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Dire au revoir à une personne d’exception

Marie-Hélène Comeau

C’est avec grande tristesse que la communauté franco-yukonnaise apprenait récemment le décès de Sylvie Salomon. Cette dernière s’est illustrée pendant près de 30 ans dans l’enseignement en français au Yukon, à l’École Émilie-Tremblay.

Sylvie Salomon, enseignante à la retraite âgée de 58 ans, nous a quittés le 30 août dernier.

Photo : fournie.

 

L’enseignement en français au Yukon

Originaires du Québec, Sylvie Salomon et son conjoint de l’époque, Jean-François Blouin, sont arrivés au Yukon il y a plus de 30 ans. Rapidement, ils décident d’adopter Maxim, un bébé atteint du syndrome de l’alcoolisme fœtal. Suivra, peu de temps après, la naissance de leurs fils jumeaux, Alex et Izak.

Au début des années 1990, Sylvie fait son entrée à l’École Émilie-Tremblay, qui était située à l’époque dans le quartier Riverdale. L’école était alors logée dans des locaux préfabriqués de la rue Nisutlin.

L’espace y était très limité, mal isolé et dépourvu de gymnase, mais la communauté franco-yukonnaise était heureuse d’avoir enfin son école francophone. C’est dans ce contexte que Sylvie Salomon a commencé sa carrière d’enseignante au territoire. Au fil des ans, elle a été orthopédagogue, travaillé en francisation, donné des cours d’éducation physique et enseigné tous les niveaux scolaires.

Les membres de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le corps enseignant de l’École Émilie-Tremblay ont d’ailleurs souligné l’engagement indéfectible de celle qui n’hésitait jamais à sortir du cadre quand venait le temps d’intégrer du contenu éducatif à travers des activités et des projets nouveaux. Sylvie, soulignent-ils, était une personne unique remplie de ressources et d’idées pour que tous ses élèves grandissent et déploient leurs ailes.

La CSFY et l’école francophone s’unissent pour offrir ses sincères condoléances à sa famille, aux membres du personnel, aux parents et aux élèves qui l’ont connue.

Outre l’école, Sylvie Salomon aura également laissé sa marque en petite enfance alors qu’elle siégeait au conseil d’administration de la Garderie du petit cheval blanc pendant quelque temps. « C’est Sylvie qui a cru en moi et m’a approchée pour m’offrir le poste de directrice au moment où l’organisme traversait une crise importante », confie Isabelle Salesse, aujourd’hui directrice de l’Association franco-yukonnaise. « Sa disparition est une grande perte pour la communauté, car Sylvie aura touché beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes. C’était un être hors du commun qui a contribué énormément à la francophonie au Yukon », ajoute-t-elle.

Son impact au sein du théâtre francophone au Yukon

En 1998, l’organisme des femmes francophones du Yukon, Les Essentielles, monte la pièce de théâtre Les Belles-sœurs de l’écrivain Michel Tremblay. Sylvie Salomon décide de répondre à l’appel de l’organisme qui cherchait à l’époque des femmes pour participer à cette aventure. Cela a été pour elle un réel coup de foudre envers le théâtre amateur.

« Je garde de très bons souvenirs de notre collaboration en théâtre. Que des fous rires, nous avons eu! Sylvie a été ma voisine (dans Les Belles-sœurs de Michel Tremblay, en 1998), ma maman (dans Les époux vendables, une création collective, en 1999) et une des girls (dans Les girls arrivent en ville, de Clémence DesRochers, en 2005). Sylvie avait de la difficulté à apprendre ses textes en répétition, mais lors des premières, tout se plaçait », se remémore Angélique Bernard, aujourd’hui commissaire du Yukon, qui était à l’époque directrice des Essentielles.

D’ailleurs, l’expérience de Sylvie avec le théâtre amateur la transporte à un point tel qu’elle décidera d’introduire le théâtre auprès des jeunes de l’école. Elle aimait rappeler l’importance de l’enseignement de cet art en milieu scolaire, puisqu’il permettait aux élèves de découvrir la valeur des mots tout en vivant la langue française autrement.

Sa lutte auprès des gens atteints du syndrome de l’alcoolisme fœtal

Sylvie Salomon s’est également toujours portée à la défense des droits et des conditions des gens vivant avec le syndrome de l’alcoolisme fœtal, dont était atteint son fils adoptif Maxim Baril-Blouin.

Ce dernier est décédé d’une surdose de fentanyl dans un centre de détention en Alberta. C’était en 2018, il était alors âgé de 26 ans et était sous la responsabilité du gouvernement du Yukon. Depuis son décès, Sylvie Salomon s’est butée à de nombreuses portes closes en tentant d’obtenir des réponses quant aux circonstances entourant le décès de son fils.

« Sylvie vérifiait chaque semaine où en était le dossier de Maxim. J’espère que ce dernier continuera d’avancer malgré le départ de Sylvie », confie Ilka Lasevitz, conjointe de Sylvie Salomon depuis 10 ans.

Malgré le décès de son fils, cette cause continuait de lui tenir à cœur. Sylvie avait d’ailleurs récemment participé à une vidéo de sensibilisation au sujet des besoins de logement et d’encadrement des gens atteints du syndrome de l’alcoolisme fœtal à l’âge adulte. Il est d’ailleurs possible de visionner sur YouTube.

Une célébration de la vie aura lieu dans la salle Grey Mountain au centre du mont McIntyre le vendredi 16 septembre, de 17 h à 19 h. Les gens sont invités à partager des histoires et à célébrer la vie de Sylvie.

 

Sylvie Salomon (au centre) avec deux membres du conseil d’administration de la Garderie du petit cheval blanc.
Photo : Archives AB.

Commentaires (1)

  1. Guylaine Chabot dit :

    Bon voyage Sylvie, ta joie de vivre, ton rire, ta bonne humeur et ta persévéra resteront toujours dans mes meilleurs souvenirs. Repose en paix.

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