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La création d’une Direction de l’éducation pour les Premières Nations redonne l’espoir d’une scolarité plus inclusive

Marie Mounier

Le Conseil des Premières Nations du Yukon a annoncé la mise en place d’une direction indépendante pour l’éducation des Premières Nations du Yukon, dans le but d’obtenir une meilleure gestion du cursus scolaire de ses élèves autochtones.

Shadelle Chambers, directrice exécutive du CYFN, Grand Chef du CYFN Peter Johnston, Chef Dana Tizya Tramm (VGFN) et Melanie Bennett, directrice de YFNED.
Photo fournie

 

C’est le Comité des chefs sur l’éducation qui est à l’origine de la création de la Direction de l’éducation pour les Premières Nations (YFNED). Après des années de pourparlers sans véritable évolution quant aux programmes scolaires concernant les Premières Nations, un besoin de changement drastique se faisait sentir chez la communauté et ses représentants.

« Le Comité des chefs sur l’éducation a souhaité avoir sa propre organisation, dirigée par des autochtones et pensée pour des autochtones, afin d’apporter une plateforme plus stable pour les élèves », explique Melanie Bennett, directrice générale de la YFNED.

L’objectif est de donner aux jeunes issus des Premières Nations l’accès à un programme scolaire qui reflétera véritablement leur culture, tout en leur donnant les occasions nécessaires pour réussir. Une évolution que la YFNED souhaite apporter aux écoles publiques, mais aussi à celles des Premières Nations.

S’inspirer de la commission scolaire francophone

Si le projet d’une Commission scolaire des Premières Nations est en discussion depuis de nombreuses années, c’est maintenant un des objectifs principaux de la nouvelle direction. « Nous sommes actuellement en négociations finales avec le gouvernement du Yukon pour la création d’une commission scolaire. Nous pourrons ensuite avancer dans son implantation », précise Mme Bennett.

Le projet est d’ailleurs inspiré du succès de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY). Pour affirmer son soutien à la communauté des Premières Nations, celle-ci a décidé de partager certaines informations importantes avec la YFNED afin de l’appuyer dans ses démarches. Plusieurs documents ont notamment été partagés, dont certains expliquant le travail annuel effectué par la CSFY, et d’autres relatant ses propres négociations quant à la pleine gestion scolaire francophone au Yukon.

« Une commission scolaire est une institution porteuse de sens pour la communauté et pour les jeunes de cette communauté. C’est pourquoi la CSFY est très heureuse pour les Premières Nations du Yukon de cette initiative », souligne Jean-Sébastien Blais, président de la CSFY. Il considère aussi positivement l’éventuelle création d’une commission scolaire pour les Premières Nations du territoire.

Un sentiment partagé par la ministre de l’Éducation, Tracy-Anne McPhee : « Une commission scolaire apporterait aux Premières Nations du Yukon un meilleur contrôle, une meilleure autorité et une plus grande responsabilité sur l’éducation de leurs citoyens. »

Des changements tant attendus

C’est en 1973, avec le document Together Today for our Children Tomorrow (en anglais seulement), que le Conseil des Premières Nations du Yukon a entamé des négociations avec le gouvernement fédéral.

Presque cinquante ans plus tard, en juin 2019, un audit du Bureau du vérificateur général du Canada a mis de l’avant les lacunes du système scolaire yukonnais quant à l’intégration de la culture et des langues autochtones. Il souligne également la différence encore trop importante de réussite scolaire entre les élèves des Premières Nations et les autres élèves du territoire.

C’est à la lumière de ces informations qu’une Direction de l’éducation pour les Premières Nations a été mise en place : pour apporter un véritable changement dans le système éducatif actuel et offrir plus de chances de réussite et d’épanouissement scolaires aux jeunes issus des Premières Nations.

Initiative de journalisme local APF – Territoires

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