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Dawson : Rentrée francophone retardée

Laurie Trottier

Au coeur du Klondike, à Dawson, les élèves devront attendre un peu plus longtemps avant que le programme de français langue première accueille sa première cohorte.

Photo : Flickr.

 

La communauté francophone de Dawson se préparait à une rentrée historique cette année. En mars dernier, la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) annonçait qu’un programme de français langue première allait y ouvrir ses portes en septembre, mais l’ouverture a finalement été repoussée peu de temps avant la rentrée des classes.

« C’est certain qu’il y a une déception qu’on ne puisse pas ouvrir l’école immédiatement », explique Marc Champagne, directeur général de la CSFY.

Les démarches se poursuivent

La CSFY comptait 15 préinscriptions pour le programme, qui devait démarrer avec une classe de maternelle 4 et 5 ans, et une autre de première et de deuxième année.

Quant aux raisons expliquant le délai, Marc Champagne estime que la phase de consultation avec les différents acteurs de la région n’était pas tout à fait terminée. « C’est une petite communauté, c’est un contexte différent de celui de Whitehorse et il y a différentes ententes entre autres avec la Première Nation [Tr’ondëk Hwëch’in]. On doit donc naviguer tout ça, pour s’assurer que tout est en place et pour partir du bon pied », précise le directeur. Aucune date future n’a été annoncée.

Pour Mary-Pier Bruneau, mère d’enfants préinscrits, ce délai aura des conséquences sur l’organisation familiale. Elle souhaitait accorder plus de temps à ses projets personnels dès la rentrée. En raison des circonstances, elle poursuivra l’enseignement avec ses enfants pour une huitième année à travers l’école Nomade, le programme d’éducation à distance en français de la CSFY.

« Je nage dans le néant », avoue-t-elle, ne sachant pas combien de temps ses deux filles devront poursuivre leurs études à distance. « Depuis le début, moi, j’avais l’impression que ce projet allait de l’avant. Je n’étais pas préparée [à ce changement]. » Sept des quinze familles affectées par le délai d’ouverture se tourneront vers l’école Nomade.

Garder une présence à Dawson

Si le programme est reporté, certaines activités sont maintenues. Un programme préscolaire a été développé et plusieurs ressources demeurent accessibles, telles qu’une bibliothèque, des ressources éducatives et une collection de jeux de société.

« Ce n’est pas ce qu’on aurait voulu, mais on est en mesure d’établir une présence », estime Marc Champagne, en précisant qu’une responsable des relations communautaires est toujours sur place.

Si cela change beaucoup de choses à la dernière minute pour la famille de Mary-Pier Bruneau, celle-ci ne perd pas espoir : « Un groupe multiniveau, une sorte d’école de la forêt avec beaucoup plus de possibilités pour stimuler l’entraide, c’est une belle opportunité qui s’ouvre pour nous. Et le temps en plein air, c’est super important. »

Malgré ces bouleversements, Mary-Pier Bruneau n’a jamais songé à effectuer la transition vers une école anglophone : « Les filles sont dans un milieu anglophone et c’est juste moi leur influence francophone. Et c’est important qu’on garde cela. »

Pour Marc Champagne, les délais représentent un gage de réussite pour le futur de l’institution qui deviendra l’école francophone la plus au nord du Canada. « Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin », lance-t-il.

IJL – Réseau.Presse
L’Aurore boréale

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