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Journalistes en herbe

Journalistes en herbe

La classe de 10e année du programme en français FACES (French Achievement, Challenge, Environment and Stewardship) de l’École Wood Street a fait deux longs voyages : l’un à vélo, et un autre sur la rivière Teslin.

Lors de ces voyages qui les ont menés à Atlin, Hootalinqua, Carcross et autres endroits, les élèves ont pu faire plusieurs rencontres passionnantes.

De retour en classe, les élèves ont invité l’Aurore boréale pour obtenir quelques conseils sur l’écriture journalistique. Laurie Trottier s’est rendue en classe pour initier les élèves aux notions fondamentales du journalisme et les a invité.e.s à produire des textes, donnant alors aux jeunes une expérience unique de se mettre dans les souliers de journalistes.

Dans cette série que vous pourrez suivre à travers les prochaines éditions, nous publierons quelques-uns des meilleurs textes proposés par la classe. L’objectif, pour l’équipe du journal, était d’initier les jeunes à l’importance du journalisme communautaire et de leur présenter une carrière que l’on juge accessible, passionnante et essentielle pour le relais de l’information.

Chaque journaliste en herbe dont le texte est publié a reçu une rémunération symbolique.

Pour cette première publication, les élèves nous invitent à la rencontre de Harold Gatensby, aîné Tinglit.

Harold Gatensby pose sur l’ancien site du pensionnat Chooutla. À côté de lui se trouve un morceau de l’escalier, laissé de la démolition après la fermeture officielle de l’école en 1969. Le projet d’art a été initié par sa fille Violet et réalisé avec les femmes de son entourage. Photo : Clare Duncan / Stories North


Vie et expériences de Harold Gatensby

Kalia Graham et Sadie Cairns-McDowell

Lors du voyage de vélo de FACES 10 au début d’octobre, la classe a rencontré Harold Gatensby, un aîné Tinglit. Il nous a parlé de son expérience au pensionnat Chooutla, ainsi que les histoires de cultures et plus. Ceci a pris place sur la propriété de Harold, connecté au vieux site du pensionnat de Chooutla.

Aller au pensionnat Chooutla

Harold Gatsby est allé au pensionnat Chooutla à l’âge de 10 ans pour seulement une année. Après cette année, le seul message qu’il a obtenu était qu’il ne valait rien, qu’il était laid et stupide. Il a enduré des abus spirituels, mentaux, physiques et culturels, ce qui dégrade l’estime de soi, la confiance en soi, ce qui prend des années à reconstruire.

Dans les années 90, le pensionnat Chooutla est finalement détruit par des gens de la communauté. Un escalier, qui donnait accès au dortoir des garçons est resté en place. Il y a deux ans, la fille de Harold, Violet, a peint une œuvre d’art autochtone sur le ciment. Maintenant, on peut aller sur le site de Chooutla pour se recueillir.

Histoires et cérémonies

Dans la culture des Premières Nations, les cérémonies et histoires passées par les générations sont très importantes. Sur le site de Chooutla, Harold a placé un sweatlodge. Une hutte à sudation est un endroit cérémonial pour les Premières Nations qui permet de se reconnecter avec le Grand Esprit, de se ressourcer et d’effacer le négatif.

À la porte, il y a une tortue faite de terre qui représente l’Île de la Tortue. Il nous a raconté l’histoire de la rencontre en haut de la montagne, à côté de Carcross, avec le Grand Esprit où tous les animaux ont décidé de faire des sacrifices pour l’espèce humaine.

Par exemple, le chien et le cheval sont devenus des copains pour l’humain, le lapin est devenu plus petit pour pouvoir être chassé. Ici, on parle vraiment des sacrifices que les animaux ont faits pour nous permettre de survivre.

Il exprime aussi qu’il faut s’assurer de prendre soin de la Terre, notre mère, tout comme elle prend soin de nous.

Maintenant

Aujourd’hui, Harold Gatensby est père de 13 enfants et grand-père de 23 petits-enfants. Il leur dit qu’ils sont importants et bons, à chaque jour. Il veut leur apprendre l’opposé de ce qu’il avait appris à l’école Chooutla.

Harold a raconté que maintenant, il est en paix avec lui-même et avec le passé. Pour aller de l’avant pour le futur, son souhait est que chacun se découvre tel qu’il est et savoir qu’il est important. Aussi, il porte l’espoir de changer le nom « Carcross » donné par un homme qui a mis en place les pensionnats dans son village. L’idée serait de changer pour revenir au nom original : Caribou Crossing.

Il est possible, désormais, de visiter le site du pensionnat de Chooutla, situé à deux kilomètres près de Carcross, sur la route de Tagish. En ce moment, ça ressemble à un endroit plat et ouvert entouré de montagnes, avec une seule pièce de béton, et l’art de Violet. La communauté espère que ça sera aménagé dans le futur pour honorer ceux et celles qui y ont vécu des horreurs.


La reprise du nom de Caribou Crossing

Gabby Farkas et Shai Wykes

Le chemin vers la réconciliation avec Harold Gatensby, qui cherche un meilleur futur dans sa communauté en racontant son histoire.

Savez-vous d’où vient le nom de Carcross? C’est une histoire très importante du Yukon. Harold Gatensby, aîné Tinglit, vise un meilleur futur dans sa communauté en racontant son histoire.

L’origine du nom de Carcross

Le premier surintendant du pensionnat Chooutla à Carcross, l’évêque Bompas vivait à Caribou Crossing, une petite ville que nous connaissons aujourd’hui comme Carcross. Mais, en Colombie-Britannique, il existait une autre ville avec le même nom, Caribou Crossing. Les lettres envoyées par la poste arrivaient souvent en Colombie-Britannique, au lieu d’atteindre le village du Yukon.

Alors, Bompas a décidé de corriger ce petit inconvénient en changeant le nom de Caribou Crossing au Yukon pour une version plus courte : le nom que nous connaissons tous et toutes aujourd’hui, Carcross.

Personne ne l’en a empêché l’époque, parce que les seules personnes qui s’en souciaient étaient les peuples autochtones et ils étaient dans un temps de difficulté et de traumatisme.

Aujourd’hui, parce que le nom de Carcross n’est jamais redevenu Caribou Crossing, la Première Nation qui y vit est nommée désormais Carcross/Tagish. Harold Gattensby, lui, souhaiterait que le nom de la ville revienne à son nom d’origine.

En route vers la réconciliation

En 1954, la deuxième école de Chooutla est construite. C’était fait pour convertir 160 enfants des Premières Nations, âgés entre 4 et 16 ans. Les enfants étaient enlevés de leurs familles pour être assimilés dans la culture des Blancs. Ils étaient abusés mentalement, verbalement, et physiquement, et se faisaient toujours dire : « Tu n’es pas assez ».

Harold Gatensby était un de ces enfants. Il n’y est allé que pour une année, « une de trop », selon lui. Descendant de la Première Nation Taku River Tlingit qui fait partie de Carcross/Tagish, il est maintenant devenu un aîné survivant de Chooutla.

Il souhaite être un faiseur de paix, un éducateur, un leader et désire éduquer les personnes sur sa culture et ses traditions. Il aspire à restaurer le nom original de Caribou Crossing et à travailler avec la communauté pour l’éduquer sur l’origine du nom.

Pour lui, être un aîné, ce n‘est pas juste par rapport à l’âge de la personne, c’est aussi une façon de chercher un futur plus sain pour les générations à venir.

Dans une entrevue, Harold a dit qu’il pense que le changement du nom aiderait les personnes à guérir leurs traumatismes et serait un pas dans la bonne direction sur le chemin de la réconciliation. Il pense que la meilleure chose à faire pour aider les autochtones maintenant est de s’informer sur les pensionnats et de ne pas traiter les gens comme s’ils valaient moins que d’autres personnes. Le but est de valoriser, pas d’anéantir.

Pour avoir de bons changements vers la réconciliation, on doit premièrement être éduqué sur le passé, les expériences des autochtones, et, dans ce cas, sur l’origine du nom de Carcross.

Pour plus d’information sur ce peuple Première Nation, consultez le site de Carcross/Tagish First Nation : ctfn.ca/


Pour organiser un atelier de journalisme en classe : contactez dir@auroreboreale.ca

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