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Décès de Paul Birckel : vers un voyage sur l’histoire de la francophonie du Yukon

Yann Herry

Paul Birckel (1938-2021), chef de la Première Nation Shadhäla yè ashèyi Kwadan (Champagne et Aishinik), négociateur et signataire de l’entente sur les revendications territoriales de sa nation, s’est éteint le 8 juillet dernier à l’âge de 82 ans.

Paul Birckel, chef d’une première Nation yukonnaise, aura donc permis de ressouder les liens familiaux entre la Yukon et la France. Photo fournie.

 

 

Paul Birckel était le fils de Lilly, de la Première Nation Shadhäla yè ashèyi Kwadan et de Paul, originaire d’Alsace, en France. Paul Birckel fils deviendra chef en 1978. Il négociera et signera une des quatre premières ententes de revendications territoriales.

Une visite à Silver City sur les rives du lac Kluane permet de découvrir l’histoire de la francophonie de cette région qui se trouve à la croisée des peuples qui ont marqué la naissance du Canada : Premières Nations, francophones et anglophones.

Attirés par la ruée vers l’or, Louis et Eugène Jacquot de Rombach-le-Franc en Alsace, arrivent au Yukon en 1898. N’ayant pas fait fortune à Dawson, ils participent à la ruée vers l’or de Kluane de 1904, puis s’installent à Burwash Landing, où ils ouvrent un comptoir. En 1921, ils convainquent deux jeunes de leur village de venir travailler pour eux. : Paul Birckel (père) et François (Frank) Bee.

En 2006, Joséphine (Josie) Jacquot-Sias, fille de Louis, me met en contact avec une cousine vivant à Paris, Josette Duchier. En 2007, celle-ci m’emmène en Alsace, où je rencontre les familles Jacquot et Birckel, qui maintenaient vaguement des liens avec la famille canadienne (l’Aurore boréale, 2 novembre 2007).

En 2009, les familles françaises décident de rendre visite à leurs cousins d’Alaska et du Yukon. Pour planifier le séjour, je rencontre Paul Birckel fils qui ouvre ses boîtes d’archives. Il montre les articles de journaux français sur la famille canadienne ainsi que les lettres reçues, qu’il me demande de traduire, n’ayant jamais pu les lire.

Paul avertit tous les membres de sa famille qui nous reçoivent de Haines, Alaska jusqu’au lac Kluane. À chaque arrêt, nous en apprenons plus sur la vie de ces familles. Elles nous montrent les photos de famille et font découvrir le riche héritage autochtone. Plusieurs Jacquot et Birckel ont été impliqués dans la politique de leurs nations, tlingit en Alaska et Shadhäla yè ashèyi Kwadan au Yukon.

Paul reçoit les treize cousins français à son camp de pêche au saumon à Klukshu. Il explique comment fonctionne la trappe à poisson traditionnelle qui barre le ruisseau. Un repas de saumon est de mise dans les cabanes en rondins.

Le gouvernement du Yukon fera une réception d’accueil pour souligner la rencontre familiale. La dernière journée, les familles de Carmacks à Kluane (Jacquot, Birckel et Mazur de Haines Junction par alliance), invitent leurs cousins français à un souper d’adieu. Jean-Luc Jacquot-Fréchard, maire de Rombach-le-Franc, en Alsace, reçoit alors un cadre de paysage yukonnais de Libby Dulac, artiste peintre rencontrée à Haines Junction, et une rame de cérémonie ornée des motifs traditionnels des clans du Yukon. Je reverrai les familles Jacquot et Birckel en France. Le voyage demeure gravé dans leur mémoire.

Paul Birckel, chef d’une Première Nation yukonnaise, aura donc permis de ressouder les liens familiaux entre le Yukon et la France.

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