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L’hébergement alternatif gagne en popularité au Yukon

Émylie Thibeault-Maloney

Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler des mini maisons (ou tiny houses), un mode d’hébergement qui, quoique marginal à ses débuts, est rapidement devenu un véritable phénomène. Il est vrai que le fait de devenir propriétaire sans avoir à rembourser une hypothèque pour le restant de ses jours peut sembler alléchant. D’autant plus qu’au Yukon, les maisons ne sont pas données. Or, la conception et la construction dans le Nord ont un prix — et demandent un certain savoir-faire. Quelles sont les solutions?

Mini maisons : moins d’espace, moins de dépenses

Mesurant généralement moins de 1 000 pieds carrés, les mini maisons – et le mode de vie qui vient forcément avec – s’inscrivent dans un processus de simplicité volontaire. Exit le superflu. À l’intérieur, chaque centimètre est compté et utilisé à bon escient.

L’entrepreneur Laird Herbert est d’avis que les mini maisons sont une solution de logement plus accessible que le marché hypothécaire traditionnel. Selon lui, le commun des travailleurs ne peut envisager de devenir propriétaire, à moins d’avoir réussi à économiser beaucoup d’argent et d’être prêt à s’endetter pour de longues années. Basée au Yukon, sa compagnie Leaf House se spécialise dans la conception et la construction de mini maisons. « Le fait de pouvoir faire le travail soi-même est très gratifiant et libérateur. C’est devenu difficile de construire sa propre maison, à moins d’avoir des habiletés particulières. Même si les inspecteurs ne sont pas vendus d’avance, pour moi, c’est ce qui fait que la tendance des mini maisons est unique et intéressante. »

Toutefois, la construction de mini maisons dans le Nord peut s’avérer un défi particulièrement difficile à relever, notamment en raison du prix élevé et du manque de diversité des matériaux. « Le mouvement des mini maisons est génial, mais il ne règle malheureusement pas la question du prix des terrains. Je rêve de voir naître une communauté de mini maisons au Yukon un jour », ajoute M. Herbert.

La yourte de Traveling Light à Cowley Lake. Un mode de logement « à la fois simple et confortable », selon la propriétaire, Amanda Mouchet. Photo: fournie

La yourte de Traveling Light à Cowley Lake. Un mode de logement « à la fois simple et confortable », selon la propriétaire, Amanda Mouchet. Photo: fournie

 

Les yourtes mongoles : une solution toute prête

En plus d’être bien isolée, la yourte, le mode d’hébergement traditionnel des nomades de Mongolie, a l’avantage de pouvoir se monter ou se démonter en quelques heures. Amanda Mouchet vit à Cowley Lake, à moins d’une demi-heure de route de Whitehorse. Depuis quelques années, elle gère son entreprise Traveling Light, un « couette et café » pas comme les autres. Si les invités ont accès à la maison pour venir y prendre une douche ou le petit-déjeuner, ils ne passent pas la nuit dans une chambre ordinaire, mais dans une yourte posée face à un décor de carte postale.

À l’intérieur, on se sent presque comme dans un sanctuaire. Fabriquée à la main, la yourte incite à la relaxation et au recueillement. « Il s’agit d’un mode de logement à la fois simple et confortable », explique Mme Mouchet. « Les matériaux sont naturels, et la yourte peut être déplacée au besoin. La forme ronde est très calmante et les invités ont tendance à dormir longtemps. D’un point de vue économique, une yourte est beaucoup plus abordable que les matériaux pour construire une cabane ou une mini maison », ajoute-t-elle.

Pour en savoir plus

Du 18 au 20 mars prochains aura lieu une formation sur le processus complet de conception et de construction de mini maisons adaptées au climat nordique. Cet atelier aura lieu au centre communautaire du Mont Lorne, et l’inscription coûte 250 $. On peut s’informer auprès de l’entreprise locale Leaf House (tinyhousing.ca).


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