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Des solutions fondées sur la nature pour lutter contre le changement climatique

Sophie Delaigue

Bien connue dans le paysage yukonnais pour ses actions dans le domaine de l’environnement et la conservation de la nature, nous commençons avec CPAWS Yukon (Canadian Parks and Wilderness Society – Société pour la nature et les parcs du Canada) une série d’entrevues sur l’action climatique. Chris Rider, son directeur, a répondu à nos questions (traduit de l’anglais).

Chris Rider, directeur de CPAWS Yukon. Photo fournie.

 

SD : Inondations au Yukon, chaleurs extrêmes et incendies en Colombie-Britannique cet été : est-ce notre nouvelle normalité?

Chris Rider : J’espère que le niveau d’inondation que nous avons connu cet été n’est pas la nouvelle norme, mais, malheureusement, je pense que nous pouvons nous attendre à ce que les conditions climatiques au Yukon deviennent de plus en plus erratiques. Les scientifiques avertissent que la crise climatique signifie que les phénomènes météorologiques extrêmes vont se produire plus fréquemment. Sans action, les inondations et les incendies seront probablement beaucoup plus fréquents au Yukon.

Pendant longtemps, les gens ont dit que les coûts pour lutter contre les changements climatiques étaient trop élevés. Malheureusement, nous commençons déjà à voir que ne pas y remédier a un coût encore plus élevé.

Crise climatique : quelles sont les actions actuelles qui retiennent votre attention?

CR : Je suis vraiment inspiré par le travail que les jeunes font pour lutter contre les changements climatiques au Yukon. Des rassemblements organisés par des élèves du secondaire au groupe d’expert.e.s des jeunes sur l’évolution du climat ou encore la bourse d’action pour le climat du Conseil des Premières Nations du Yukon, les jeunes de notre territoire font pression pour un véritable changement.

Par ailleurs, l’accent croissant mis sur la conservation menée par les autochtones au Canada, y compris l’engagement récent de 166 millions de dollars du gouvernement fédéral pour l’établissement de nouvelles aires protégées et conservées autochtones (APCA), est une tendance encourageante. Il s’agit d’un modèle de préservation de la nature où les gouvernements et les citoyens autochtones sont les décideurs clés dans la gestion des terres et de l’eau. C’est une façon de s’assurer que les Premières Nations, les Métis et les Inuits ont le contrôle sur les terres qu’ils ont gérées pendant des millénaires et c’est un modèle que nous allons voir se développer au cours des dix prochaines années.

Soutenir la conservation menée par les autochtones est une grande avancée pour le climat, car garder les forêts et les terres humides intactes est une façon de s’assurer que le carbone est capturé et stocké en toute sécurité par la nature. C’est pourquoi on parle de « solution fondée sur la nature » pour lutter contre le changement climatique.

Quelles sont les priorités de CPAWS Yukon pour la prochaine année?

CR : En début d’année, CPAWS Yukon et Yukon Conservation Society (Société de conservation du Yukon) ont commandé un sondage indépendant pour mieux connaître les points de vue des résident.e.s du territoire sur la nature et l’environnement.

Nous avons constaté que près de 80 % des Yukonnais.e.s appuient des objectifs forts en matière de protection de la nature. C’est un constat important et notre travail va consister à soutenir les Premières Nations à travers le territoire pour que le Yukon devienne un chef de file dans la protection de notre ressource naturelle la plus précieuse : les plantes et la faune!

Il s’agira notamment 1) d’appuyer les citoyen.ne.s des Premières Nations Tr’ondëk Hwëch’in et White River afin de protéger les terres et la faune importantes de la région de Dawson – principalement le territoire traditionnel des Tr’ondëk Hwëch’in-, 2) d’aider à protéger Chasán Chúa (plus communément appelé ruisseau McIntyre) dans le territoire traditionnel du Conseil Ta’an Kwäch’än et de la Première Nation Kwanlin Dün à Whitehorse, 3) et enfin de soutenir les citoyen.ne.s de Na-Cho Nyäk Dun (Mayo) pour préserver le bassin versant de la rivière Beaver de tout développement.

Lutter contre le changement climatique à un niveau individuel : s’il n’y avait qu’une action à prendre, laquelle nous conseilleriez-vous?

CR : Nous savons tous qu’il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire pour lutter contre le changement climatique : conduire moins, prendre moins l’avion, mieux isoler nos maisons, etc. Mais ultimement, la plupart des grands changements doivent venir des entreprises et des gouvernements. C’est pourquoi la chose la plus importante à faire est de dire à nos politicien.ne.s et aux entreprises avec lesquelles nous nous engageons que la lutte contre le changement climatique nous tient à cœur. Il faut leur dire que le changement climatique et la protection de l’environnement doivent être leur plus grande priorité, et que vous ne les soutiendrez pas si vous ne voyez pas de véritables actions. Si nous sommes suffisamment nombreux à le faire, ils devront nous écouter!

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