le Dimanche 29 janvier 2023
le Jeudi 2 avril 2020 16:50 Sports - Loisirs

Solidaires dans le sport et l’isolement

Photo : Julien Latraverse
Photo : Julien Latraverse

L’annulation des Jeux d’hiver de l’Arctique n’a pas empêché les membres de l’équipe du Yukon en sports arctiques de se livrer à une compétition amicale le lundi 16 mars dernier.

Photo : Julien Latraverse

Les équipes masculine et féminine de la discipline des sports arctiques du Yukon se sont adonnées à une compétition amicale avec l’Alaska malgré l’annulation des Jeux d’hiver de l’Arctique.

L’initiative, née d’une collaboration entre le Yukon Aboriginal Sport Circle (YASC), la Société hôte des Jeux d’hiver de l’Arctique de 2020 et d’Équipe Yukon a permis à dix adolescents et adolescentes de prouver le fruit de leur entraînement des derniers mois. Non pas seulement à leurs entraîneurs et aux quelques spectateurs présents, mais aussi vis-à-vis certains de leurs compétiteurs basés à Juneau grâce à une diffusion en simultanée par vidéoconférence. « En cette période de difficulté, c’est un moyen de garder des contacts sociaux […] et en certains sens, de rester solidaire avec le groupe en Alaska et entre les athlètes », témoigne le directeur du Yukon Aboriginal Sport Circle, Gaël Marchand.

Ce dernier expose aussi la nécessité de ce projet pour souligner le développement des jeunes participants. « Plusieurs avaient des objectifs d’atteindre des records […], c’était important pour eux qu’ils aient la chance de tenter ce qu’ils avaient prévu de faire », estime M. Marchand. Un commentaire qui résonne particulièrement aux oreilles de Lou Samson. En effet, l’adolescent de 16 ans s’entraînait depuis plus de quatre mois dans l’optique de décrocher une médaille d’or aux Jeux d’hiver de l’Arctique. « C’était ma chance cette année […], c’était sûrement mes derniers Jeux », reconnaît-il.

Se changer les idées

Cette démonstration sportive était aussi un moyen de se changer les idées pendant l’épidémie du coronavirus. Comme l’indique Lou Samson, en cette période d’isolement, « tout le monde reste chez eux ». L’activité arrive à point nommé selon l’adolescent qui est heureux « d’avoir quelque chose à faire pendant la semaine de relâche ». Un avis partagé par un des membres de son équipe, Lang Honhorn. « Le coronavirus nous a pris beaucoup de choses […], cette solution l’empêche de nous prendre notre fun », déclare avec optimisme l’étudiant à l’Académie Parhélie.

Des mesures préventives ont toutefois été mises sur pied pour éviter de mettre en danger la santé des personnes présentes. Suivant les directives des autorités sanitaires à l’heure d’écrire ces lignes, la capacité du bâtiment a été maintenue à 50 personnes et moins en plus d’obliger quiconque voulant rentrer dans les lieux à bien se désinfecter les mains.

En fin de compte, même si le Yukon a remporté l’événement, le directeur du YASC rappelle que l’essence de cette joute visait à se serrer les coudes et ne pas sombrer dans la panique générale.