le Mardi 7 février 2023
le Jeudi 20 février 2020 11:26 Divers

Rusés renards résident en ville

David Bakica appelle à la prudence sur les routes près des zones où des renards sont actifs. « Nous recevons deux appels par mois pour nous signaler un renard blessé ou frappé par un véhicule », commente-t-il.
Photo : Julie Gillet
David Bakica appelle à la prudence sur les routes près des zones où des renards sont actifs. « Nous recevons deux appels par mois pour nous signaler un renard blessé ou frappé par un véhicule », commente-t-il. Photo : Julie Gillet

C’est une réalité : il y a effectivement beaucoup de renards qui rôdent aux alentours de Whitehorse. Le redoux rend ce mammifère plus actif à l’orée de la saison des amours.

David Bakica appelle à la prudence sur les routes près des zones où des renards sont actifs. « Nous recevons deux appels par mois pour nous signaler un renard blessé ou frappé par un véhicule », commente-t-il.
Photo : Julie Gillet

 

Inutile de se promener longtemps en soirée dans les rues de Whitehorse pour apercevoir des renards roux vagabonder ici et là. Ces mignons mammifères sont particulièrement actifs à ce moment de l’année, mais demeurent des animaux sauvages et doivent être traités comme tels pour éviter de mauvaises surprises au printemps.

« Il y en a définitivement beaucoup », reconnaît d’emblée l’agent de conservation pour l’arrondissement de Whitehorse, David Bakica. La population de ce canidé serait « relativement haute » depuis les cinq dernières années, mais demeure néanmoins stable, souligne-t-il.

Selon lui, il est difficile de rattacher cette occurrence à un facteur précis. La population plus faible de coyotes pourrait favoriser les renards, notamment sur le plan du partage de l’habitat et des proies. Agent de conservation depuis plus de quinze ans au Yukon, M. Bakica pointe principalement l’activité humaine pour expliquer cette recrudescence. « Les renards se terrent pendant des périodes plus froides pour économiser de l’énergie », rapporte-t-il. « Avec les températures plus chaudes du mois de février, il est plus porté à aller chercher de la nourriture en ville [où elle est plus facilement accessible] », ajoute-t-il.

L’humain pointé du doigt

Les milieux urbains représentent une source alimentaire abondante pour ces animaux reconnus pour leur intelligence. Un bac de compost ou une poubelle mal sécurisée est une véritable mine d’or pour les renards. « Plusieurs personnes les nourrissent intentionnellement et favorisent l’association entre la ville et la nourriture, pour eux » témoigne aussi David Bakica. L’agent de conservation en profite pour rappeler qu’il est strictement interdit de nourrir des animaux sauvages. « Ils sont peut-être jolis, mais il est crucial d’empêcher de les rendre confortables avec les humains », insiste-t-il.

Une autre explication de ce phénomène réside dans l’approche imminente de la période d’accouplement des renards. « Ils commencent à creuser des terriers vers la fin du mois de février pour se reproduire en mars », souligne M. Bakica, avant d’ajouter : « croyez-moi, vous ne les voulez pas dans votre cours ». Selon lui, ces mammifères peuvent provoquer un énorme désordre près d’une habitation. Les marques de territoire particulièrement nauséabondes de l’animal mêlées aux odeurs de carcasse de petits animaux provoquent plusieurs désagréments. Pour éviter ce genre de situation, l’agent de conservation recommande de condamner toutes les issues aux alentours d’un terrain. « Et n’hésitez pas à leur crier dessus pour les faire fuir », conseille-t-il.

David Bakica met l’accent sur l’importance de ces mesures préventives. Il est impératif de réagir adéquatement si un renard décide de s’installer près d’une habitation. « Nous ne faisons pas de relocalisation, c’est pour cela qu’on tente de faire le plus d’éducation possible », explique-t-il, compte tenu de la main-d’œuvre limitée, du manque de fonds et de temps chez les services de conservation. « Il n’y a aucun avantage à laisser un renard faire son terrier près de chez soi », conclut avec aplomb l’agent de conservation.

 

https://soundcloud.com/user-741248679/ruses-renard-resident-en-ville-lu-par-philippe-cardinal

Le projet de balados L’Aurore en ondes a été rendu possible grâce à un financement des gouvernements du Québec et du Yukon en vertu du programme de coopération intergouvernementale en matière de francophonie canadienne.