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Entre le national et le communautaire : 30 années de création au Centre des arts du Yukon

Annie Maheux

Le Centre des arts du Yukon célèbre son 30e anniversaire jusqu’en mars 2023 à travers une série d’événements culturels mensuels.

Cérémonie d’ouverture du Centre des arts du Yukon en 1992. Photo : Mike Thomas.

 

Le parc Shipyards accueillera le YAC’s Birthday Bash!, une journée de festivités musicales familiales, le 10 septembre prochain. La scène sera partagée entre la chanteuse ontarienne Serena Rider et plusieurs artistes locaux dont le groupe franco-yukonnais Soir de Semaine.

Cette célébration se veut à l’image des trois dernières décennies du Centre des arts du Yukon, qui offre des moments mémorables pour le public du Nord, mais aussi une première vitrine artistique pour bien des artistes de la communauté locale, explique Michele Emerson, directrice de la programmation.

La polyvalence de la programmation du Centre des arts du Yukon est l’un des atouts les plus appréciés, selon Lucie D : « Ce ne sont pas juste des artistes étrangers qui jouent au centre. Il y a toujours une place pour les artistes locaux […] Ça reflète bien ce qui se passe dans la communauté. Il y a un bel équilibre. »

La musicienne a d’ailleurs été l’une des premières à chanter en français au territoire dans les années 80. Ses premières apparitions sur la scène principale du Centre des arts du Yukon lui ont appris à se présenter plus tard durant les années 90 lors des tournées pancanadiennes de son groupe de jazz cajun, nommé Inconnu, précise-t-elle.

Cécile Girard, artiste visuelle franco-yukonnaise, se rappelle le spectacle d’ouverture du Centre des arts du Yukon en 1992 avec le groupe country folk innu Kashtin, auquel elle avait assisté. Le centre venait d’ouvrir ses portes après de nombreux débats sur la forme que le bâtiment devait prendre : un théâtre, une galerie ou un peu des deux? C’est donc un centre multi-usage qui a été construit près de l’Université du Yukon, grâce à un financement gouvernemental de 7 millions de dollars à l’époque.

En plus de présenter des spectacles de musique, de la danse et du théâtre, deux galeries – l’une publique et l’autre communautaire – mettent aussi les arts visuels à l’honneur. Cécile Girard a elle-même fait partie de plusieurs expositions collectives dans les années qui ont suivi l’ouverture du centre. Elle y présentera d’ailleurs un nouveau projet avec le collectif La Bête à cinq têtes en 2023.

Marie-Hélène Comeau et Nathalie Parenteau, deux artistes-peintres franco-yukonnaises désormais bien établies, ont également exposé au Centre des arts du Yukon dans leurs débuts. La galerie publique a, par exemple, accueilli au début des années 2000 la première grande exposition solo de Parenteau au terme d’une longue convalescence de l’artiste. Plusieurs de ses pièces ont ensuite été achetées, comme la toile intitulée Allegory, se remémore-t-elle.

Neil Graham, peintre nunavois francophile, en est, de son côté, à sa quatrième exposition solo à la galerie publique. Il raconte qu’il a toujours apprécié son contact avec les différents commissionnaires du centre. Le technicien-monteur de salle d’exposition pendant plusieurs années, Scott Price, a même été un mentor pour lui, affirme-t-il. M. Graham présentera une nouvelle exposition de peintures inspirée de son voyage sur la rivière Nahanni en 2023.

Les célébrations pour le 30e anniversaire de la fameuse institution culturelle sont à l’image de sa mission : « Au service de la communauté yukonnaise », souligne Michele Emerson. Les festivités, qui ont débuté en mai 2022, se poursuivront mensuellement jusqu’en mars 2023. La programmation complète n’étant pas encore confirmée, les renseignements devraient être mis à jour périodiquement sur le site Internet du Centre des arts du Yukon, ajoute la directrice de programmation.

 

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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