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2020 : écologie, enjeux sociaux et solidarité étaient au rendez-vous

Laurie Trottier

L’an 2020 est maintenant chose du passé. Si plusieurs souhaitent rapidement tourner la page, reste que celle-ci a été empreinte d’ingéniosité, d’engagement communautaire et de réussite. L’Aurore boréale vous propose de revisiter les bons coups de cette année haute en émotions.

À gauche : En mars, les Jeux d’hiver de l’Arctique ont été annulés. Un rassemblement officiel a tout de même réuni plusieurs centaines d’athlètes et de bénévoles qui s’étaient tant investis pour l’organisation des compétitions. (Photo : archives AB). Il s’agit du dernier rassemblement de cette ampleur depuis. À droite : Le drapeau de la francophonie yukonnaise a été hissé devant le CSSC Mercier le jour de la rentrée dans le nouvel établissement, en novembre 2020. (Photo : Patric Chaussé/CSFY)

Des résolutions vertes

Alors qu’une vague de froid traversait le Yukon en janvier, une source de chaleur a émané des engagements écologiques de la Ville de Whitehorse : du compost pour près de 2 000 logements. Le programme municipal est destiné à rendre le compostage plus facile, et a été accompagné de campagnes d’information bilingues et de distribution d’autocollants et d’affiches. Les résidents peuvent également télécharger l’application What Goes Where sur leur téléphone afin d’avoir la bonne information au bout des doigts.

De l’information pertinente et accessible, c’est aussi le mandat que se sont donné les élèves de 6e année de l’École Émilie-Tremblay, en publiant tout au long de 2020 des capsules intitulées Chacun son geste dans les pages de l’Aurore boréale. Les élèves ont concentré leurs efforts sur le thème de l’environnement en réfléchissant aux impacts des gestes posés au quotidien. Une façon ludique et éducative pour les élèves – et les lecteurs et lectrices du journal! – d’être davantage conscientisé.es sur le sujet.

Le centre de compostage de la Ville de Whitehorse existe depuis 2008, battant en brèche les idées reçues selon lesquelles le compostage au nord du 60e parallèle est difficile, voire impossible.
Photo : ville de Whitehorse

Moins de déchets au territoire

La nouvelle presse à balles pour les textiles installée à Raven Recycling constitue un pas de plus vers la diminution de déchets au Yukon. L’entente tripartite entre Raven Recycling, Whitehorse Firefights Charitable Society et le gouvernement territorial annoncée en février dernier a permis d’équiper le centre de recyclage de Whitehorse d’une machine pour recycler les textiles et en faire des balles, qui seront par la suite recyclées ou transformées.

Huit mois plus tard, deux initiatives gouvernementales voyaient également le jour. La Ville de Whitehorse a d’abord a déposé un projet de loi visant à interdire les sacs à usage unique. Si celui-ci est adopté rapidement, le Yukon pourrait devenir le premier territoire à emboîter le pas à d’autres provinces. Puis, le plan d’action Notre avenir propre a été annoncé. Cette stratégie gouvernementale de lutte contre les changements climatiques vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre du territoire de 30 % sous le niveau de 2010.

Loin des yeux, près du cœur

La pandémie aura eu raison de plusieurs occasions d’échanges et de contacts en 2020, mais elle n’est pas venue à bout de la solidarité des Yukonais et des Yukonaises. Mentionnons d’ailleurs la mise en place du groupe Facebook Entraide Yukon le 6 avril 2020 par l’Association franco-yukonnaise, une façon de resserrer les liens entre la communauté pendant cette période difficile. Près de 200 internautes y ont partagé mots d’encouragement, idées d’activités, conférences et formations, et continuent de le consulter.

Quant à elle, la microbrasserie Yukon Brewing s’est tournée vers la fabrication de désinfectants pour les mains dans le but d’en offrir gratuitement aux intervenant.es de première ligne et à ceux et celles travaillant dans les services essentiels.

C’est ce même élan de solidarité qui a mené la compagnie Yukonstruct à tendre la main aux membres de sa communauté. Rick Yorgason, le coordonnateur du programme Makespace, a ainsi commencé à produire des écrans faciaux pour les travailleurs et travailleuses qui interagissent avec des personnes potentiellement contagieuses. Rappelons que le 22 mars 2020, le Dr Brendan Hanley confirmait les deux premiers cas de COVID-19 au territoire.

L’année des enjeux sociaux

Pour plusieurs, l’an 2020 fut l’occasion de réfléchir à de nombreux enjeux sociaux, notamment en raison de la vague de dénonciations de violences à caractère sexuel ou du mouvement Black Lives Matter. Au début du mois de juin, une centaine de manifestants ont d’ailleurs défilé dans les rues de Whitehorse et de Dawson pour décrier le racisme envers les communautés noires et autochtones au territoire et dans le reste du pays.

En août, la Commission des droits de la personne du Yukon annonçait un projet quinquennal pour mettre fin au harcèlement sexuel dans les milieux de travail du Yukon. L’initiative Vers un Yukon sans harcèlement sexuel au travail souhaite créer un environnement dans lequel les employeur.es, le personnel et le grand public peuvent identifier le harcèlement sexuel et connaître davantage leurs droits et les outils à leur disposition afin d’y faire face.

Le 9 novembre 2020, le Yukon a adopté la Loi sur la protection de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Le Yukon est ainsi devenu le premier territoire à interdire la thérapie de conversion. Il est aussi le premier à avoir dévoilé une stratégie en réponse à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. La stratégie de lutte contre la violence faite aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles+ autochtones comporte 31 actions prioritaires à mettre en œuvre d’ici 10 à 15 ans.

La culture comme ralliement

Le domaine de la culture a été particulièrement ébranlé par la COVID-19, mais l’initiative de plusieurs organismes a tout de même permis à l’art de rayonner à travers la ville. C’est le cas d’Arts in the Park qui s’est associée à la radio communautaire CJUC pour que des spectacles d’artistes locaux soient diffusés quotidiennement sur ses ondes pendant tout le mois de juillet. Ainsi, une vingtaine de performances ont été présentées, une expérience unique, selon la productrice par intérim d’Arts in the Park, Brigitte Desjardins.

L’initiative de Marie-Hélène Comeau, la Caravane des dix mots, a aussi mis de la couleur dans le journal en plus de lancer aux lecteurs et lectrices une panoplie de défis associés à des mots de 2019 -2020. Le projet a été quelque peu différent cette année : Marie-Hélène Comeau a plutôt opté pour de courtes capsules présentant des défis artistiques faciles à réaliser avec des matériaux que l’on trouve chez soi, afin de s’adapter au contexte de 2020.

Changements scolaires

L’année 2020 a amené son lot de changements dans le domaine de l’éducation au territoire. D’abord, le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile-Mercier a ouvert ses portes le 13 novembre dernier sur la réserve éducative de Riverdale, accueillant 85 élèves de la 7e à la 12e année. Les travaux, ont été réalisés par la firme locale Ketza Construction.

Cette nouvelle école représente l’aboutissement d’une longue lutte judiciaire. Débutée en 2009, il a fallu attendre en avril 2020 avant qu’une entente de règlement entre la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) et le gouvernement territorial se concrétise. Cette entente touche entre autres l’éducation en français, la programmation scolaire, la gestion du personnel et des bâtiments, ainsi que les rôles de la CSFY.

La construction d’une école secondaire francophone sur le campus de Riverdale à Whitehorse s’inscrivait au cœur des discussions. Cet accord permet aux trois écoles du campus de Riverdale d’optimiser l’utilisation des installations, notamment des espaces extérieurs et de l’aile de formation technique.

Le 19 mai 2020, le Collège de Yukon changeait de nom et devenait l’Université du Yukon, la première université des territoires du Canada. La transition s’était amorcée dès 2012 sur le socle de la réconciliation et de l’expérience nordique. L’université souhaite étendre la recherche sur l’Arctique et les changements climatiques et élargir les possibilités d’études postsecondaires pour les étudiant.es du Yukon.

2020 en sport : annulation et résilience

Évidemment, l’annulation des Jeux d’hiver de l’Arctique devant avoir lieu du 15 au 21 mars à Whitehorse en a déçu plusieurs. La compétition sportive internationale durant laquelle près de 2 000 jeunes issus de régions nordiques s’affrontent dans 21 sports différents n’a pas pu se dérouler en raison de la pandémie. Cela n’a toutefois pas empêché les équipes masculine et féminine de la discipline des sports arctiques du Yukon de s’adonner à une compétition amicale avec l’Alaska, une façon pour eux de contrer l’isolement et de pratiquer leur sport favori.

En septembre, le couperet est tombé sur la Yukon Quest. La mythique course de traîneau à chiens, annoncée pour février 2021, ne sera de retour qu’en 2022. Les Jeux de la francophonie canadienne ont aussi subi le même sort : le comité organisationnel a pris la décision en octobre de les repousser à l’été 2022.

L’incertitude régnant sur la reprise du sport universitaire n’a pas empêché le talent des jeunes Yukonais de se faire valoir à travers le pays. Dix jeunes, dont deux athlètes franco-yukonnais, se sont taillé une place dans une institution postsecondaire. Le fondeur Sasha Masson s’est joint à l’équipe du Rouge et Or de l’Université Laval à Québec et Roméo Champagne a intégré l’équipe de biathlon de l’Alpine Insurance Alberta World Cup Academy, qui est reliée à l’Université de Calgary. La persévérance de plusieurs aura donc réussi à faire de 2020 une année remplie d’accomplissements, de réflexions et de résilience.

Commentaires (1)

  1. Hanna Adams dit :

    Merci pour le bilan de l’année passée 2020. Mon frère prévoit une expédition en traîneau à chiens. Il est bon de savoir que la mythique course de chiens de traîneau n’aura pas lieu avant 2022.

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