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« Dire la vérité et ouvrir la voie à la réconciliation »

« Dire la vérité et ouvrir la voie à la réconciliation »

Nelly Guidici

La Commission de vérité et réconciliation a été mise en place à la suite des excuses présentées aux anciens élèves des pensionnats indiens par le premier ministre Stephen Harper le 11 juin 2008.

L’un de ses mandats est de découvrir ce qui s’est réellement passé dans les écoles résidentielles afin que les citoyens canadiens apprennent la vérité. Dans le cadre de ses recherches, la commission se déplace à travers tout le pays afin de recueillir les témoignages des survivants.

Les 14 et 15 janvier 2013, la commission était de passage à Whitehorse afin de recueillir les expériences et témoignages des survivants et de leurs familles dans les locaux du Centre culturel Kwanlin Dün.

Partager son histoire pour guérir

Pour Jan Stick, députée à l’Assemblée législative et membre du Nouveau Parti démocratique du Yukon, le travail de la commission est fondamental : « Le travail de la commission est important pas seulement pour les Premières nations, mais pour tous les Canadiens afin qu’ils comprennent ce qui s’est passé. » En janvier dernier, elle a rendu public le témoignage de son époux conservé par écrit. Décédé il y a quatre ans, M. Stick a quitté le domicile familial à l’âge de 5 ans pour l’école résidentielle Chooulta à Carcross. Il ne rentrait qu’occasionnellement chez lui lors des vacances d’été. Jan Stick précise : « J’ai lu ce témoignage en son nom et pour honorer sa mémoire. » La commission a aussi permis à un grand nombre de survivants de dévoiler leur histoire. En effet, ce fut pour eux l’occasion de raconter pour la première fois ce qui leur était arrivé. Pour la députée, apporter son témoignage est primordial : « Je pense que pour beaucoup de gens, c’est la première étape vers la guérison. »

Aller de l’avant

Le 2 mai 2013, Mme Stick a déposé une motion dans laquelle elle demande aux Affaires autochtones et Développement du Canada de travailler en collaboration avec la Commission de vérité et de réconciliation afin de créer un registre historique complet sur l’héritage laissé par le système des écoles résidentielles. Déposer cette motion est une façon d’exprimer ce qu’elle souhaite : « Cette motion est une occasion de nous lever et de dire ce que nous pensons et ce que nous voulons. » Cette partie de l’histoire canadienne est une part très importante, mais pour aller de l’avant, la totalité de l’histoire doit être mise à jour : « Nous avons besoin de savoir ce qui s’est passé auparavant et de connaître l’histoire dans sa totalité pour aller de l’avant ensemble », explique Mme Stick.

Se réconcilier à travers l’éducation

Le travail fait par la commission depuis 2009 est grand, mais la tâche qu’il lui reste à accomplir semble plus grande encore : régler en cinq années 150 ans de conflit! La fin de son mandat est prévue pour 2014. À la suite des nombreuses rencontres et collectes d’histoires, d’échanges avec les survivants et leurs familles, la commission a noté que le système des écoles résidentielles a, entre autres, totalement détruit la cellule familiale (en séparant les enfants de leurs parents, mais aussi en séparant les frères et sœurs à l’intérieur d’un même établissement). Rétablir la vérité afin de la dévoiler par l’intermédiaire des manuels scolaires. Voilà l’une des actions qui sera mise en place à l’issue du mandat de la commission, car miser sur l’éducation permettra d’offrir des réponses aux futures générations et d’amorcer la démarche de réconciliation à long terme et multigénérationnelle.


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