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L’art de William Yaxkasei Callaghan à jamais gravé dans les mémoires

Laurie Trottier

Dans le lobby du Centre des arts du Yukon, le nouveau totem s’élevant presque jusqu’au plafond ne passe pas inaperçu. L’œuvre qui a pris plus de deux ans à être complétée souligne la mémoire de l’artiste William Yaxkasei Callaghan, de la Première Nation de Teslin-Tlingit, décédé en 2016.

 

« Mes plus grandes inspirations dans ce domaine de l’art sont les artistes de l’époque sans électricité. J’admire la patience dont ces artistes ont fait preuve pour terminer leurs créations sans le luxe des outils dont nous disposons aujourd’hui », a affirmé William Callaghan, selon la citation sur le site Internet de Northern Cultural Expressions Society. Photo : Mike Thomas/Centre des arts du Yukon.

S’assurer que le totem jouisse d’une place centrale au Centre des arts du Yukon était un vœu de la famille de William Callaghan, selon la directrice de la programmation Michele Emslie. « C’est une place qui a accueilli ses arts et aussi une place où il a dansé », ajoute-t-elle.

L’artiste né en 1983 était un sculpteur, danseur et graphiste qui a laissé sa marque au sein de la communauté artistique yukonnaise. « C’est un grand honneur de pouvoir montrer ce totem. Plusieurs membres du personnel connaissaient bien William et l’ont vu progresser. Quand la famille nous a fait la demande, c’était évident pour nous », poursuit la directrice de programmation.

Plusieurs artistes ont pris part à la sculpture du totem, soit Calvin Morberg, Duran Henry, Justin Smith, Yuya Morishima, Colin Teramura, Joshua Lesage et Owen Munroe, de Northern Cultural Expressions Society, une organisation à but non lucratif qui vise à aider les jeunes à progresser dans leur carrière artistique en leur offrant des opportunités professionnelles.

Une carrière gravée à jamais au Yukon

William Callaghan était d’ailleurs impliqué au sein de l’organisation Northern Cultural Expressions Society depuis déjà quelques années. Sa page biographique figure toujours sur le site Internet : « Apprendre constamment de nouvelles façons de créer est une merveilleuse façon de progresser. La connaissance est comme une bougie avec une quantité illimitée de cire et une mèche éternelle. Lorsqu’elle est allumée, la lumière brûle toujours, même lorsqu’il fait noir », souligne l’artiste sur cette page.

Celui-ci a commencé à sculpter à 19 ans et a pu compter sur l’expérience de plusieurs professeurs pour se développer et a notamment collaboré avec l’artiste Eugene Alfred pour la réalisation d’un masque d’ours.

Son nom Tlingit, Yaxkasei, signifie « peut voir très loin », et c’était le cas dans son art. « C’était un artiste exceptionnel qui intégrait des éléments de la culture tlingit au sein de ses créations », ajoute Michele Emslie.

Il était également un danseur hors pair, faisant partie des Dakhká Khwáan et s’étant produit partout à travers le Canada et les États-Unis.

L’exposition de quelques-unes de ses œuvres était hébergée au Centre des arts du Yukon jusqu’au 29 octobre dernier. Il était possible d’y voir ses tableaux, ses masques et d’autres objets qu’il a sculptés.

Une cérémonie émouvante

Le 25 septembre dernier, le Centre des arts du Yukon a organisé une cérémonie pour le dévoilement du totem. « Sa famille, ses ami.e.s et ses collègues danseurs étaient réunie.e.s. C’était très émouvant », raconte Michele Emslie.

La cérémonie a eu lieu tout en danse, en chanson et en conte, fidèle à la tradition Teslin-Tlingit et aux intérêts artistiques de William Callaghan.

Plus tôt, sa famille avait publié un hommage à son honneur, désignant l’artiste comme un enfant « magnifique, aventureux, incroyable [et] aimant ». Au Centre des arts du Yukon, le totem est là pour rester et continuera d’inspirer les artistes de la relève à perfectionner l’art de la sculpture, beau temps, mauvais temps.

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