le Dimanche 4 Décembre 2022
le Jeudi 24 novembre 2022 5:06 | mis à jour le 30 novembre 2022 14:29 Société

La violence genrée dénoncée dans toute sa pluralité

L’an passé, la vigile du 6 décembre s’était tenue devant la statue honorant les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées du Yukon, signe que la lutte vers l’égalité des genres et la fin des violences envers les femmes est loin d’être terminée.  — Photo : Laurie Trottier
L’an passé, la vigile du 6 décembre s’était tenue devant la statue honorant les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées du Yukon, signe que la lutte vers l’égalité des genres et la fin des violences envers les femmes est loin d’être terminée.
Photo : Laurie Trottier
Les organismes de défense des droits des femmes au Yukon s’attaquent aux problèmes systémiques lors de la campagne des 16 jours contre la violence basée sur le genre, qui débute le 25 novembre.

La crise du logement, la pauvreté, le racisme, la discrimination envers les personnes LGBTQ2S+ et bien d’autres luttes ont toutes un rôle à jouer dans la violence basée sur le genre : c’est l’avis des Essentielles, le groupe de défense des droits des femmes francophones du Yukon et du Centre des femmes Victoria Faulkner, qui ont décidé d’en faire le thème d’une campagne triennale.

« C’est une campagne d’action qui est dirigée vers le pouvoir plutôt que vers les changements individuels », explique Laurence Rivard, directrice des Essentielles. Il s’agit de montrer comment la violence genrée est systémique et intersectionnelle, et qu’il faut se pencher sur plusieurs enjeux pour y remédier.

« Le problème du logement, l’approvisionnement sécuritaire de drogues pour la crise des opioïdes… ce sont tous des éléments auxquels il faut s’attaquer pour enlever des barrières », précise Sofia Ashley, directrice du Centre des femmes Victoria Faulkner. « Quand on fait des améliorations dans toute notre communauté pour que tout le monde vive mieux, ça a un effet tangible. »

Elle cite en exemple le problème d’accès au logement. « Si je ne peux pas quitter ma relation parce que je ne peux pas trouver une maison où vivre, je vais rester », illustre-t-elle.

Autant d’aspects que d’activités

Le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, marque le début de la campagne des 16 jours déployée à travers plus de deux semaines d’activités.

Le 24 novembre, un atelier de création de pancartes aura lieu au Centre des femmes Victoria Faulkner en prévision de la marche nocturne le soir même à 17 h 30. « On va marcher du centre Victoria Faulkner jusqu’au palais de justice. C’est une marche qui se fait partout au Canada, qui a été faite plusieurs fois à Whitehorse. Le principe, c’est le droit des femmes de marcher en sécurité la nuit sans avoir peur », explique Laurence Rivard.

Les personnes s’identifiant comme hommes sont invitées à marcher en arrière des femmes pendant l’activité afin de soutenir la cause.

Le 25 novembre, l’Association canado-iranienne du Yukon tiendra un kiosque à l’Assemblée législative pour « expliquer ce qui se passe en Iran en ce moment, l’histoire de la lutte et comment on peut aider », ajoute Sofia Ashley.

La vigile du 6 décembre, qui a lieu chaque année partout à travers au Canada pour commémorer les 14 victimes du féminicide à la Polytechnique de Montréal, se déroulera à l’intérieur cette année, à l’Assemblée législative du Yukon.

Le soir du 6 décembre, une projection de Je vous salue salope, la misogynie à l’ère du numérique, réalisé par Léa Clermont-Dion et Guylaine Maroist, est proposée au Yukon Theatre, en collaboration avec l’Association franco-yukonnaise. Le film est bilingue : une projection sous-titrée en français aura lieu à 18 h, et une autre sous-titrée en anglais à 19 h 45.

16 appels à l’action

Se concentrer sur les enjeux systémiques plutôt qu’individuels permet également aux organismes féministes de tenir les différents paliers de gouvernement responsables et de leur demander des comptes quant à leurs engagements pour lutter contre la violence genrée. « Ça nous permet d’ajouter une dimension plus politique à notre campagne des 16 jours », estime Laurence Rivard.

Un des appels à l’action les plus importants pour Sofia Ashley est celui concernant le financement des organismes à but non lucratif. « Si on est tout le temps [en tant qu’organisme] en train de lutter pour survivre, c’est impossible de faire du bon travail. Il nous faut du financement de base pour qu’on puisse garder notre personnel et développer des programmes », soutient-elle.

Laurence Rivard ajoute que les appels à l’action serviront aussi à questionner les candidats et candidates lors des futures élections municipales et territoriales.

Plus tôt en novembre, la ministre responsable de la Direction de la condition féminine et de l’équité des genres, Jeanie McLean, a accueilli le Plan d’action national du Canada pour mettre fin à la violence fondée sur le genre.

« Ce cadre national a été élaboré à la suite d’une consultation auprès d’un large éventail d’intervenants, dont des survivants, des fournisseurs de services de première ligne, des défenseurs des droits et des universitaires, affirme cette dernière par voie de communiqué. Il représente des mois de collaboration entre nos gouvernements et nos partenaires autochtones. »

 

IJL – Réseau.Presse – L’Aurore boréale