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Jeunes leaders du climat : Sasha Emery siège sur le nouveau comité

Marie-Chantal Bouchard

Si le premier Comité jeunesse sur les changements climatiques du Yukon a permis de dégager sept recommandations, le deuxième sera chargé de les mettre en œuvre. La Franco-Yukonnaise Sasha Emery a été sélectionnée pour faire partie de ce nouveau comité.

Sasha Emery en randonnée au Yukon. Photo : fournie.

 

Ouvrir la porte aux jeunes, c’est le pari qu’a fait le gouvernement du Yukon en créant, en 2021, le Comité jeunesse sur les changements climatiques du Yukon. Il réalise ainsi un engagement établi dans le rapport Notre avenir propre : la stratégie du Yukon sur les changements climatiques, l’énergie et l’économie verte. La stratégie s’échelonne sur dix ans et a été élaborée en partenariat avec les Premières Nations du Yukon, les groupes autochtones transfrontaliers et les municipalités du territoire pour lutter contre les changements climatiques.

Selon le premier ministre Sandy Silver, il est important d’inclure la perspective des jeunes dans les mesures gouvernementales, car les changements climatiques constituent le plus grand défi du territoire et parce que, après tout, c’est certainement cette génération qui sera le plus affectée par la crise.

Plein feu sur le Comité jeunesse

Le processus de sélection pour la deuxième mouture du comité jeunesse vient de se terminer. Dix jeunes leaders du climat, de 13 à 25 ans, devront mettre en œuvre, d’ici le 15 octobre 2022, les recommandations du comité précédent.

Les jeunes auront l’occasion de partager leurs points de vue avec le gouvernement sur les mesures prises pour s’adapter aux changements climatiques et prendront également part à des activités de renforcement. Cette expérience leur permettra d’acquérir des compétences qui pourront ensuite être transférées dans leurs communautés.

Le mandat du comité jeunesse ne se limite pas qu’à un rôle de conseil : il comporte aussi un aspect de mobilisation. Les jeunes membres du comité devront entre autres capter la voix de leurs pairs, organiser un sommet et participer à des activités d’information et de sensibilisation aux changements climatiques. Ainsi, les membres de ce comité deviendront des agentes et agents de motivation citoyenne pour que la population yukonnaise se mette elle aussi en action pour la cause.

L’importance de s’impliquer

Sasha Emery, 19 ans, a été sélectionnée pour siéger au Comité jeunesse sur les changements climatiques du Yukon.

Native des Territoires du Nord-Ouest, elle a passé toute son enfance au Yukon. Elle poursuit actuellement sa deuxième année en études environnementales, à l’Université d’Ottawa, dans un programme bilingue qui lui permet d’apprendre les notions dans les deux langues officielles, un aspect important pour la jeune femme.

À son avis, l’initiative du gouvernement du Yukon de créer ce comité est une bonne occasion de laisser la parole aux jeunes. Ce sont eux qui, dans les prochaines décennies, vont ressentir les effets des changements climatiques. « C’est une chance, même si nous ne sommes pas des experts », explique-t-elle.

Plus tard, elle aimerait travailler pour le gouvernement sur cet enjeu, afin d’en apprendre davantage sur les effets particuliers des changements climatiques au Nord. Ses études se concentrent plus sur les impacts au Sud, mais Sasha Emery affirme avoir déjà observé des phénomènes climatiques anormaux au Yukon, comme les fortes précipitations de l’année dernière.

Elle espère que le comité jeunesse poussera le gouvernement à agir plus rapidement et souhaite proposer ses idées. Sa vision du futur est l’atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre du gouvernement du Yukon, soit une réduction de 45 % d’ici 2030.

Elle aimerait aussi voir adopter un mode de consommation plus durable, pour remplacer l’utilisation des énergies fossiles et du plastique. « Ça prend un plan pour comprendre les prochaines étapes, pour que ça ait du sens et que les jeunes du futur puissent poursuivre les efforts », confie-t-elle.

Si l’écoanxiété peut paralyser, ce n’est pas le cas de ces jeunes leaders du climat qui n’hésitent pas à prendre le taureau par les cornes. Face à cet enthousiasme, comment ne pas leur emboîter le pas?

 

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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