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Le journalisme environnemental aux portes de la Norvège

Laurie Trottier

Photo : fournie.

 

En juin dernier, j’ai eu la chance de participer à une semaine intensive de formation organisée par Nordic Bridges en Norvège. Difficile de résumer en détail tous les apprentissages!

Les autres récipiendaires de la bourse nordique-canadienne en journalisme environnemental et moi avons pu assister à des conférences et rencontrer des personnes expertes en étude du changement climatique et en couverture journalistique du phénomène. Puis, nous avons pris part à des ateliers pour peaufiner nos techniques d’entrevues radio et de vidéojournalisme afin d’améliorer notre couverture terrain.

Des interrogations pertinentes ont été soulevées tout au long du voyage : quels sont les impacts du changement climatique en Arctique? Comment faciliter l’inclusion du savoir traditionnel autochtone dans la recherche scientifique? Comment adapter nos pratiques journalistiques lorsque nous sommes de passage dans des communautés autochtones? Mais surtout : comment adapter et améliorer notre couverture de la crise climatique?

Je repars la tête pleine de pistes à explorer et de rencontres fabuleuses. Avoir la chance de visiter Tromsø, une ville norvégienne encore plus au nord qu’Old Crow (!!) a été une opportunité autant unique qu’incroyable. « Peu importe où je pose mes yeux, je constate des changements », a notamment déclaré Kim Holmen, directeur du Norwegian Polar Institute, dans une conférence sur les changements climatiques en Arctique au Fram Centre.

Forcément, cette semaine intensive m’a permis d’établir des parallèles entre l’Arctique canadien et européen, comme la visibilité des changements climatiques et ses impacts sur la migration des animaux. J’ai également constaté quelques différences. Par exemple, on ne compte qu’environ 50 000 personnes autochtones en Norvège, pour 5,3 millions d’habitants (1 %), comparé à 1,67 million de personnes autochtones au Canada sur une population totale de 38 millions (4,4 %).

Malgré cela, l’inclusion du savoir traditionnel semble être un objectif tant dans les milieux scientifiques yukonnais que norvégiens. Les ressemblances étaient nombreuses, surtout quant au désir des journalistes d’attirer l’attention du lectorat sur le changement climatique, de mieux couvrir les soulèvements populaires et d’éviter de tomber dans le piège des fausses nouvelles.

Seul bémol de l’aventure? L’impact environnemental, ironiquement! En comptant l’aller et le retour de cette expérience enrichissante, j’ai effectué huit vols d’avion. Mes collègues d’Islande, du Danemark ou de la Hollande n’ont pas eu autant besoin de déplacements, mais reste que nous avons fait le choix de nous réunir en personne pour cette semaine intensive de formation sur… le journalisme environnemental.

Si je m’estime incroyablement chanceuse d’avoir eu la possibilité d’apprendre autant en compagnie de personnes extraordinaires, je garde en tête mon propre impact. La carboneutralité des voyages, comme la neutralité journalistique absolue, relève-t-elle davantage d’un beau concept que d’unréel objectif?

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