le Jeudi 2 février 2023
le Jeudi 22 Décembre 2022 8:00 | mis à jour le 3 janvier 2023 11:51 Société

Des repas-partage inclusifs pour vos célébrations

  Photo : Pexels
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Le temps des fêtes est à nos portes et les traditionnels repas partagés se multiplient en cette saison. Selon Sylvain Charlebois, un chercheur qui a analysé les prix des denrées alimentaires, le potluck sera à l’honneur pour le temps des fêtes cette année. Mais entre restrictions alimentaires, allergies et choix d’alimentation, les repas-partage peuvent devenir un casse-tête. Voici quelques notions à prendre en compte pour que les repas des fêtes soient des plus inclusifs.

L’inclusion peut se refléter de plusieurs façons, et ne s’arrête pas au moment où on met la table.

Accommoder plusieurs régimes alimentaires, prendre en considération certaines intolérances ou allergies, mais aussi adapter notre lieu de réunion aux différents âges et réalités ou s’assurer que nos convives soient à l’aise tout au long de la soirée : voici quelques façons d’apporter une touche d’inclusion au menu des célébrations.

Être inclusif à travers l’alimentation

Pour qu’un repas soit inclusif, plusieurs régimes alimentaires doivent être pris en compte. « Ce qui revient souvent, c’est le sans gluten, tout ce qui est diète végétarienne ou végétalienne et les allergies aux noix et les intolérances au lactose également », précise Anna Ly, diététiste professionnelle et coordonnatrice du programme « Bébé en santé, avenir en santé » des Essentielles. Selon les statistiques du gouvernement du Canada, environ 6 % des enfants et entre 3 et 4 % des adultes au pays souffrent d’allergies alimentaires. Certaines parmi les plus communes étant les allergies aux arachides, noix, laits, œufs, graines de sésame et blé.

« Si les gens reçoivent des mamans qui allaitent, c’est bon de vérifier avec elles aussi si elles ont une diète restrictive due à l’allaitement. »

— Anna Ly, diététiste professionnelle et coordonnatrice du programme « Bébé en santé, avenir en santé » des Essentielles.

« Si les gens reçoivent des mamans qui allaitent, c’est bon de vérifier avec elles aussi si elles ont une diète restrictive due à l’allaitement », ajoute Anna Ly.« [Il] ne [faut] pas avoir peur de dire quelle est notre alimentation », partage Annie Maheux, agente de projets Arts et culture à l’Association franco-yukonnaise et organisatrice de plusieurs événements culinaires, notamment des cafés-rencontres. Il n’est pas chose évidente de prédire toutes les différentes restrictions alimentaires de nos convives. Poser la question à nos proches et prendre conscience des différences favorise l’inclusion, selon elle.

Si elle est amenée à préparer un repas, Anna Ly prévoit quant à elle une plateforme sur laquelle les convives peuvent partager leur régime alimentaire : « Dans la mesure du possible, j’envoie un genre de google doc où les gens peuvent écrire leurs allergies alimentaires, mais aussi des fois j’inscris les aversions alimentaires », partage-t-elle.

Une bonne astuce évoquée par la diététiste est de préparer ses plats en intégralité. « Si les gens ont le temps, cuisiner des recettes from scratch à la maison, souvent ça va être plus simple, parce qu’on sait exactement quels ingrédients sont mis dans les recettes », explique-t-elle.

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Un autre conseil pour satisfaire un plus large éventail de convives lorsqu’on cuisine est de se tourner vers une alimentation végétale : « Quand on vise des aliments végétariens, souvent ça va couvrir plus de restrictions alimentaires, souvent ça va être moins cher aussi », rapporte Anne Ly. Selon une étude menée par l’Université de Dalhousie en Nouvelle-Écosse sur les habitudes alimentaires au sein de la population canadienne, 3 % des Canadiennes et Canadiens se considèrent végétaliens alors que 2 % se considèrent végétariens.

Un autre aspect important soulevé par Annie Maheux est d’avoir une option de breuvage sans alcool. « Avoir de la bière sans alcool [ou une option de cocktail sans alcool] permet que, s’il y a des gens qui choisissent de ne pas boire, ces personnes ne se sentent pas mises de côté et ne ressentent pas de pression. »

Savoir recevoir

L’inclusion passe également par la manière dont on reçoit nos convives. C’est « dans l’attitude avec laquelle on reçoit, […] dans l’attitude d’ouverture », soutient Annie Maheux.

« Être ouvert à ce que les gens invitent des gens de différents âges », fait-elle remarquer, est quelque chose d’important. Pensez à prévoir la situation où des enfants ou des personnes à mobilité réduite seront présentes. Préparer son domicile en conséquence est une façon de rendre notre rassemblement plus inclusif.

Annie Maheux souligne également l’inclusivité envers les propriétaires de chiens. Elle propose une alternative pour les hôtesses et hôtes chez qui les animaux ne sont pas autorisés. « [Tu peux dire] ton chien je ne peux pas l’avoir, mais vous pouvez le laisser dans l’auto et on va aller faire une marche ensemble à un moment! »

« Être inclusif, c’est aussi communiquer avant et pendant », conclut Annie Maheux sur le sujet. La clé pour des festivités réussies et inclusives, c’est de laisser place à la communication et d’échanger dans le respect!

Astuces simples pour une gastronomie inclusive

Quelques idées de substitution :

  • Lait : Lait végétal (avoine, riz, soja, amande)
  • Œufs : Graines de chia trempées dans l’eau / Graines de lin moulues trempées dans l’eau
  • Beurre : Margarine ou beurre végétal / Huile d’olive ou de canola pour la cuisson
  • Mayonnaise : Mayonnaise végétale (à s’y méprendre)
  • Farine de blé : Farine de riz, sarrasin ou pois chiche (sans gluten) ou farine sans gluten
  • Viande hachée : Sans viande (disponible dans les sections de produits à base de plantes).

« Beaucoup de produits laitiers en ce moment au Yukon ont une option plant-based, […] et coûtent même moins cher. […] Le marketing est vraiment fait [pour] qu’ils se trouvent à côté des produits équivalents. »

— Annie Maheux