissage sera coupée et il n’y aura aucun moyen sûr d’approcher sans risque de blessure ou de mort. »

L’association souhaite que des solutions soient mises en place afin de préserver le site. « Nous espérons que le gouvernement va aider à trouver un financement afin d’enterrer une partie de la ligne », déclare d’ailleurs son président.

Le projet n’ayant pas encore été validé, THELP n’a donc pas souhaité répondre aux questions de l’Aurore boréale.

Préserver la pratique du parapente dans le territoire

Pour Trevor Mead-Robins, le parapente n’est pas qu’un simple passe-temps, mais une véritable passion. Il consacre une grande partie de son temps libre à tenter de protéger les espaces de décollage et d’atterrissage.

Après avoir sauvé le site de mont Sima et s’être mobilisé pour celui de White Mountain, l’organisme souhaite renouveler le bail de la zone d’atterrissage de Haeckel Hill, afin de ne pas voir celui-ci disparaître. « Nous travaillons avec le ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources afin d’obtenir des permis récréatifs des zones que nous utilisons afin d’être au moins tenus au courant en cas de développement », explique le parapentiste.

Une mobilisation qui ne se fait pas sans la sensibilisation de la population yukonnaise : « C’est important de sensibiliser les gens afin de préserver aussi notre sécurité, de ne pas être mis en danger au moment de l’atterrissage », souligne Yannick Klein, grand amateur de parapente au territoire.

Le parapente n’est pas seulement un sport ou un divertissement, il est aussi une nouvelle façon de découvrir le territoire depuis le ciel ; mais encore faut-il pouvoir en revenir.

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale

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