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Le « vrai prix » de nos garde-robes

Maryne Dumaine

Entre les excès alimentaires de l’Action de grâce, la course aux costumes de l’Halloween et les listes de cadeaux pour les Fêtes de fin d’année, la semaine de réduction des déchets apporte un vent de réflexion sur nos habitudes d’achat. Elle rappelle que le prix de notre consommation n’est pas seulement celui indiqué sur l’étiquette.

La friperie communautaire a ouvert ses portes il y a trois ans et génère désormais assez de profit pour pouvoir offrir des subventions aux autres organisations, a annoncé la présidente, Joie Quarton. Le magasin est situé sur la 4e avenue, en face de la station Tag’s. Photo : Maryne Dumaine.

 

 

 

La Semaine canadienne de réduction des déchets s’est tenue du 18 au 24 octobre derniers. Durant cette semaine annuelle de sensibilisation, chaque journée de la semaine porte un thème. Le mardi 19 octobre était dédié à la consommation des textiles.

Les vêtements deviennent des déchets

En 2018, une étude estimait que 90 000 à 140 000 kilos de textiles réutilisables se retrouvaient dans la décharge de la Ville de Whitehorse chaque année. Depuis, des solutions ont été mises en place dans le but de réduire cet impact environnemental. Ainsi, de 2017 à 2020, à l’échelle territoriale, il est estimé que 165 000 kg de vêtements ont été recyclés au lieu d’atteindre les dépotoirs.

« On peut encore faire mieux », ont déclaré Joie Quarton, présidente de la Société des magasins d’aubaines communautaires de Whitehorse (Whitehorse Community Thrift Store Society) et Dan Curtis, maire sortant de la Ville de Whitehorse, lors de la conférence de presse du lancement de la campagne « Le coût des vêtements ».

Lors de cette conférence, les discours ont été éloquents : « Pour fabriquer un T-shirt en coton, il faut près de 2 700 litres d’eau!, s’est écrié Dan Curtis. Ne dit-on pas que l’eau est le nouveau pétrole? », a-t-il ajouté en interpellant à la volée les candidat.e.s à son poste. Ce chiffre en effet a de quoi rassasier la soif de statistiques, puisqu’il correspond au besoin en eau potable d’une personne moyenne pendant deux ans et demi.

L’intention de cette campagne est de sensibiliser la population aux coûts environnementaux de nos habitudes vestimentaires, tout en mettant en perspective ce que nous pouvons faire pour réduire notre consommation, nous vêtir de manière plus durable et réduire ainsi la quantité de textiles qui finit dans les décharges.

Le fast-fashion sur la sellette

La « mode rapide » basée sur des saisons et des changements continuels de garde-robes continue de stimuler la production de vêtements. La campagne propose d’adopter une approche différente de la mode et encourage la communauté à « porter le changement ».

En moyenne chaque année en Amérique du Nord, chaque individu jette 34 kg de textiles et environ 12 millions de tonnes de déchets textiles se retrouvent dans des décharges. Seuls 13 % des textiles sont recyclés, la plupart étant sous-cyclés en matériaux isolants ou en pâte à papier. En fait, seulement moins de 1 % des textiles placés dans les bacs de recyclage sont convertis en nouveaux vêtements, le reste étant considéré, à tort, comme des déchets.

Selon les statistiques fournies par l’organisme, seules 15 % des personnes recyclent leurs vêtements. « Plus nos vêtements sont recyclés et réutilisés, plus nous augmentons le réacheminement des déchets et plus nous nous rapprochons du zéro déchet », est-il ajouté dans la longue liste de statistiques. Si 95 % des textiles usagés peuvent être recyclés, 85 % d’entre eux atterrissent à la poubelle.

Quelles pistes de solution?

Selon les porte-parole de la campagne, la solution commence non pas par le recyclage, mais par la façon de repenser notre consommation (rethink) et par la réutilisation (reuse). « Commencez par acheter moins et lorsque vous faites des achats de vêtements neufs, évaluez ce que vous porterez réellement et ce qui durera », a indiqué Joie Quarton.

Vient ensuite la possibilité de recycler, notamment grâce à la presse à balles pour textiles dont le Yukon s’est doté en mars 2020. « Je ne peux pas croire que notre petite population yukonnaise, à elle seule, envoie dans le sud 83 de ces balles de vêtements par année! », a lancé la présidente de la Société des magasins d’aubaines communautaires de Whitehorse en désignant la balle de vêtement placée derrière elle pour l’occasion.

Plusieurs initiatives existent au Yukon pour permettre d’éviter de mettre nos vêtements au rebut. Les cafés-réparation peuvent notamment permettre d’apprendre à réparer les vêtements (ou les objets) au lieu de les jeter.

Les comptoirs communautaires des dépotoirs sont aussi une alternative pour trouver des vêtements « nouveaux pour soi ». « Nous n’avons pas encore de contact avec les dépotoirs des communautés, mais ce serait une bonne idée de travailler avec eux », a indiqué Mme Quarton.

Recycler les costumes d’Halloween

Les échanges de vêtements sont une autre possibilité de réintégrer un vêtement dans un nouveau cycle de consommation. L’organisme Les essentielles propose d’ailleurs en cette période pré-Halloween un échange de costumes pour femmes et enfants, et ce, jusqu’au 29 octobre.

« Nous avons aussi en permanence des vêtements pour enfants et de maternité. C’est très populaire, nous avons des mamans qui viennent très souvent pour apporter des choses ou juste pour « magasiner », témoigne Laurence Rivard, la nouvelle directrice de l’organisme.

Pour plus d’information au sujet de la campagne et pour découvrir les activités organisées par la Société des magasins d’aubaines : facebook.com/Love2ThriftYukon

 


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