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le Jeudi 20 novembre 2014 11:46 Art et culture

Regard sur l’importance du réseautage pour les artistes yukonnais

Marie-Hélène Comeau

Tisser des liens par l’utilisation des technologies de communication et les réseaux sociaux est l’un des thèmes qui seront abordés lors du Sommet des arts au Yukon. Un incontournable pour les artistes en région éloignée.

France Trépanier. Photo : fournie.

France Trépanier. Photo : fournie.

De tout temps, développer et entretenir un réseau diversifié et efficace constitue un élément essentiel au succès du réseautage des organismes artistiques. Cela est d’autant plus vrai pour les organismes des régions nordiques où les distances et les déplacements représentent des enjeux importants.

« J’entends ancrer ma présentation dans la réalité des acteurs culturels d’ici, en fonction de leurs objectifs particuliers. Ensemble, nous examinerons le fonctionnement de différents types de réseaux, les facteurs de succès et les méthodes pour les garder actifs et à jour. J’illustrerai mon propos d’exemples concrets et pertinents à la réalité du Yukon. D’ailleurs, le Sommet est conçu de manière à favoriser la mise en action et la participation engagée de toutes les personnes présentes », explique France Trépanier, artiste, commissaire d’exposition et chercheuse de descendance Kanien’kehaka (Mohawk) et québécoise qui animera l’atelier qui abordera le thème du réseautage au Sommet des arts du Yukon. La feuille de route de l’artiste invitée est impressionnante. Elle a travaillé au fil des ans au sein de différents organismes, dont le Conseil des arts du Canada, ainsi qu’au premier Secrétaire aux Affaires culturelles à l’Ambassade du Canada à Paris. Elle fut également directrice du Centre des nouveaux médias au Centre culturel canadien à Paris et cofondatrice et directrice du centre d’artistes Axe Néo-7 en Outaouais.

Cet automne, Mme Trépanier en sera à son troisième passage cette année au territoire. « Ma première visite au Yukon remonte à février 2014. À cette époque, j’ai été invitée par le Centre des arts du Yukon pour offrir une formation de deux jours intitulée How Does Art Work? Developing and Managing Your Art Career », explique-t-elle. Cette formation était destinée aux artistes émergents et aux artistes professionnels de toutes disciplines qui voulaient mieux maîtriser les différents aspects d’une carrière artistique, à savoir le système des arts au Yukon et au Canada, la planification, la gestion, la promotion et le marketing, le financement, etc. « À l’époque, j’ai accepté l’invitation avec beaucoup d’humilité, parce que je ne suis pas native du Yukon et je possède une expérience limitée de la vie dans le Nord », ajoute-t-elle.

L’été suivant, l’artiste était de retour au Yukon dans le cadre cette fois-ci du Festival Adäka à titre de facilitatrice d’un forum de deux jours qui réunissait des maîtres-sculpteurs autochtones, des commissaires et des propriétaires de galeries d’art. « Ensemble, nous avons exploré le rôle des artistes et de leur art au sein des communautés autochtones, les savoirs traditionnels comme source d’inspiration et de transmission, les approches contemporaines qui repoussent les frontières artistiques, de même que le marché de l’art ici et à l’international. Ce fut à la fois un honneur et un défi d’encadrer ces échanges. Les sujets abordés étaient complexes et les intérêts des uns et des autres très diversifiés », confie-t-elle.

Mme Trépanier est à ce point emballée par son expérience yukonnaise et la communauté artistique dynamique qu’elle a découverte au territoire qu’il est prévu de tenir le prochain colloque national du Collectif des Commissaires autochtones, dont elle est la présidente, à Whitehorse en 2016. Déjà, un comité de travail est à l’œuvre pour cette initiative.

Rappelons que le Sommet des arts du Yukon aura lieu à Whitehorse du 20 au 23 novembre.