le Dimanche 4 Décembre 2022
le Jeudi 29 septembre 2022 4:58 Spiritualité

La statue de la Vierge du Cap-de-la-Madeleine de nouveau à Whitehorse

La statue de la Vierge Marie du Cap-de-la-Madeleine en route vers le Yukon au début des années 1950. Photo : Archives Deschatelets.
La statue de la Vierge Marie du Cap-de-la-Madeleine en route vers le Yukon au début des années 1950. Photo : Archives Deschatelets.

La nouvelle année pastorale 2022-23 commence. La messe a toujours lieu à midi. Les sessions de Petite Pasto mensuelle pour les petits de 3 à 7 ans reprendront en octobre. Nous sommes toujours à la recherche d’un prêtre francophone.

La statue de la Vierge Marie du Cap-de-la-Madeleine en route vers le Yukon au début des années 1950. Photo : Archives Deschatelets.

Histoire d’une visite

En cette fin d’été 2022, le diocèse de Whitehorse recevait pour une seconde fois dans son histoire la statue de la Vierge du Cap-de-la-Madeleine. Quelle est donc l’importance de la venue au Yukon d’une statue d’un haut lieu du catholicisme canadien-français et nord-américain? Les réponses peuvent varier, même chez les personnes croyantes. Cela va de la dévotion, à l’intercession, à la réflexion.

En général, comme à Lourdes et à Fatima, les gens vont à la statue. Ici, la statue vient vers les gens. À part les considérations religieuses, la statue provient d’un haut lieu du patrimoine canadien-français. Elle est aussi liée aux oblats de Marie-Immaculée, ordre qui a œuvré au Yukon.

L’ordre des oblats a été fondé par Saint-Eugène de Mazenod en 1826. Noble, il a fui avec ses parents la Révolution française en Italie, où il a connu la pauvreté. Revenu en France, il s’est associé au sort des personnes démunies, en particulier à celui des prisonniers. Il a donc fondé en 1826 un ordre qui vivrait avec les gens au lieu de vivre dans des monastères.

En 1841, monseigneur Bourget de Montréal a fait venir l’ordre pour desservir les nouvelles terres défrichées d’Abitibi ainsi que le million de Canadiens français travaillant en Nouvelle-Angleterre, comme la famille d’Émilie Tremblay. Quatre ans plus tard, monseigneur Provencher de Saint-Boniface a demandé à l’ordre de desservir son diocèse, qui s’étendait du Manitoba à l’île de Vancouver, jusqu’en Alaska. Le Yukon était donc terre oblate.

À cause de la dévotion du fondateur de l’ordre à la Vierge Marie, mère du Christ, on a confié aux oblats le sanctuaire du Cap-de-la-Madeleine et de plusieurs autres sites en Amérique, dont celui du lac Sainte-Anne en Alberta, au nord-ouest d’Edmonton, haut lieu de pèlerinage pour les métis et les Premières Nations. À la première église du Cap-de-la-Madeleine, construite en 1694, s’est ajoutée une seconde église en 1879. Il fallait la pierre de l’autre côté du fleuve Saint-Laurent.

Cette année-là, le printemps était doux, menaçant le pont de glace. Les gens intercédant, le pont a résisté pendant neuf jours, le temps d’une neuvaine à Marie. On dit que la Vierge avait voulu que l’église soit construite. Le lieu deviendra un lieu de pèlerinage important.

La statue était déjà venue au Yukon au début des années cinquante. Un pionnier de la communauté francophone du Yukon, le père Jean-Paul Tanguay, a raconté dans sa chronique de L’Aurore boréale des années 1990, « Si le Nord m’était conté… », les périples du transport de la statue à une époque où les voies de communication étaient difficiles – en roulotte, en barque, en charrette – afin de visiter chaque paroisse du Nord-Ouest canadien.

On retrouve photos et narration dans son livre Mon Petit Monde publié par l’Aurore boréale en 1998.

En 2022, la statue est revenue de nouveau dans chacune des paroisses du Yukon.