le Dimanche 4 Décembre 2022
le Lundi 24 novembre 2014 10:37 Société

Une redéfinition de ‘francophone’ avant 2017?

La cause de la sénatrice Maria Chaput a reçu un appui international. (Photo La Liberté)
La cause de la sénatrice Maria Chaput a reçu un appui international. (Photo La Liberté)

Jean-Pierre Dubé (Francopresse)

Un amendement proposé à la Loi sur les langues officielles permettrait de relancer les services fédéraux en milieu minoritaire. Mais si le projet n’aboutit pas d’ici deux ans, on perdra une décennie. Dans sa course contre la montre, Maria Chaput a reçu un appui inattendu.

La cause de la sénatrice Maria Chaput a reçu un appui international. (Photo La Liberté)

La cause de la sénatrice Maria Chaput a reçu un appui international. (Photo La Liberté)

Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a débuté ses audiences sur le projet de loi en octobre. Le 17 novembre, le Comité a reçu le sous-ministre adjoint intérimaire du Secteur de la gouvernance, de la planification et des politiques au Conseil du Trésor, Marc Tremblay.

« Ce que je retiens de son témoignage, explique la sénatrice Chaput, c’est qu’il y a urgence d’agir si nous voulons apporter une modification qui aurait un impact sur le prochain recensement. L’exercice de révision de 2011 n’est pas encore terminé qu’on prépare déjà le prochain. Si nous n’arrivons pas à apporter des changements à temps, il faudra attendre jusqu’en 2025. Ce serait insensé.

« Il faudrait que la loi soit amendée en 2016 au plus tard, explique la marraine de S-205. Parce qu’après, le Conseil du Trésor commencera à préparer le système informatique en vue du recensement de 2021. Si on réussit, les renseignements sur la langue seront comptabilisés d’après la nouvelle méthode. »

L’offre des services fédéraux et l’appui aux communautés en milieu minoritaire sont fondés sur une définition des ayants droit en matière de langues officielles. « Pour le moment, souligne la sénatrice, on exclue des immigrants, des exogames et des francophiles, beaucoup de monde qui veulent vivre en français. »

S-205 est la troisième tentative de Maria Chaput depuis 2010. Les audiences du Comité continueront jusqu’à la fin mars. Si l’amendement n’est pas adopté par le Sénat, la sénatrice passera à la prochaine étape. « Après les élections de 2015, un projet semblable serait déposé aux Communes. On a l’appui inconditionnel d’un nombre de députés. »

La Manitobaine n’est pas la seule à vouloir redéfinir la francophonie. L’Organisation internationale de la francophonie a publié le 5 novembre une mise à jour des données de populations établie à partir d’une nouvelle approche.

Selon l’étude La langue française dans le monde 2014, la francophonie mondiale a enregistré une augmentation de 50 millions de locuteurs depuis 2010. La hausse est due en partie à l’inclusion de parlants français comme deuxième ou troisième langue. Le nombre s’élève maintenant à 274 millions.

La nouvelle a suscité les commentaires du chroniqueur Jean-Benoît Nadeau du Devoir. « Fini le distinguo condescendant entre ‘francophones réels’ et ‘francophones partiels’ . Un francophone, c’est quelqu’un qui parle français, point barre. La francophonie n’est pas une ethnie et n’exclut personne. »

Maria Chaput espère que cette nouvelle information lui permettra de faire des progrès auprès de ses collègues conservateurs au Sénat. « Le climat n’est pas négatif, souligne-t-elle, il y a une compréhension des enjeux. Il reste à voir comment on peut travailler ensemble pour renforcer la langue française au Canada. »