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Immigration : encore quelques défis

Kelly Tabuteau

À l’occasion de la Semaine de l’accueil des personnes immigrantes (Welcoming Week 2022), qui a lieu du 9 au 18 septembre, Jeanne Stéphanie Lobè Manga et son fils, Tiburce-Nathan, reviennent sur l’expérience de leur arrivée en mai dernier.

Jeanne Stéphanie Lobè Manga et son fils Tiburce-Nathan confient qu’il fait froid à Whitehorse, mais que cela va aller. « Il n’y a pas de mauvais climat, seulement de
mauvais vêtements. » Photo : fournie.

 

Jeanne Stéphanie Lobè Manga et son fils Tiburce-Nathan sont arrivés à Whitehorse depuis le Cameroun. Avec un permis de travail obtenu grâce au programme Mobilité Francophone, la mère de famille a rallié l’équipe du Développement économique de l’AFY en tant qu’agente d’accueil, alors que le fils, âgé de six ans, a rejoint les bancs de l’École Émilie-Tremblay.

« Nous nous sommes pris beaucoup de défis de plein fouet, avoue la jeune femme. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi difficile. Mais je n’aime pas ce qui est facile. C’est un process, c’est une nouvelle vie, alors je dois prendre le temps de me créer des repères et de me familiariser avec les codes locaux. » Pour elle, le défi demeure de s’habituer à un nouveau climat, une nouvelle culture et de nouvelles mentalités.

La Semaine de l’accueil des personnes immigrantes est un événement mondial qui a vu le jour en 2013. Le Canada y participe depuis maintenant trois ans, sous l’impulsion d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

Cette semaine est l’occasion de souligner les organisations qui soutiennent l’établissement des personnes nouvellement arrivées au pays, que ce soit pour l’aide à l’emploi, l’apprentissage de l’anglais, l’offre de formations diverses ou l’organisation d’activités sociales. Deux organismes proposent ce type de service au Yukon : le Centre multiculturel du Yukon et l’Association franco-yukonnaise (AFY).

La crise du logement complique tout

Pour Jeanne Stéphanie Lobè Manga, le plus gros défi de son immigration est lié au logement. La crise qui sévit au territoire n’est pas un problème récent, mais complexifie grandement l’établissement de nouvelles personnes. Il faut s’armer de patience pour escompter trouver un nid douillet.

« Nous vivons en colocation, en plein centre-ville, avec la propriétaire et deux autres personnes. Nous avons hâte de trouver quelque chose à nous, où nous pourrons nous sentir bien, en sécurité, et y faire tout ce dont nous avons envie. En colocation, il y a des règles à respecter », explique-t-elle.

Sans permis de conduire et avec un fils fréquentant l’École Émilie-Tremblay, les zones de recherche sont restreintes. La mère confie également que ses revenus limitent les possibilités. « Il y a beaucoup de monde, peu d’offres, et les prix sont hallucinants! », se désole-t-elle.

L’anglais : une barrière

Si la mère de famille est bilingue, Tiburce-Nathan ne s’exprime pas encore couramment en anglais. La recherche de gardiennage pour les vacances scolaires s’est alors avérée un nouveau défi pour la famille. « Il était important de trouver une gardienne francophone, afin que mon fils puisse mieux la comprendre, mais surtout pour qu’il puisse mieux exprimer ses besoins, raconte Jeanne Stéphanie Lobè Manga. Nous n’avons trouvé personne. Par chance, il restait des places aux camps d’été francophones, mais j’ai quand même dû faire du télétravail au mois d’août. »

La femme compare la situation avec son pays d’origine où elle avait un réseau d’aide. « Au Cameroun, c’est tellement plus facile. Tu sors le matin, tu vaques à tes occupations en laissant ton fils à son père ou une tante. Il y a toujours des ressources disponibles », indique-t-elle.

Avec la reprise de l’école, l’organisation est plus facile. Tiburce-Nathan peut passer son temps après l’école au camp parascolaire qui se déroule à l’École élémentaire de Whitehorse.

Du positif malgré tout

C’est le goût de l’aventure et de la nouveauté qui a poussé la mère de famille à immigrer au Canada. Elle espérait y trouver de meilleures perspectives pour elle-même, mais surtout pour son fils : « Je voulais lui offrir les opportunités que je n’ai pas eues quand j’étais plus jeune. »

Elle reconnaît avoir reçu un accueil plus que chaleureux de la part de son employeur et de ses collègues. Après trois mois au territoire, le milieu professionnel constitue sa zone de confort, même si elle adore regarder le lever du soleil le matin et les paysages entourant la capitale. Elle affectionne aussi le calme reposant de la ville de Whitehorse : « C’est un petit coin tranquille où il fait bon vivre, propice à l’épanouissement des enfants. »

« Si quand je suis arrivée il faisait 14-15°C, et que pour moi c’était un ressenti de 4-5°C, je m’y habitue, maintenant. J’aime sentir le froid quand je marche dans la rue. J’aime aussi que les personnes derrière le volant soient très respectueuses et que les autres piétons me sourient systématiquement », conclut-elle.

 

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