le Dimanche 5 février 2023
le Jeudi 5 mars 2020 6:03 Scène locale

La profession de sage-femme enfin intégrée dans le modèle de soins yukonnais

Photo : Pixabay
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Alors qu’il était jusqu’à maintenant impossible pour les sages-femmes au Yukon d’être légalement reconnues et difficile pour les femmes enceintes d’avoir accès à leur service, l’intégration de cette profession dans les modèles de soin, annoncée le lundi 24 février par le gouvernement, est une avancée cruciale pour les services de santé yukonnais et notre population.

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Jusqu’à maintenant, le Yukon était l’une des dernières juridictions à ne pas avoir régularisé la profession de sage-femme au Canada. S’il était possible d’avoir accès aux soins de quelques-unes d’entre elles, il restait cependant onéreux pour certaines femmes puisque le service restait du domaine privé. De plus, l’application de l’ensemble de leurs compétences restait encore limitée : impossibilité de participer à l’accouchement à l’hôpital, de prescrire les médicaments requis, d’avoir accès aux tests de laboratoire essentiels aux femmes et à leurs nouveau-nés. Autant de services qu’une sage-femme peut normalement offrir après quatre années d’études spécialisées en supplément d’un accompagnement complet et personnalisé avant, pendant et après l’accouchement. En régularisant les pratiques de la sage-femme, celle-ci pourra alors permettre à la femme enceinte de faire le choix d’accoucher à domicile tout en ayant un accès à un hôpital au besoin puisque son métier y sera reconnu. Par contre, c’est un ensemble de services hors de la portée des femmes ne parlant pas anglais puisque aucune sage-femme francophone n’est présente sur le territoire.

Un combat de longues années

La décision de la régularisation de la profession n’a cependant pas été évidente. En 2015, l’Association des sages-femmes du Yukon voit le jour avec plus de 150 membres, un bureau actif et trois sages-femmes. Une association qui n’aura depuis cessé d’œuvrer à la reconnaissance de la profession en prenant activement part au débat, en sensibilisant la population et dont certaines membres auront été choisies pour la création d’un comité consultatif sur la pratique de la sage-femme. En 2016, le parti libéral est élu au gouvernement et le premier ministre avait alors promis, avant la fin 2018, la régularisation et la mise à disposition de fond afin de réglementer et développer des services de sage‑femme dans le territoire. En automne 2018, un sondage effectué auprès de la population yukonnaise a donné un résultat de 83,5 % favorable et 75 % des participants estimaient qu’il était « très important » d’avoir accès à leur service.

Une victoire méritée

C’est après plusieurs années d’efforts communautaires que le Yukon verra se mettre en place la régularisation de la profession des sages-femmes et leur arrivée officielle dans la ville de Whitehorse dans un premier temps. C’est grâce à cette avancée que les francophones auront enfin accès à leur service, soit par la présence d’une sage-femme bilingue ou grâce à la possibilité de traduction gratuite proposée pour les services de santé officiel. Kathleen Cranfield, la présidente de l’Association des sages-femmes du Yukon, assure que « ce serait une nécessité et un atout pour le système de santé de recruter une sage-femme francophone ». Des services que l’on espère voir se développer efficacement pour l’ensemble des communautés, même les plus éloignées.

 

 

 

Le projet de balados L’Aurore en ondes a été rendu possible grâce à un financement des gouvernements du Québec et du Yukon en vertu du programme de coopération intergouvernementale en matière de francophonie canadienne.