le Mercredi 8 février 2023
le Mercredi 19 novembre 2014 12:08 Art et culture

Broken Sex Doll, du théâtre politiquement très incorrect

Greg Armstrong-Morris et Neezar dans Broken Sex Doll. Photo : Scott Munn.
Greg Armstrong-Morris et Neezar dans Broken Sex Doll. Photo : Scott Munn.

Olivier de Colombel

C’est une comédie musicale de science-fiction outrageusement drôle et scandaleusement hilarante. Prenez votre respiration, paraît-il qu’on y rit tellement qu’il est difficile de reprendre son souffle.

Greg Armstrong-Morris et Neezar dans Broken Sex Doll. Photo : Scott Munn.

Greg Armstrong-Morris et Neezar dans Broken Sex Doll. Photo : Scott Munn.

C’est à propos d’une société haute technologie obsédée par le sexe – ça vous dit quelque chose? – qui a perdu son âme jusqu’au moment où entre en scène une héroïne inattendue.

Techniquement innovant et musicalement génial, ce spectacle d’Andy Thompson réunit dix chanteurs incroyablement talentueux qui font résonner la musique d’Anton Lipovetsky, jeune compositeur ultra-créatif. Inspiré d’une ballade de Michael Jackson, le thème musical du spectacle, Gimme What You Got, va faire trembler les murs du Centre des arts du 26 au 29 novembre prochains.

Broken Sex Doll nous embarque dans une exploration sauvage des technologies de pointe, de la dégradation morale, de la débauche, mais aussi, de l’amour. C’est un grand écart spectaculaire, au sens propre et figuré, que la compagnie Virtual Stage de Vancouver réalise sur scène.

Andy Thompson est l’auteur, le metteur en scène et le producteur de ce tour de force. Il est un homme créatif, passionné, avec un grand sens de l’espièglerie, un goût prononcé pour le second degré et un humour décapant.

Nous sommes en 2136, les fulgurants progrès technologiques ont seulement été compensés par une baisse spectaculaire et vertigineuse de l’éthique et de la morale.
Darry, notre protagoniste, se réveille dans un hôpital après avoir effectué des améliorations sur les implants de son système. Il a encore quelques problèmes, par exemple, il ne peut plus jurer, mais l’infirmière est vraiment sympa, ils conviennent d‘un rendez-vous et vont dîner ensemble. Il s’avère qu’elle est une Ginger 5000 — une infirmière androïde qui a été convertie en sex fembot (une femme robot) avec un vagin fantastique.

Dans cette société future, les gens sont dépravés et désespérés, leur seul but est la satisfaction sexuelle. Ils vivent en téléchargeant des « feelies » (terme inventé par Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes en 1931). Ce sont des expériences sensorielles enregistrées par d’autres personnes. L’idée géniale est reprise dans le film Brainstorm (1983). L’acteur Christopher Walken y incarne un brillant scientifique qui, avec son équipe, réussit à mettre au point une sorte de magnétoscope qui permet d’enregistrer et de partager toutes les émotions et les sensations, comme un Facebook et un YouTube sensoriel combinés. Andy Thompson confit : « Brainstorm fut une grande inspiration pour moi dans la création de Broken Sex Doll. »

Mais comment une telle idée lui est-elle venue? Lors d’un concours de création en 2011, la consigne était : écrire une pièce de théâtre en 125 heures (cinq jours) sur le thème Vancouver dans 125 ans. Le projet était né!

Mel Brooks disait : « Une tragédie, c’est quand je me coupe le doigt. Une comédie, c’est quand tu tombes dans une bouche d’égout et meurs ». « Les gens aiment rire du malheur des autres et je m’assure que mes acteurs souffrent autant que possible », dit Andy avec bienveillance en riant aux éclats. Le spectacle s’annonce hors norme!

Du 26 au 29 novembre au Centre des arts du Yukon
Adultes : 30 $ et 33 $, aînés : 25 $ et 28 $, étudiants : 15 $ et 17 $.