le Lundi 6 février 2023
le Vendredi 5 Décembre 2014 8:15 Sports - Loisirs

Pour l’amour de la boxe

Jess Staffen assure que l’entraînement de boxe est un des plus complets qui soit puisqu’il développe toutes les parties du corps, des orteils jusqu’à la tête. Photo : Pierre-Luc Lafrance.
Jess Staffen assure que l’entraînement de boxe est un des plus complets qui soit puisqu’il développe toutes les parties du corps, des orteils jusqu’à la tête. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Pierre-Luc Lafrance

Les lundis et mercredis soir, Jess Staffen reçoit une quinzaine de personnes au deuxième étage du centre de conditionnement physique Peek Fitness Yukon à Riverdale. Pendant deux heures, il va les mettre à rude épreuve dans le cadre d’un entraînement de boxe. L’Aurore boréale l’a rencontré pour en apprendre davantage sur Yukon Boxing.

Jess Staffen assure que l’entraînement de boxe est un des plus complets qui soit puisqu’il développe toutes les parties du corps, des orteils jusqu’à la tête. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Jess Staffen assure que l’entraînement de boxe est un des plus complets qui soit puisqu’il développe toutes les parties du corps, des orteils jusqu’à la tête. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Une séance commence par un réchauffement avec de la corde à sauter pendant une quinzaine de minutes. Ensuite, il y a des ateliers pour développer les habiletés essentielles à la boxe : jeu de pied, donner ou bloquer des coups, etc. Chacun des exercices est court et intense et ils sont entrecoupés de courts moments de repos. M. Staffen dit en riant que tant que les gens sourient, il continue à les pousser. Le but est de maintenir le niveau d’énergie le plus haut possible. Ensuite, il y a des exercices en duo. « C’est un sport individuel, mais qui demande de travailler avec un autre. » La dernière demi-heure est consacrée aux combats supervisés. « Les gens ne sont pas obligés de le faire. On tient aussi compte de leur état physique et de leurs problèmes de santé. On ne veut surtout pas que quelqu’un se blesse. »

« La plupart des gens qui viennent ne souhaitent pas boxer en tant que tel. Ils sont là parce que c’est un excellent entraînement. Je m’assure de structurer les cours pour que tout le monde puisse en profiter : autant les athlètes qui veulent se préparer pour des tournois que ceux qui veulent seulement être en forme. »

Chez Yukon Boxing, on trouve des athlètes à partir de l’âge de dix ans. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, le sport attire de plus en plus de femmes. « Certains soirs, presque la moitié des participantes sont des femmes. » Pour M. Staffen, cet engouement s’explique en grande partie par le fait que c’est un des rares entraînements qui touchent toutes les parties du corps. « Des orteils à la tête, toutes les parties du corps sont sollicitées. Les gens pensent que la boxe se limite aux bras et aux jambes, mais c’est beaucoup plus diversifié que ça. »

Ted Staffen, le père de Jess, fait aussi partie de l’aventure de Yukon Boxing. Il assume le rôle de président de l’association et d’entraîneur adjoint. Il rappelle que la boxe est le plus ancien sport organisé au Yukon. « Pendant la Ruée vers l’or, il y avait de la boxe qui se pratiquait à Dawson. » Yukon Boxing a été fondé en 1950, mais il y a eu plusieurs autres associations dans ce sport au Yukon.

En amour avec la boxe

Jess Staffen a lui-même pratiqué la boxe pendant des années. « J’ai commencé vers l’âge de 9 ans. J’avais déjà essayé le soccer, le karaté. » Quand il découvre la boxe, c’est un coup de cœur immédiat. Et son père Ted s’implique au même moment dans ce domaine. Jess a connu une brillante carrière d’amateur qui lui a permis de participer aux Jeux du Canada. Il a rangé les gants il y a six ans, à l’âge de 29 ans.

Il a eu la vocation d’entraîneur rapidement. « J’ai eu la chance d’avoir de grands entraîneurs. De mon côté, j’ai commencé par aider les plus jeunes. J’ai ensuite suivi des cours. J’étais encore au secondaire quand j’ai commencé à entraîner. » Il est actuellement entraîneur de niveau trois, ce qui lui permet de former des boxeurs qui iront combattre sur la scène nationale.

Dans les communautés

Yukon Boxing offre souvent des ateliers dans les communautés. « Ce sport m’a donné beaucoup, alors j’essaie de remettre à la population. » En effet, Jess et son père agissent à titre de bénévoles quand ils vont à Teslin, Ross River, Carmacks ou Faro. Il croit qu’à sa façon, il peut aider les jeunes de ces milieux. « La boxe m’a aidé à me tenir loin des problèmes. Cela permet de développer sa concentration et sa discipline tout en ayant du plaisir. » Il met toutefois en garde : s’il veut que ces athlètes apprennent à se défendre, il refuse de leur apprendre à se battre en dehors du ring.

D’ailleurs pour M. Staffen, la boxe n’est pas une histoire d’argent. Il souhaite seulement faire assez d’argent pour payer la location du local et il investit le surplus dans l’équipement et l’organisation de tournois. « On veut que ce soit le plus accessible possible, alors on garde nos prix bas. »

Pour découvrir la boxe

Les gens qui aimeraient essayer la boxe peuvent contacter Jess en appelant au 335-3831 ou encore se présenter au deuxième étage du Peek Fitness Yukon le lundi ou le mercredi à 19 h. Pour la première rencontre, il y a un entraînement personnalisé pour développer les habiletés de base. Cette partie se déroule habituellement sous la supervision de Ted.

Des tournois

M. Staffen espère amener quelques boxeurs avec lui lors d’un tournoi de boxe qui aura lieu à Edmonton en avril. « C’est une belle occasion de tester son niveau d’habileté, mais aussi de se dépasser. Être frappé est quelque chose de très fort sur le plan émotionnel. Il faut être capable de se contrôler. Quelqu’un qui devient fâché va perdre. »

Lors du dernier tournoi qui a eu lieu en banlieue d’Edmonton, un boxeur du club a été reconnu comme le meilleur boxeur de la compétition toutes catégories en plus de gagner l’or. Il s’agit de Roan Evans.