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Fidèles au poste pour livrer Noël

Laurie Trottier

Pour le personnel de Postes Canada à Whitehorse, la frénésie des Fêtes se traduit par une hausse de près de 40 % du volume total de colis à livrer. Selon Sébastien Bernier, chef de zone locale et son équipe, le calme de décembre n’existe pas : ce sont les séries éliminatoires.

 

Pour Sébastien Bernier, le fort sentiment de communauté s’inscrit au cœur du travail des personnes employées chez Postes Canada.

 

« C’est comme si on travaillait toute l’année et quand on arrive à Noël, là, c’est les séries. On est stressé, on est allumé, on est content et on veut performer », explique Sébastien Bernier, au bureau de poste de Whitehorse.

Huit heures du matin. Megan Haddock, factrice, élabore son plan d’attaque. Elle met environ deux heures à trier le courrier par adresse avant de prendre la route pour le livrer à pied à la population de la capitale.

Elle arpentera ainsi les rues de la ville pendant environ six heures, mais ce temps peut presque doubler pendant la période achalandée des Fêtes. « Les factrices et les facteurs savent que tout se joue ici. Généralement, les familles sont au courant aussi que c’est intense au travail tout le mois de décembre », précise Sébastien Bernier.

Cette année, le 25 décembre tombe un samedi, ce qui laisse une semaine complète à l’équipe pour acheminer colis et lettres. « On a cinq jours pour livrer Noël », résume le chef de zone locale.

Le personnel livrant, véritable cheville ouvrière du temps des Fêtes, doit aussi envoyer les lettres des enfants au père Noël et leur livrer sa réponse, peu importe si celle-ci est écrite en français, en anglais ou même en russe. « On traite toutes les demandes et on les envoie au père Noël », assure Sébastien Bernier.

Fidèle à son habitude, la pandémie de COVID-19 a profondément bouleversé le rythme de travail à la poste : « Les gens vont moins magasiner et commandent plus sur Internet. Ils sont plus à l’aise avec le fonctionnement. Notre volume a augmenté », explique le chef d’équipe.

Par exemple, du 12 au 24 décembre 2020, le personnel de Postes Canada à travers le pays a livré près de 20 millions de colis, y compris un nombre record de 2,4 millions de colis le 21 décembre seulement, selon Valérie Chartrand, porte-parole de la société. Elle ajoute que le volume de colis des petites entreprises a augmenté d’environ 50 % l’année dernière, ce qui est « sans précédent ».

Courrier du cœur

« Je vous encourage à penser aux personnes incroyables qui nous livrent nos factures et nos superbes colis », raconte Julie Ménard dans un message qu’elle a partagé sur le groupe Facebook des résidentes et résidents du quartier de Takhini. « Pour leur remonter le moral, je vais leur laisser du chocolat cette semaine… je voulais simplement vous inspirer à le faire aussi à un moment pendant l’hiver! »

Elle affirme aussi mettre quelques fois par année des sucreries dans sa boîte aux lettres, pendant le temps des Fêtes et les journées particulièrement glaciales.

Les mouvements solidaires envers le facteur ou la factrice du quartier ne datent pas d’hier, mais ils ont eu le vent en poupe depuis la pandémie. Pour souligner le dévouement de ces travailleuses et travailleurs essentiels, davantage de Yukonnais.e.s ont laissé dans leur boîte aux lettres friandises et dessins.

« Je suis touchée par la gratitude et la générosité des gens », affirme Megan Haddock, qui est entrée en poste pendant la période des Fêtes de 2019. Celle-ci apprécie particulièrement les petites boissons rafraîchissantes lors des journées plus chaudes et lorsque les boîtes aux lettres sont facilement accessibles.

Pendant la période des Fêtes, il n’est pas rare que des individus se rendent au bureau de poste pour déposer une boîte de beignes ou de biscuits, accompagnée de café et boissons chaudes. « C’est une façon pour eux de nous dire « Merci, merci de votre travail » », croit Sébastien Bernier.

Selon lui, la meilleure façon de démontrer sa reconnaissance envers les factrices et les facteurs demeure de déblayer son entrée et de les saluer. Les dessins sont aussi populaires.

Preuve à l’appui, Sarah, la fille de Sébastien Bernier, avait laissé un dessin à sa factrice lorsqu’elle avait six ans. Cette année, cette factrice a pris sa retraite et l’a retrouvé, l’ayant gardé pendant dix ans. « Elle est venue me le porter en me disant : « C’est le dessin de ta fille, je l’ai encore! » », s’écrit le père, visiblement ému.

Certains casiers du personnel au bureau de poste sont d’ailleurs décorés par des cartes et des dessins reçus de la communauté. Peu importe la façon d’exprimer sa reconnaissance, ces petites attentions amèneront toujours un peu de chaleur en ces temps frais de décembre.

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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