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Les contours de l’isolement

Laurie Trottier

L’espace est confiné ou infiniment grand, mais la solitude est commune, du centre-ville de Toronto à celui de Whitehorse. Voilà le paradoxe qu’ont exploré Marie-Hélène Comeau et Jungle Ling, artistes multidisciplinaires du collectif Tuoraf, au cours des deux dernières années. Le fruit de leur travail sera exposé à la galerie de la coopérative Yukon Artists at Work à partir du 2 septembre.

Marie-Hélène Comeau sait que ses toiles résonneront aussi avec plusieurs autres artistes, qui ont aussi eu de la difficulté à créer durant la pandémie. Plus encore, l’art relationnel, qu’elle pratique depuis plusieurs années, était à l’arrêt complet depuis l’arrivée du virus, bouleversant le travail de l’artiste. Photo : Laurie Trottier.

 

Le salon de Marie-Hélène Comeau regorge de toiles, de matériel pour la peinture acrylique et l’aquarelle et de traces de couleurs vives, à deux semaines du lancement de l’exposition.

« Depuis quelques années, nous avons un collectif d’art et nous nous réunissons pour faire des projets. Avant la pandémie, c’était beaucoup de l’art relationnel, où l’on invite les gens à participer, c’est-à-dire que le spectateur entre en relation avec l’art et l’artiste. Ce n’est pas juste une peinture sur un mur : il y a une interaction », explique Marie-Hélène Comeau. Sans surprise, la pandémie en a décidé autrement.

« L’art relationnel, dans un contexte pandémique, ce n’était plus possible. On a dû faire une pause », précise l’artiste franco-yukonnaise. Lorsque l’occasion de présenter une exposition à la galerie Yukon Artists at Work s’est présentée, cette dernière l’a saisie : « On s’est dit pourquoi ne pas faire une expo autour de ces deux dernières années et comment on les a vécues », précise l’artiste, actuellement à Montréal.

Quatre murs aux antipodes

Jungle Ling, lui, a cohabité avec le virus au centre-ville de Toronto. Les différences entre les expériences imprègnent les toiles du collectif.

Inspirée de la dichotomie entre l’espace plus grand que nature du territoire et les règles du confinement, la Franco-Yukonnaise a utilisé l’acrylique sur des supports en bois. « J’ai exploré le fait d’être pris dans nos maisons, alors qu’on vit au Yukon dans un territoire tellement vaste, précise-t-elle. On voit beaucoup de gens avec une petite maison. Ils se trouvent trop grands pour leurs maisons. » Elle espère que le public se retrouvera dans certaines de ses toiles.

Jungle Ling brosse un portrait différent. Habitué à prendre pour modèle les passants et à dessiner dans son carnet des scènes de la vie quotidienne, le confinement a fortement influencé le travail de l’artiste multidisciplinaire. Son inspiration est venue des dessins qu’il a accumulés dans son carnet de croquis au cours de ces mois hors du commun. Il sera possible de voir les toiles à l’acrylique de l’artiste ainsi que ses croquis originaux, affichés côte à côte.

La force du collectif

Il s’agira de la première exposition dans ce genre du collectif Tuoraf, composé de Marie-Hélène Comeau et de Jungle Ling. Le couple a souvent travaillé ensemble dans les quinze dernières années et, selon Marie-Hélène Comeau, leur force réside dans leurs différences. « Vu qu’on n’a pas les mêmes forces, ça nous amène à aller plus loin. » Selon elle, la capacité de Jungle Ling à être un valet de tous les métiers représente sa plus grande habileté. « Le 3D, ou patenter des affaires, ce n’est pas un obstacle pour lui », dit-elle en riant.

Il est possible de découvrir l’exposition tout au long du mois de septembre, à la galerie de Yukon Artist at Work, sur la 4e Avenue, à Whitehorse.

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