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le Jeudi 10 mars 2022 6:02 | mis à jour le 28 novembre 2022 13:52 Sports - Loisirs

Une équipe vétérinaire 100 % francophone pour la Percy DeWolfe

Seul le contrôle vétérinaire la veille du départ est obligatoire. Catherine Rouleau, Yannick Klein et Emmanuelle Cottin y examinent les chiens. Photo : Yukan Productions.
Seul le contrôle vétérinaire la veille du départ est obligatoire. Catherine Rouleau, Yannick Klein et Emmanuelle Cottin y examinent les chiens. Photo : Yukan Productions.

Le 3 mars 2022, huit équipages se sont élancés sur le fleuve Yukon depuis Dawson à l’occasion de la course de traîneaux à chiens Percy DeWolfe Memorial Mail Race. Trois vétérinaires les accompagnaient pour s’assurer du bien-être des chiens, tous les trois francophones.

Seul le contrôle vétérinaire la veille du départ est obligatoire. Catherine Rouleau, Yannick Klein et Emmanuelle Cottin y examinent les chiens. Photo : Yukan Productions.

Yannick Klein a exercé pendant quinze ans en France avant de déménager au Yukon, où il a mis sa carrière de vétérinaire sur pause. Pour garder un lien avec elle cependant, il offre de son temps à la course de traîneaux Percy DeWolfe en tant que vétérinaire en chef.

Chargé du recrutement des membres de son équipe, le hasard a fait que, cette année, ses collègues étaient toutes les deux francophones. Emmanuelle Cottin a quitté le nord de la France quelques jours pour devenir bénévole, alors que Catherine Rouleau participe dans le cadre de son travail au Centre médical vétérinaire Alpine, commanditaire de la course.

Une ambiance chaleureuse sur la course

Les trois vétérinaires sont unanimes : c’est l’aspect convivial de la course qui les attire tant. Yannick Klein en est à sa quatrième participation : « Même s’il y a de la compétition, je trouve que l’état d’esprit des mushers est différent. Leur but semble être d’arriver avec des chiens heureux, plutôt qu’en première position. Ils prennent donc tout le temps de repos nécessaire pour le bien-être de leurs chiens. »

Emmanuelle Cottin renchérit : « Si on compare avec la Yukon Quest, je pense qu’il y a moins de pression sur cette course. » La vétérinaire, spécialisée en rééducation fonctionnelle et médecine sportive du chien, a déjà été bénévole sur des courses de longues distances en France et en Norvège.

Des vétérinaires perçus comme des partenaires

Sur la Percy DeWolfe, seul le contrôle vétérinaire la veille du départ est obligatoire. L’équipe vétérinaire s’assure cependant de l’état de santé des chiens pendant et après la course. Catherine Rouleau détaille son rôle : « Les mushers viennent nous voir directement s’ils ou elles ont la moindre inquiétude par rapport à un de leurs chiens. Nous sommes toujours là pour les aider. »

« On s’assure que les chiens sont en bonne santé, mais aussi qu’ils sont toujours heureux de courir », ajoute Yannick Klein.

Emmanuelle Cottin nuance : « Notre rôle, sur une course de longue distance, est aussi de jouer les garde-fous. Parfois, avec la fatigue ou l’euphorie de la course, les mushers perdent un peu de lucidité quant à l’état de santé de leurs chiens. »

Une francophonie appréciée

Si cette année un seul attelage est francophone, Yannick Klein pense qu’une équipe vétérinaire bilingue est un réel atout : « Sur mes quatre participations, il y a toujours eu une présence francophone dans la compétition. Les mushers ont l’air content de pouvoir échanger dans leur langue. Ça leur facilite la vie! »

La Percy DeWolfe est une course hommage au « facteur » du Nord qui transportait le courrier entre Dawson et Eagle en Alaska, de 1910 à 1949. Cette année, en raison de la pandémie qui rend les passages de frontières complexes, l’itinéraire a été modifié pour rester au Yukon. La course ne fait donc que 270 kilomètres au lieu des 320 habituels.