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Éduquer. Rééduquer. Répéter.

Sophie Delaigue

Nous continuons avec le Centre scolaire secondaire communautaire Mercier (CSSC Mercier) notre série d’entrevues sur l’action climatique. Daniel Blais, directeur de l’école, a répondu à nos questions.

Daniel Blais, directeur du CSSC Mercier. Photo fournie.

 

 

SD : Comment l’école agit-elle sur les changements climatiques : empreinte écologique du bâtiment, programmes et activités scolaires?

Daniel Blais : La nouvelle école a été conçue pour notre climat nordique. Le bâtiment est très bien isolé, les fenêtres sont de première qualité, le chauffage est modulable par salle. On essaie aussi de limiter notre consommation d’énergie avec notamment des lumières qui s’éteignent automatiquement.

Un système de recyclage efficace a été mis en place avec l’aide du club Environnement des élèves. C’est un système très bien identifié au sein de l’école, bien expliqué et qu’on retrouve un peu partout dans l’édifice. C’est un exemple qui illustre un concept qui m’est cher, celui d’éduquer, rééduquer, répéter : comprendre pourquoi on recycle et composte, changer ses habitudes, et répéter cette action tous les jours. C’est avec des exemples concrets que nous pouvons faire comprendre aux élèves l’importance et l’impact de leurs actions.

Une autre initiative est celle de l’impression des documents. Nous voulons réduire au maximum l’utilisation du papier. Tous les élèves travaillent sur un ordinateur portable et partagent les documents virtuellement.

Pour ce qui est des programmes scolaires, l’environnement ne se limite pas à la seule classe de sciences. Il est abordé dans presque toutes les matières : en français, avec notamment des travaux d’écriture, dans les cours de langue, les sciences humaines et les activités de plein air. Nos programmes scolaires sont des systèmes vivants qui doivent refléter le monde qui nous entoure. L’école est aussi un lieu ouvert et nous invitons régulièrement des spécialistes des questions environnementales à venir discuter avec les élèves.

On parle d’écoanxiété chez les élèves. Mais on voit aussi que plusieurs jeunes se mobilisent pour l’avenir de la planète. Quel est votre expérience avec les jeunes du CSSC Mercier?

DB : Les élèves sont bombardé.e.s d’information et notre rôle d’éducateur.rice est de leur apprendre à faire le tri, à vérifier les sources, analyser et synthétiser les faits. Comme enseignant.e.s, nous partageons l’information, accompagnons les élèves, les rassurons quand c’est nécessaire, et nous entretenons une discussion ouverte et réaliste. Parce que c’est important de parler des aspects négatifs, mais aussi des aspects positifs.

Alors oui, il y a de l’écoanxiété chez nos élèves, mais je dirais qu’il y a aussi et surtout une prise de conscience de l’impact de leurs actions, de la force de se mobiliser pour une cause qu’ils ont à cœur. Plusieurs jeunes de notre école avaient pris part aux manifestations climatiques organisées à Whitehorse en 2019. Ils ont compris que leur voix est importante. Sophie Molgat, une de nos élèves, a beaucoup contribué à la mobilisation des jeunes yukonnais.es. C’est une championne de l’action climatique qui a un impact très positif.

À un niveau individuel, s’il n’y avait qu’une action à prendre pour combattre la crise climatique, laquelle choisiriez-vous?

DB : C’est difficile à dire. Pour moi, c’est la multiplicité de nos petites actions qui au final a un grand impact. En tant qu’éducateur.rice, c’est important de montrer l’exemple, de mettre en actes ses paroles. Avec ma famille, nous avons par exemple fait le choix conscient de n’avoir qu’une voiture. Nous essayons de moins consommer, de réutiliser nos affaires et de recycler les produits.

Je veux être un acteur du changement et contribuer au mieux-être de ma communauté. On ne peut pas toujours attendre des gouvernements qu’ils agissent vite et fort. Alors c’est à chacun d’entre nous, à notre échelle locale et au quotidien, d’agir. C’est en faisant des choix conscients que nous ferons une réelle différence, un jour à la fois. Ça prend un effort individuel et collectif parce que tous ensemble, nous sommes plus forts.

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