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Cannabis : trois ans après la légalisation, la livraison à domicile est envisagée

Maurine Forlin

La consommation de produits cannabiques légaux a le vent en poupe au territoire. C’est du moins ce que révèle le récent rapport annuel 2020-2021 du gouvernement du Yukon. Les points de vente souffrent cependant de la crise sanitaire et souhaitent répondre à la demande grandissante d’achats en ligne, jusqu’ici interdits. Dans la foulée de ce nouveau rapport, le ministre Ranj Pillai a répondu à l’appel des commerces agréés et a proposé une modification à la Loi sur le contrôle et la réglementation du cannabis pour permettre la vente en ligne et la livraison à domicile.

Entre avril 2020 et mars 2021, Cannabis Yukon a écoulé 580 kg de cannabis contre 417 kg l’année précédente, sans compter les produits dérivés, selon le rapport officiel du gouvernement du Yukon. Photo :
Maurine Forlin.

 

 

Le rapport annuel du gouvernement du Yukon sur les produits cannabiques révèle que la vente de produits à base de cannabis s’élevait à 6 070 156 dollars entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021.

Au cours de cette période, la Société des alcools du Yukon, responsable de l’achat et la vente du cannabis et des produits dérivés, a acheté pour 4,2 millions de dollars de produits cannabiques, soit une augmentation d’un demi-million de dollars par rapport à l’année précédente.

Une augmentation positive selon le ministre Pillai, qui précise qu’« après seulement trois ans de légalisation, il y a encore beaucoup à apprendre sur le marché du cannabis qui en est encore à ses tout débuts ».

Un accès facilité

Avec cinq points de vente, un producteur local et 19 partenariats avec des producteurs hors Yukon, l’industrie du cannabis légal est de mieux en mieux implantée au territoire.

Certaines communautés ne bénéficient cependant toujours pas d’une boutique physique. La vente en ligne reste, pour ces dernières, le recours idéal pour éviter de longs trajets.

La pandémie pousse également de nombreux consommateurs et consommatrices à prioriser la livraison à domicile. Jusqu’ici, seul le site du gouvernement Cannabis Yukon permet la vente en ligne et la livraison.

Les démarches peuvent cependant être assez longues. « Un service de livraison plus efficace et plus développé est à la fois plus sécuritaire en temps de pandémie et permet de contrer le marché illicite », explique Jeremy Jones, copropriétaire de la boutique Triple J’s Canna Space à Whitehorse.

Encourager le secteur privé

Le rapport annuel du gouvernement stipule que la vente en ligne représente à peine 0,2 % des ventes totales. Jeremy Jones réfute cependant les statistiques du gouvernement : « Au début de l’état d’urgence, nous avons été autorisés à vendre en ligne pendant 81 jours. Sur cette courte période, le commerce virtuel représentait 30 % de nos ventes », affirme-t-il, soulagé de voir les changements qu’il réclame depuis plus d’un an se réaliser enfin.

« L’objectif de ce nouvel amendement est essentiellement de donner l’opportunité aux commerces privés de gonfler leurs ventes, explique le ministre Pillai. Les détaillants autorisés savent comment tirer profit de la législation, ils connaîtront certainement un taux de vente en ligne significativement plus élevé », conclut-il.

Sensibiliser à une consommation responsable

Les clichés négatifs qu’a portés le cannabis avant la légalisation s’estompent petit à petit. La clientèle de la boutique Triple J’s Canna Space se compose autant d’athlètes que de personnes de plus de 65 ans.

« Le plus important est que les gens soient informés et consomment de façon responsable afin de bénéficier de tous les bienfaits du cannabis », précise Jeremy Jones, qui s’efforce de sensibiliser sa clientèle et de maximiser l’expérience.

La vaste gamme de produits dérivés, allant du chocolat aux bombes pour le bain, permet aussi aux personnes non-fumeuses d’explorer les vertus de la marijuana. Comparativement aux années précédentes, la vente de ces produits dérivés a d’ailleurs été 20 fois plus grande cette année, selon le rapport annuel du gouvernement.

Avec la légalisation de la livraison à domicile, le secteur privé possédera toutes les clés pour répondre à la demande grandissante.

IJL – Réseau.Presse  L’Aurore boréale

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